Mascaret
Le mascaret est un phénomène qui se produit dans l'embouchure et le cours inférieur de certains fleuves lorsque leur courant est contrarié par le flux de la marée montante.
Il se produit alors une vague, plus ou moins haute, qui remonte le cours du fleuve et dont la puissance varie en fonction de la hauteur de la marée, du débit du fleuve à ce moment et de la topographie (profondeur et largeur du lit, bancs de sables, méandres, déclivité etc.) L'aménagement du fleuve peut le faire s'atténuer ou disparaître, comme c'est le cas pour la basse Seine, où se produisait un puissant mascaret jusqu'aux années 1960 (le mascaret à Caudebec-en-Caux était réputé).
Le mascaret peut être un phénomène dangereux pour la navigation et particulièrement pour les péniches et les bacs qui ne sont pas conçus pour affronter les vagues, ainsi que pour les personnes qui se tiennent sur les berges, parfois pour le contempler les jours de grandes marées. Les mascarets les plus spectaculaires s'observent aux embouchures de la Severn, en Angleterre, et de l'Amazone, au Brésil.
Un petit mascaret sur la Garonne et la Dordogne permet cependant à des surfeurs de se livrer à des concours de distance parcourue sur la vague.
Physiquement, le mascaret correspond à une propagation sans déformation le long du cours d'un fleuve ou d'un canal. Alors qu'il devrait physiquement y avoir déformation (comme il y a déformation de la surface de l'eau lorsque l'on jette une pierre dedans), celle-ci est localement compensée par les ondes rétrogrades créées par réflexion sur la rive.
Un phénomène équivalent existe en optique : le soliton
On dit que c'est un mascaret qui a emporté Léopoldine, la fille de Victor Hugo, pour laquelle, inconsolable, il écrivit le poème « Demain, dès l'aube... » (Les Contemplations).
