Masturbation
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La masturbation est une pratique sexuelle consistant à stimuler les parties génitales (le plus souvent avec les mains) dans le but d'obtenir ou de donner du plaisir. Elle est parfois pratiquée en utilisant des godemichets et/ou autres jouets sexuels.
L'étymologie en est contestée : manus turbare (troubler de la main) ou manus stuprare (exciter de la main) ? Les spécialistes ne sont pas d'accord entre eux.
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Risques
La masturbation de soi-même (en présence ou hors présence d'un(e) partenaire) est une pratique sexuelle sans risque de transmission de MST. La masturbation du ou de la partenaire est de faible risque, pourvu que :
- les mains n'aient pas de plaies ouvertes ;
- les fluides sexuels n'entrent pas en contact avec les muqueuses (anus, vagin ou bouche) du ou de la partenaire ;
- les jouets insertifs soient lavés avant d'être partagés, ou encore protégés par un préservatif qui soit changé avant le partage.
D'après des chercheurs du Conseil du cancer de l'État de Victoria en Australie, la masturbation masculine permettrait de diminuer les risques de cancer de la prostate (source: Yahoo, 19/07/03).
Aux États-Unis dans les années 1960, un sondage (le « rapport Kinsey ») a montré qu'à 15 ans, la proportion d'hommes s'étant masturbés était de 82,2% et de femmes 24,9%. À 18 ans, ce chiffre atteignait 95,4% pour les hommes et 46,3% pour les femmes. Cela dit, il est probable qu'aujourd'hui le nombre serait plus important.
En fait, le principal risque de la pratique intensive de la masturbation est d'ordre psychologique: si un individu (homme ou femme) éprouve un maximum de plaisir en solitaire, il aura du mal à aimer l'autre.
Condamnation et répression
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En Europe, la masturbation fut longtemps considérée comme une perversion. Le terme onanisme a été crée par John Marten, un chirurgien, en 1710, d'après le mythe d'Onan qui ne se refère pas spécifiquement aux pratiques de plaisir solitaire. De ce fait, elle était - et reste - condamnée par l'Église catholique, pour des raisons morales. Quant aux médecins et philosophes, ils la condamnaient à partir du siècle des lumières (à part certains cyniques qui se masturbaient en public), la comparant au narcissisme ou prétextant que des éjaculations trop fréquentes « asséchaient » le corps et lui faisaient perdre son énergie, ce qui aurait eu pour effet de rendre le sujet amorphe. On sait cependant aujourd'hui qu'il n'en est rien.
On constatera avec amusement que si, en France et au Québec certains disaient que la masturbation rendait sourd, aux États-Unis, on disait qu'elle rendait aveugle.
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Aux États-Unis, au 19e siècle, on a promu l'idée que la masturbation était dangereuse, mais que la circoncision permettait de la limiter. Il est certain évidemment qu'elle la rend moins agréable ou alors plus difficile (voir à titre d'exemple Portnoy et son complexe de Philip Roth). C'était la raison initiale du développement massif de la circoncision des enfants aux États-Unis. En ce qui concerne les petites filles, on a parfois pratiqué l'excision du clitoris ou du moins de son capuchon.
Le français populaire garde une trace de la réputation d'apathie générale attachée aux masturbateurs : le terme de glandeur a en effet le sens de fainéant. Qu'il y ait corrélation n'est pas douteux, mais il est en revanche moins évident de savoir laquelle de ces deux attitudes a pour conséquence l'autre. Le débat reste ouvert.
Diogène pour sa part se masturbait en public, et lorsqu'on lui en faisait la remarque, se contentait de répondre qu'il eût souhaité que la soif et la faim puissent se satisfaire elles aussi de manière aussi simple.
Woody Allen, quant à lui, explique que s'il fait bien l'amour, c'est parce qu'il s'est longtemps entraîné tout seul.
Anecdote
Enfant, Emmanuelle Arsan a longtemps cru que les hommes ne pouvaient pas se masturber, au motif qu'ils n'avaient pas de cavité pour le faire. Elle l'affirme en tout cas dans ses Mémoires.
Expression dérivée
On qualifie parfois de masturbation intellectuelle une activité de l'esprit qu'on ne considère pas comme féconde (le choix de ce terme découle donc de raisons évidentes) soit en réalisations, soit en idées nouvelles. Le terme possède actuellement (2004) une connotation péjorative qui doit sans doute plus à quelque mépris de l'activité intellectuelle non « rentable » (et qui tourne en quelque sorte à vide) qu'aux anciens interdits sexuels.
Annexes
Article connexe
Liens externes
- Un site consacré à la masturbation féminine
- Masturbation masculine
- Comment se masturber, comment faire une masturbation, un dossier du site Aufeminin.com
- Une bande dessinée du 19ème siècle sur la masturbation
