Maurice Schumann
Maurice Schumann (1911-1998) fut président de parti, député, ministre, sénateur et académicien.
Souvent confondu avec Robert (un n), le père de l'Europe, Maurice Schumann est quand même l'homme qui a lu à la BBC le fameux appel du 18 juin. Homme politique et journaliste français, il est né le 10 avril 1911 à Paris et est décédé le 9 février 1998 dans sa ville natale. Compagnon de la Libération, croix de guerre et chevalier de la Légion d’honneur.
Il étudie aux lycées Janson de Sailly et Henri IV puis à la faculté de lettres. Entré dans le journalisme, ses articles sont publiés dans Grand Reportage, Sept, Temps présent, La Vie intellectuelle, l’Aube, Réalités et Entreprise.
Engagé volontaire en 1939, il rejoint le général de Gaulle en juillet 1940 et devient le porte-parole de la France libre. On entend sa voix familière sur les ondes de la BBC. Il prend part à la bataille de France, d’abord avec l’armée britannique, puis avec la 2e D.B. Il préside le Mouvement républicain populaire de 1945 à 1949. De Gaulle dit de l'un: il fut l'un des premiers, l'un des meilleurs, l'un des plus efficaces.
Député MRP, puis UDR, du Nord de 1945 à 1973, il était proche d'hommes de conviction comme Gilbert Declercq. Il a été de 1957 à 1967, président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
Battu aux élections de 1973, il est sénateur UDR du Nord en septembre 1974, vice-président du Sénat de 1977 à 1983, réélu sénateur en 1983 et en 1992, président de la Commission des Affaires culturelles du Sénat de 1986 à 1995. Il siège jusqu'à sa mort dans la Haute Assemblée.
Il a occupé plusieurs fonctions ministérielles : secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères dans les cabinets Pleven, Faure, Pinay, Mayer et Laniel de 1951 à 1954. Avec la Ve République, il devient ministre de l’Aménagement du territoire de Georges Pompidou (1962). Il quitte le gouvernement après la conférence de presse du général de Gaulle sur l’Europe avec les autres ministres MRP. Il est ministre d’Etat chargé de la Recherche scientifique de Georges Pompidou (1967-1968), ministre d’Etat chargé des Affaires sociales de Maurice Couve de Murville (1968-1969) où il était fier d'avoir été le seul ministre en charge de la famille de son époque à ne pas avoir fait baisser les allocations familiales. Le poste de ministre des Affaires étrangères est le dernier de sa carrière gouvernementale. Il est chef de la diplomatie française de 1969 à 1973 dans les gouvernements de Jacques Chaban-Delmas et de Pierre Messmer. Chaban-Delams lui annonce en ces termes sa nomination: « il nous faut à la fois assurer la continuité du gaullisme et donner un nouveau départ à l'Europe, tu es notre homme ». Pendant son passage au Quai d'Orsay, le Royaume-Uni entre dans la Communauté économique européenne (Europe des Neuf). Il se rend en Chine et Mao lui dit: « vous direz aux Maoïstes français qu'ils veuillent bien me lire avant de m'invoquer! ». Aux côtés de Pompidou, il assiste au lancement d'une fusée à Baïkonour. Il renoue aussi avec l'Algérie lors d'une visite à Boumedienne. Auprès de Nixon, il plaide pour une Europe européenne.
Le « plus européen des gaullistes et le plus gaulliste des Européens », Maurice Schumann s'oppose pourtant au Traité de Maastricht en 1992.
Élu à l’ Académie française le 7 mars 1974, il échoua dans la conquète de la mairie de Lille en 1978 contre Pierre Mauroy ; passionné de bridge, Omar Sharif raconte dans son livre le tournoi qu'ils avaient joué ensemble.
On lui doit de nombreux ouvrages:
- Honneur et patrie (1945)
- Le vrai malaise des intellectuels (1957)
- Le rendez-vous avec quelqu'un (1962)
- Armées d'aujourd'hui
- Les flots roulant au loin (1973)
- La mort née de leur propre vie (1974)
- Angoisse et certitude (1978)
- Un certain 18 juin (1980)
- Une grande imprudence (1986)
- La victoire et la nuit (1989)
