Médecine générale
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La médecine générale est la branche de la médecine prenant en charge le suivi durable et les soins médicaux généraux d'une communauté, sans se limiter à des groupes de maladies relevant d'un organe, d'un âge, ou d'un sexe particulier. Le médecin généraliste (on dit aussi médecin omnipraticien) est donc le spécialiste de la santé assurant le suivi, la prévention, les soins et le traitement des malades de sa collectivité, dans une vision à long terme de la santé et du bien-être de ceux qui le consultent.
| Sommaire |
Rôles du médecin généraliste
La médecine générale s'occupe essentiellement de la prévention (hygiène, vaccination), du diagnostic de première intention, de l'orientation du patient vers un spécialiste (s’il y a lieu), et des soins aigus de certaines affections ne justifiant par le recours à un spécialiste comme les maladies infectieuses infantiles, maladies de la peau (acné, verrues, eczéma, gale,....), migraines, demande de contraception, suivi de grosesse, traumatismes bénins (entorse, plaies suturables, brûlures peu étendues), mais aussi et surtout du suivi régulier et de la surveillance de maladies longues ou chroniques (en dehors des consultations du spécialiste lors d'épisodes aigus, de décompensations...) : diabète, angine de poitrine, cancers traités, insuffisance rénale, épilepsie...
Dans le cas d'affections graves recouvrant plusieurs spécialités (comme certains cancers), le médecin généraliste peut servir de lien entre le patient et les différentes équipes médicales, de coordinateur, permettant de gérer des contre-indications entre les traitements ; on peut parler alors (en France) de médecin référent, dans le cas où le patient demande à son médecin généraliste de devenir le pivot de son parcours dans le système de santé. À partir du premier juillet 2005, on l'appellera médecin traitant.
Le médecin libéral étant proche de la population, il a un rôle privilégié d'écoute, de conseil et de prévention. Il est au cœur des systèmes de surveillance et d'alerte sanitaire (maladies à déclaration anonyme obligatoire, détection et suivi des épidémies, réseau Sentinelle).
Modes d'exercice
Le médecin généraliste peut exercer au sein de l'hôpital (consultation de médecine générale) ou en libéral (médecin traitant, médecin de ville, médecin de campagne, médecin de famille). En France, la plupart des médecins généralistes libéraux exercent aussi une ou plusieurs journées par semaine dans une structure autre que leur cabinet : hôpital, centre de planning familial, centre de protection maternelle et infantile...
La première étape d'une consultation est le diagnostic, qui va permettre de déterminer la nature de l'affection et d'orienter le traitement :
- anamnèse : c'est l'étape la plus cruciale de la consultation. Le médecin y écoute son patient, d'abord librement, puis en l'orientant par des questions. L'anamnèse permet de connaître les antécédents du patient, les symptômes ressentis, l'ancienneté de la maladie et son évolution, les traitements déjà suivis, les attentes du patient...
- examen physique : à l'issue de l'anamnèse, le médecin a souvent une idée assez précise de la maladie ; l'examen sert à rechercher des signes physiques, et ainsi apporter des preuves pour appuyer un diagnostic,
- Prise des constantes vitales : température, pression artérielle, pouls ;
- auscultation : écoute des bruits du cœur et des poumons avec un stéthoscope) ;
- test des réflexes : évaluation neurologique ;
- examen des tympans, de la gorge chez les enfants ;
- examen gastro-entérologique, gynécologique, rhumatologique... s'il y a lieu.
Le cas échéant, il peut pratiquer un certain nombres d'examen complémentaires au cabinet même (par exemple un électrocardiogramme) ou bien prescrire un examen dans un laboratoire (prélèvement de tissus, prise de sang) ou un cabinet de radiologie. À partir de ce diagnostic, le médecin fait une prescription, qui peut être médicamenteuse, l'orientation vers un spécialiste, séances de kinésithérapie... Il peut également effectuer lui-même des soins (injection, suture, pansement).
Lorsque l'accès à un centre hospitalier est malaisé, le médecin généraliste libéral prend en charge des traumatismes plus importants (par exemple les luxations dans les stations de sports d'hiver). Il peut également collaborer aux secours publics soit spontanément (obligation d'intervention s'il est témoin d'un accident ou d'un malaise, article 9 du Code de déontologie médicale), soit sur requête du samu ou en tant que médecin sapeur-pompier. Il doit participer à la permanence des soins avec un système de garde alternée les soirs et week-ends, bien que cela ait été remis en cause en France en 2002 lors d'une grève ; on s'oriente vers la création de « maisons médicales » où seront assurés les soins en dehors des heures d'ouverture des cabinets.
Le médecin a également un rôle légal : il peut délivrer des certificats permettant des activités sportives (certificat de non contre-indication à la pratique d'un sport), pouvant servir de base à une action en justice (constatation de préjudice physique ouvrant droit indemnisation), pouvant déboucher sur une hospitalisation sans consentement (hospitalisation à la demande d'un tiers, hospitalisation d'office) ; il délivre également des certificats de décès.
Secret médical
Le médecin ne doit révéler aucun élément concernant la santé d'une personne, que ce soit une personne qu'il aurait eue en consultation ou déduction qu'il aurait faite en dehors de son activité professionnelle (article 226-13 code pénal, article 4 du code de déontologie médicale) et ce, même si le malade le lui demende. Toutefois, il peut, et doit, lever ce secret médical dans certains cas notamment :
- lorsqu'il est témoin de sévices envers une personne sans défense, par exemple enfant ou personne âgée (article 226-14 code pénal, articles 43 et 44 du code de déontologie médicale) ;
- lorsqu'il y a nécessité pour porter assistance à une personne en péril (article 122-7 du code pénal) ;
- lorsque la révélation permettrait d'innocenter une personne accusée à tort (article 434-11 du code pénal) ;
- pour sa propre défense lorsqu'il est accusé (article 11 du code de procédure pénal).
Certaines pathologies sont exclues du champs du secret médical:
- les pathologies liées à un accident du travail;
- certaines maladies infectieuses sont à declaration obligatoire auprés des autorités sanitaires (variole, choléra, charbon, fiévres hémorragiques virales, le SIDA, les intoxications alimentaires collectives...);
- le décès.
Devoir d'information
Le médecin a un devoir d'information envers ses patients (article 35 du code de déontologie médicale). Il doit rechercher leur consentement avant de prodiguer les soins (art. 36 du même code).
Formation
Formation en France
La formation d'un médecin généraliste repose sur six années de tronc commun en faculté de médecine, suivies de trois années d'internat en médecine générale.
Les 6 premières années sont communes à tous les futurs médecins.
- La première année est aussi commune aux études de dentisterie et de sage-femme, et est sanctionnée par un concours. Le rang du candidat détermine son orientation en médecine, odontologie, ou études de sage-femme.
- Les deux années suivantes (propédeutique) sont consacrées aux sciences fondamentales : anatomie, physiologie humaine, biochimie, bactériologie, statistiques...
- Enfin, les 3 années suivantes, traditionnellement appelées « externat » sont consacrées à l'apprentissage de la médecine clinique (programme de 345 « questions » couvrant une vaste étendue de pathologies humaines, choisies en raison de leur fréquence et/ou de leur gravité).
L'externat se termine par les épreuves classantes nationales (qui succèdent au concours de l'internat depuis juin 2004) dont le résultat (rang d'affectation) détermine la spécialisation suivie ; la médecine générale étant devenue une spécialité médicale à part entière, à l'instar du family practice anglo-saxon.
Au terme de trois années de formation pratique de 3e cycle (l'internat, une expérience professionnelle préliminaire), une thèse d'exercice est requise pour obtenir le droit d'exercer en tant que docteur en médecine et s'installer en ville (sans doctorat, l'étudiant peut exercer en tant que remplaçant après un an et demi en 3e cycle dont un stage de 6 mois chez un médecin généraliste). La thèse de doctorat en médecine porte sur des travaux de recherche, le plus souvent à partir de séries de patients étudiées statistiquement afin de proposer un avis de prise en charge (d'un point de vue épidémiologique, diagnostique, ou thérapeutique).
Pour plus de détails consultez l'article médecin.
Voir aussi :
Liens externes
- Code de déontologie médicale
- MedSyn
- MG France, Fédération française des médecins généralistes (syndicat)
- Le Généraliste (presse médicale)
- Le Quotidien du médecin (presse médicale)
- MG form (organisme de formation médicale continue)
- Société de Formation Thérapeutique du Généraliste SFTG (Société Savante, organisme de formation médicale continue)
