Mésopotamie
La Mésopotamie (Μεσοποταμία Mesopotamia), du grec μεσο (mesos) « milieu » et ποταμός (potamos) « fleuve », est une région du Moyen-Orient située entre le Tigre et l'Euphrate et qui correspond pour sa plus grande part à l'Irak actuel. Elle comprend au nord une région de plateaux, qui est une zone de cultures pluviales, et au sud, une région de plaines où l'on pratique une agriculture qui repose exclusivement sur l'irrigation. Le sens du mot Mésopotamie à évolué au fil du temps. Au sens classique des Grecs et des Romains, la Mésopotamie désigne la partie du nord. Chez l'auteur Arrien, qui écrit une anabase d'Alexandre le Grand, on trouve pour la première fois le terme de Mésopotamie. Le terme vient d'une expression qui existe dans les langues locales, expression que l'on trouve en Akkadien sous la forme de Birit Narim, en Araméen sous la forme de Beyn Narim, expression qui désigne dans tous les cas la partie du haut Euphrate.
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Géographie
- Article détaillé : Géographie de la Mésopotamie
La notion essentielle est celle de Croissant Fertile. Il s'agit de la zone où l'irrigation n'est pas nécessaire pour l'agriculture. Ce croissant est délimité par l'isohyète 250 mm. Concrètement, cette zone se trouve entre le Zagros, le Taurus et les côtes méditerranéennes et du golfe persique. C'est dans cette zone qu'à lieu la révolution néolithique. On y inclut la région qui se situe au sud, entre les fleuves du Tigre et de l'Euphrate (en Irak actuel). Mais dans cette région, il est nécessaire de faire de l'irrigation car les précipitations n'y sont pas assez importantes. Le terme d'Assyrie, est un terme très couramment employé pour désigner le nord de la Mésopotamie. Enfin, le mot de Babylonie qui désigne le sud de la Mésopotamie, c'est-à-dire la plaine Mésopotamienne.
On emploie ces termes car à partir de la moitié du IIe millénaire avant J.-C., il y a deux entités politiques, dont l'une a pour capitale Assur, c'est l'Assyrie, et l'autre qui a pour capitale Babylone, c'est la Babylonie.
Le nord de la Mésopotamie est un vaste plateau désertique, tandis que le sud est une immense plaine alluviale très fertile où, de plus, la présence de nombreux bras de fleuve et de marécages permettaient l'irrigation. Cette situation idéale en fit un des grands foyers de civilisation.
Préhistoire
La présence de l'homme y est attestée depuis la préhistoire, à partir du paléolithique moyen. Au néolithique, vers -7000 ans avant notre ère sur le site de Jarmo, la poterie fait pour la première fois son apparition, des traces manifestes du début de la domestication progressive des animaux et des plantes apparaissent également, et l'utilisation de briques crues témoigne pour la première fois de l'existence d'une vie en village.
Proto-histoire
À partir du chalcolithique, vers -6000, on note, outre à l'usage du cuivre, l'usage de l'irrigation en agriculture, l'apparition des sceaux-cachets, des peintures murales, de la céramique peinte, incisée ou décorée, des premiers sanctuaires ainsi qu'une utilisation généralisée de la brique.
Entre -6000 et -5000, on distingue la succession de trois cultures de types différents :
- période de Hassuna (5800-5500)
Du nom du tell (colinne formée de ruines) du même nom près de Mossoul. On retrouve, dans les crânes étudiés, la même race méditerranéenne présente depuis le paléolithique supérieur dans tout le moyen-orient. La céramique retrouvée se compose de statuettes d’argile et de sceaux-cachets, les plus anciens découverts jusqu’à présent. Outils et armes d’obsidienne, quelques ornements de cuivre et de plomb forment l’ensemble qui caractérise cette période.
- période de Samarra (5600-5000)
Site archéologique sis sur les lieux mêmes de l’actuelle ville du même nom. La céramique de la période précédente se mêle ici à une autre de bien meilleure facture. Beige clair, celle-ci est beaucoup plus variée, plus harmonieuse aussi. On y a retrouvé de ces statuettes, au crâne allongé et aux yeux dits « en grain de café » surajoutés, ressemblant à celles de la période d’Obeid tandis que les yeux d’autres statuettes sont incrustés et grands ouverts, surmontés des caractéristiques sourcils noirs et épais, de bitume, rappelant la production Sumérienne, plus récente.
- période de Halaf (5500-4500)
Site situé à la frontière turco-qyrienne. Différente des deux autres cultures précédentes, celle-ci possède des traits particuliers qui l’apparentent à l’Anatolie. La présence de la double hache et du bucrane, la tête de taureau stylisée, ne laisse guère de doutes à ce propos. Cette culture ne possède pas d’antécédents en Mésopotamie durant la préhistoire, contrairement aux deux autres. Au moment de son expansion maximale, la culture de Halaf s’étendait sur toute la future Assyrie. La zone périphérique dans laquelle on retrouve sa poterie, où elle était sans doute exportée ou copiée, allait de l’Anatolie centrale à la méditerranée, de la Syrie du nord à l’ouest de l’Iran. La poterie de Halaf est de loin la plus belle qu’on ait retrouvée parmi ces trois cultures.
Enfin, vers -4500 se fait jour la culture d'Obeid (ou Ubaid)
La période d'Eridu (ou Erida) est dite période d'Obeid 1, après la période d'Obeid 2 localisée dans une autre site archéolgique situé dans la même aire géographique vient la période d'Obeid 3 au nord, et à Ur un peu plus au sud, prélude à ce qui deviendra plus tard la civilisation de Sumer.
La période d'Uruk est le dernier de ces stades de développement durant la proto-histoire, avant que n'apparaissent la civilisation de Sumer et le début des temps historiques avec l'apparition de l'écriture.
Histoire
- Article détaillé : Histoire de la Mésopotamie
Au IVe millénaire av. J.-C., de nouveaux venus, les Sumériens et les Sémites établissent une civilisation florissante qui débouchera sur l'empire d'Akkad et l'émergence de Babylone.
Vers 3500 av. J.-C. apparaît l'écriture pictographique qui évoluera pour donner l'écriture cunéiforme. C'est à la même époque que les Sumériens inventent la roue. À partir de -2700, les Sémites s'installent dans la ville de Sumer où ils s'imposent progressivement. Aux environs de -2300, Sargon d'Akkad (-2340/-2284) prend le pouvoir et est sacré roi. Il fonde la ville d'Akkad et étend le royaume jusqu'à la Méditerranée d'un côté et le golfe Persique de l'autre. Pendant son règne, il transformera le royaume en un empire, se prétendant l'égal des dieux. Son empire s'effondre vers 2200 av. J.-C.
C'est avec l'accession d'Hammourabi(-1792, -1750) au trône que Babylone connaîtra sa première heure de gloire comme capitale de la Mésopotamie. Il fait construire des temples, creuser des canaux, favorise le développement de l'industrie et du commerce. Souhaitant le bonheur de son peuple ainsi que la paix, il écrit le code d'Hammourabi qui servira de base législative pour de longues années.
En -1594, le royaume est conquis par les Hittites qui seront suivis par les Kassites.
Voir aussi
Bibliographie
- Georges Roux, La Mésopotamie, Seuil, coll. « Points histoire », 1995 (nouv. édition)
- Jean Bottéro, Mésopotamie, Gallimard, coll. « Bibliothèque des histoires », 1987.
Article connexe
Liens externes
- La Mésopotamie Religion sumérienne et babylonienne, civilisation et histoire de la Mésopotamie.
- Le calendrier mésopotamien
