Microcrédit

L'activité de microcrédit consiste en l'attribution de prêts de faible voire très faible montant à des entrepreneurs locaux qui ne peuvent bénéficier des prêts bancaires classiques. Le microcrédit s'est développé essentiellement dans les pays en développement, où il permet de concrétiser des microprojets favorisant ainsi l'emploi et la création de richesse. Pour les Nations-Unies, 2005 a été décretée l'année mondiale du microcrédit . Le microcrédit s'inscrit dans une sphère plus complète qui comprend d'autres outils financiers tels que l'épargne, la micro-assurance et d'autres produits qui forment la microfinance.

Sommaire

Origine du microcrédit

Ce concept, dont on peut trouver des origines anciennes dans les mutuelles de crédit agricole créées en Europe à la fin du XIXe siècle, a été repris puis développé par le professeur d'économie Mohammed Yunus. Après ses études aux États-Unis (université Vanderbilt), Yunus commence à donner des cours d'économie à Chittagong au Bangladesh, sa ville d'origine. Lors d'une séance de travaux pratiques d'un cours d'investissement, il propose à ses étudiants d'interroger les fabricants de tabourets en bambou des plus proches villages. Les 42 artisans ont besoin de 27 dollars au total pour développer leur activité. Or toutes les banques refusent de financer ce trop faible montant à des clients a priori insolvables. Yunus déclare avoir eu honte de cette situation et prête la somme de sa propre poche. En permettant aux producteurs d'acheter d'avance le bambou sans subir les variations importantes de prix, ils réussissent à créer des emplois et à rembourser intégralement Yunus.

Depuis 1999, la méthodologie de crédit adoptée par les institutions de microfinance prend de manière croissante la forme d'un produit individuel flexible, plus ressemblant au produit bancaire classique. La forme choisie à l'origine était basée sur la méthodologie de crédit collectif, utilisant les mécanismes de caution solidaire et la supervision des pairs pour couvrir le risque de crédit.

Les institutions

Fort de ce succès, Yunus crée, en 1976, la Grameen Bank, organisme qui propose des prêts aux plus pauvres du Bangladesh. La Grameen Bank a accordé environ 3 miliards d'euros de crédits à plus de 2,4 millions d'emprunteurs.

Le succès de la Grameen Bank a inspiré toute une série d'initiatives dans les pays en développement, mais aussi dans les nations les plus développés. En France, Jacques Attali a créé PlaNet Finances.

La Banque Mondiale a recensé 7 000 institutions de microfinance, au service de 16 millions de pauvres. En novembre 2002 a eu lieu un sommet à New York sur ce sujet qui a rassemblé 2000 délégués de plus de 100 pays.

En France le principal opérateur est l'Adie (Association pour le droit à l'initiative économique). Elle délivre 5à 6000 prêts par an à des chômeurs créateurs de leur propre emploi. L'association compte une centaine d'agences sur toute la France.

Efficacité du système

partie à développer L'activité de microcrédit permet d'induire des mutations locales souvent plus efficaces que certaines infrastructures qui bénéficient rarement aux plus pauvres. Cet effet de levier permet d'agir efficacement auprès de ceux qui veulent agir, c'est-à-dire les entrepreneurs locaux.

Critiques

partie à développer Les adversaires du microcrédit lui oppose souvent les taux élevés de certains prêts. Ils regrettent aussi que ce mécanisme détourne les actions des autres programmes comme la santé, l'éducation ou l'eau.

Ce qui est sûr, c'est que le microcrédit améliore la situation des plus pauvres, mais n'élimine pas les besoins en matière sociale et d'infrastructures collectives. Toutefois, la mesure de l'impact demeure très difficile à effectuer.

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