Monde libre
Monde libre : Ce vocable date du célèbre discours de Fulton de Winston Churchill qui décrit la division de l'Europe en deux blocs séparé par un « rideau de fer ». Winston Churchill justifie les motivations de ne pas partager les connaissances concernant la bombe atomique à l'ensemble des nations par l'intermédiaire de la naissante Organisation des Nations unies en nous laissant imaginer les dégâts qu'une telle erreur aurait entrainé au « monde démocratique libre ».
Extrait du discours
Discours de Churchill à Fulton (Missouri, États-Unis d'Amérique), 5 mars 1946.
It would nevertheless be wrong and imprudent to entrust the secret knowledge or experience of the atomic bomb, which the United States, Great Britain and Canada now share, to the world organisation, while it is still in its infancy. It would be criminal madness to cast it adrift in this still agitated and un-united world. No one in any country has slept less well in their beds because this knowledge and the method and the raw materials to apply it, are at present largely retained in American hands. I do not believe we should all have slept so soundly had the positions been reversed and if some Communist or neo-Fascist State monopolised for the time being these dread agencies. The fear of them alone might easily have been used to enforce totalitarian systems upon the free democratic world, with consequences appalling to human imagination.
Traduction :
Il serait cependant erroné et imprudent de confier le secret de la connaissance ou de l'expérience de la bombe atomique, que partagent désormais les États-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada, à une organisation mondiale encore dans l'enfance. Ce serait folie criminelle que de le divulguer dans ce monde toujours agité et désuni. Personne, dans aucun pays, n'a vu son sommeil troublé en sachant que cette connaissance ainsi que la méthode et les matières premières nécessaires pour la mettre en pratique se trouvent aujourd'hui essentiellement entre les mains de l'Amérique. Je ne pense pas que nous aurions tous dormi si profondément si la situation avait été renversée et qu'un État communiste ou néo-fasciste détenait actuellement le monopole de ces porteurs de terreur. La seule peur qu'ils inspirent aurait très bien pu suffire pour imposer des systèmes totalitaires sur le monde démocratique libre, avec des conséquences terrifiantes pour l'imagination des hommes.
Par la suite ce vocable s'est généralisé pour qualifier dans la presse tout ce qui n'était pas le bloc soviétique… hormis pour la presse communiste (d'État), bien sûr.
