Monisme
Le monisme est une notion métaphysique qui couvre, de façon plus ou moins artificielle, une idée très ancienne qui veut que le monde ne soit formé que d’une seule substance. Le monisme s’oppose donc à l’idée d’un Dieu (ou de plusieurs dieux) transcendant(s). Il suppose qu’il n’y rien d’extérieur à ce qui existe par nature.
Les milésiens sont les premiers philosophes grecs à proposer des théories monistes d’un cosmos compris comme issu d’un principe un et éternel (eau, air, etc.). Le monisme s’apparente au panthéisme dans le sens où, ce qui existe par nature ne peut pas avoir été créé, le monde est donc son propre « dieu », une idée largement développée par Spinoza.
Certaines religions ou mythologies sont qualifiées de monistes, par opposition à monothéistes et polythéistes.
Monisme et hindouisme
Il ne s’agit pas, dans une religion comme l’hindouisme, de nier la pluralité de la vie et des dieux. Le monde y est issu de l’unique Brahman, mais il est partagé entre des périodes d’expansion et des périodes de réunification. L’expansion peut être assimilée à la création, la réunification à la destruction.
Le monisme Advaita Vedanta
L’Advaita Vedanta est probablement la plus connue des écoles du Vedanta. Advaita signifie littéralement « non deux ». Son premier grand unificateur est Shankara (788-820). Suivant les traces de certains des enseignants des Upanishad, et en particulier celles de son propre professeur Gaudapâda, Shankara expose la doctrine de l’Advaita — une réalité non-duelle. En analysant les trois états de conscience — l’éveil, le rêve et le sommeil profond — il montre la nature relative du monde et établit la vérité suprême de l’Advaita : la réalité non-duelle du brahman dans laquelle atman (l’âme individuelle) et brahman (la réalité finale exprimée dans la trimurti) ne sont qu’une. Ses théories sont controversées dès le début et certains de ses contemporains l’accusent d’enseigner le bouddhisme tout en feignant d’être hindou.
Les Vedantins qui ont suivi ont discuté de la réalité du brahman pour savoir s’il était saguna - avec attributs - ou nirguna - sans attributs. La croyance dans le concept du saguna brahman a provoqué une prolifération des attitudes dévotionnelles et a aidé à répandre le culte de Vishnou et de Shiva.
Le monisme qualifié du Vishistadvaita Vedanta
Ramanuja (1040-1137) est le premier partisan du concept de saguna brahman. Il enseigne que la réalité finale a trois aspects : Ishvara (Vishnou]]), cit (âme) et acit (matière). Vishnou est la seule réalité indépendante, alors que les âmes et la matière dépendent de Dieu pour leur existence. En raison de ce concept de qualification de réalité finale, le système de Ramanuja est connu comme non-dualiste.
