Mont Saint-Michel
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Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux à l'embouchure du Couesnon sur lequel a été construit un sanctuaire en l'honneur de l'archange saint Michel. Son nom ancien est « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)
Cet îlot est également le centre naturel, à défaut d'en être le centre géographique, de la commune du Mont-Saint-Michel), rattachée au canton de Pontorson, dans le département français de la Manche.
L'architecture prodigieuse du mont Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie et un des premiers de France avec quelque 3 200 000 visiteurs chaque année. Une statue de saint Michel placée au sommet de l'église abbatiale culmine à 170 mètres au-dessus du rivage.
De nombreux immeubles du site sont, à titre individuel, classés au titre des Monuments historiques (l'église paroissiale depuis 1909, par exemple) ou inscrits sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.
Classé monument historique en 1987, le site figure depuis 1979 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Géographie
Le mont Saint-Michel est situé à 48°38'10" de latitude nord et 1°30'40" de longitude ouest, baignant dans la baie du mont Saint-Michel, donnant sur l'océan Atlantique. L'îlot fait environ 960 mètres de circonférence et est d'une superficie d'environ 280 ha et le rocher est une excroissance granitique qui s'élève à 92 mètres d'altitude.
La forêt de Scissy et l'invasion de la Mer
Au temps des Gaulois, le mont Saint-Michel de même que le rocher de Tombelaine voisin s'élevaient "au milieu de la forêt de Scissy, car à cette époque, le rivage englobait Chausey, à plus de 48 kilomètres de distance".
Cette forêt de Scissy tient probablement du mythe et aucune preuve de son existence n'a été présentée
Le niveau du sol environnant s'affaissa éventuellement, engloutissant la forêt de Scissy à partir du IIIe siècle siècle - lors de la transgression flandrienne -; selon un manuscrit du XVe siècle siècle, la marée d'équinoxe de 709 fut particulièrement violente et porta le coup de grâce à la forêt.
Les divagations des rivières
Le mont fut ensuite ballotté par les divagations des rivières abreuvant la baie du mont Saint-Michel, soit la Sélune, la Sée et surtout le Couesnon, qui, marquant la frontière entre la Normandie et la Bretagne se mit soudainement, au XVe siècle siècle de couler à l'ouest du mont, faisant ainsi passer ce dernier en Normandie.
Là encore ceci est une légende qui amuse les habitants frontaliers ; actuellement le Couesnon ne définit pas la frontière entre Normandie et Bretagne, frontière qui se situe à quelques kilomètres à l'ouest du Couesnon.
Un vieux dicton local rappelle cet événement:
- « Li Couesnon a fait folie
- Si est le Mont en Normandie »
Les marées
Les marées spectaculaires de la baie ont grandement contribué à l'inexpugnabilité du mont, le rendant accessible uniquement lors des basses-eaux (par voie terrestre) ou aux hautes-eaux (par voie maritime).
La tangue
Les alluvions fluviales continuellement brassées par le flux et reflux des marées, mélangé aux coquillages brisés donne naissance à la tangue, un riche fertilisant qui fut longtemps utilisé par les paysans des environs pour amender leur sols.
La digue
Au fil des années, la baie du mont Saint-Michel fut sujette à la poldérisation de la part de ses propriétaires riverains.
L'action la plus marquante en ce sens fut la construction en 1880 d'une digue insubmersible par les Ponts et Chaussées, malgré l'opposition de diverses autorités. Cette digue précipita l'ensablement de la baie, et il est question de la démolir, afin de stopper cet ensablement qui menace l'insularité du mont.
Histoire
Les druides
Des peuplades celtiques ont occupé la forêt de Scissy autour du mont Saint-Michel, et se livraient aux cultes druidiques sur le mont lui-même. Selon l'abbé Gilles Deric, historien breton du XVIIIe siècle, le rocher était dédié sous le nom de Mons vel Tumba Beneni, Mont ou Tombe de Belenus, le dieu gaulois du soleil.
Les Romains
L'arrivée des Romains vit la construction de voies romaines sillonnant l'Armorique, et l'une d'elle reliant Dol à Fanafmers (Saint-Pair) passait à l'ouest du Mons Belenus ; tant dut être déplacée vers l'est avec l'envahissement de la mer qu'elle finit par disparaître, se fondant avec la voie passant par Avranches.
Début de l'ère chrétienne
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Le christianisme fit son apparition en Armorique aux alentours du IVe siècle.
Un premier oratoire, dédié à Saint-Étienne (premier martyr chrétien) fut élevé à mi-hauteur du rocher, puis un second en l'honneur de Saint-Symphorien (premier martyr des Gaules) fut élevé au pied du rocher. Des ermites alors veillaient sur les lieux et étaient approvisionnés par le curé d'Astériac (Beauvoir).
Le mont Saint-Michel quitta son appellation de Mont-Tombe en 710, après la dédication de l'oratoire de Saint-Aubert (on notera que l'actuelle chapelle Saint-Aubert ne fut édifiée qu'au XVe siècle, pour prendre le nom de Mont-Saint-Michel-au-péril-de-la-Mer.
Fondation de l'abbaye bénédictine (966)
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Le règne de Charlemagne apporta à la Neustrie une ère de stabilité, qui s'acheva à la mort de l'Empereur par une période d'anarchie et de grands désordres, notamment avec les invasions des Normands, notamment Rollon qui dévasta la région en 875.
Le traité de Saint-Clair-sur-Epte (912) donna à Rollon la légitimité en l'élevant au titre de comte de Rouen, à la condition qu'il se fît chrétien. Cela fait, il se racheta en réparant le mal qu'il avait fait lors de ses pillages et dota richement les religieux qu'il avait fait fuir.
Son fils, Guillaume Longue-Épée, lui succéda en 917 et fut aussi généreux envers les monastères, jusqu'à son assassinat en 942.
Son petit-fils, Richard Ier « Sans Peur », fut indigné lors de ses fréquents pèlerinages au Mont du relâchement des chanoines qui déléguaient leur culte à des clercs salariés. Il obtînt alors du pape Jean XIII une bulle lui donnant autorité pour y mettre ordre.
Liste des abbés du Mont Saint-Michel
XIIIe siècle
En 1204, des guerriers bretons dirigés par Guy de Thouars incendièrent le Mont-Saint-Michel. Le roi Philippe II Auguste donne une bonne somme d'argent pour la reconstruction du monastère. Le cloître de la Merveille est achevé en 1228 dans le style normand : tailloirs des chapiteaux circulaires, écoinçons en pierre de Caen, motifs végétaux…
Les prisons de l'abbaye
En 1791, suite à la Révolution, les derniers bénédictins quittent l'abbaye. Elle devient alors une prison où sont incarcérés, dès 1793, plus de 300 prêtres refusant la nouvelle constitution civile du clergé.
Ce ne sont pas les premiers prisonniers de l'abbaye, celle-ci ayant par le passé incarcéré plusieurs personnes sous lettre de cachet, ou selon la justice qui lui était redevable.
Un dispositif de télégraphe optique (système de Chappe) fut installé sur le sommet du clocher en 1794, faisant ainsi du Mont Saint-Michel un maillon de la ligne télégraphique Paris_Brest.
En 1817, suite aux nombreuses modifications effectuées par l'administration pénitentiaire, l'hôtellerie édifiée par Robert de Torigni s'écroule.
Viollet-le-Duc visite le mont en 1835.
Après la détention de socialistes au Mont (Martin Bernard, Barbès et Auguste Blanqui), divers artistes, dont Victor Hugo dénoncent l'abbaye-prison.
La prison fut fermée en 1863 suite à un décret impérial.
Architecture
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Notre-Dame Sous-Terre (966)
L'église abbatiale originale, datant de la fondation (966), a été éventuellement complètement englobée par les agrandissements successifs de l'abbaye, et fut même oubliée pendant plusieurs siècles, jusqu'à sa redécouverte lors des fouilles effectuées au tournant des XIXe siècle et XXe siècle siècles.
Restaurée, elle offre un magnifique exemple d'architecture pré-romane.
Les autres bâtiments abbatiaux ont ensuite été élevés à l'est de l'église originale, sur le sommet du rocher et surplombant celle-ci.
Plan des divers niveaux de l'abbaye.
L'église abbatiale (1023-)
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Les pélerinages s'intensifiant, il fut alors décidé d'agrandir l'abbaye en édifiant une nouvelle église abbatiale à la place des bâtiments abbatiaux, et ces derniers furent relocalisés au nord de Notre-Dame-Sous-Terre.
La nouvelle église abbatiale comportait également trois cryptes, soit la chapelle des Trente-Cierges (au nord), la crypte du chœur (à l'est) et la chapelle Saint-Martin (au sud) (1031-1047).
L'abbé Ranulphe commence ensuite l'édification de la nef (1060). En 1080, trois étages de bâtiments conventuels sont édifiés au nord de Notre-Dame-Sous-Terre, comprenant la salle de l'Aquilon, servant d'aumônerie accueillant les pèlerins, le promenoir des moines et le dortoir. Le cellier et l'aumônerie de la future Merveille sont également entamés.
Notre-Dame-Sous-Terre est totalement avalée par les nouvelles constructions, mais demeure utilisée pour le culte.
Les écroulements
Mal consolidées, trois travées occidentales de la nef s'écroulèrent sur les bâtiments conventuels, en 1103. L'abbé Roger II les fait reconstruire (1115-1125).
En 1421, c'est au tour du chœur roman de s'écrouler. Il sera reconstruit en style gothique flamboyant entre 1446 et 1523 (avec une interruption entre 1450 et 1499).
Les bâtiments de Robert de Torigni
L'abbé Robert de Torigni édifia, à l'ouest et au sud-ouest un ensemble de bâtiments comportant de nouveaux logis abbatiaux, une officialité, une nouvelle hôtellerie, une infirmerie et la chapelle Saint-Étienne (1154-1164). Il remania également les chemins de communication desservant Notre-Dame Sous-Terre, afin d'éviter un trop grand contact avec les pèlerins et les moines de l'Abbaye.
La Merveille
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Raoul-des-Îles édifie, au dessus de l'aumônerie construite sous Roger II, la Salle des Hôtes (1215-1217), le Réfectoire (1217-1220), et au dessus du cellier, la Salle des Chevaliers (1220-1225) et le magnifique cloître (1225-1228).
La Belle Chaise et les bâtiments du sud-est
L'abbé Richard Turstin édifie, à l'est, la Salle des Gardes (qui sera depuis l'entrée de l'abbaye) ainsi qu'une nouvelle Officialité, où est rendue la justice relevant de l'abbaye (1257).
Vers 1393, sont édifiées les deux tours du Châtelet, puis ensuite la Tour Perrine et une Bailliverie. Le tout sera complété, à l'initiative de l'abbé Pierre Le Roy, par un logis personnel complétant les fortifications de l'abbaye même.
La façade classique
Suite à un incendie en 1776, il fut décidé de démolir les trois travées occidentales de la nef, et en 1780, la façade classique actuelle fut édifiée. Malheureusement, les soutènements nécessaires à cette dernière ont nécessité la coupure en deux de Notre-Dame-Sous-Terre.
La ville
La ville qui se blottit au sud et à l'est du mont est ceinte d'une muraille fortifiée. L'abbaye bénédictine a été édifiée dès le Xe siècle siècle et regorge de merveilles architecturales édifiées dans les styles carolingien, roman et gothique flamboyant, le tout pour superposer sur un espace exigu les différents bâtiments dévolus aux activités d'un monastère bénédictin (en ce sens, le mont Saint-Michel pourrait être considéré comme une mégastructure).
Le bâtiment de la Merveille, situé juste au nord de l'église abbatiale, intègre cloître, réfectoire, salle de travail et aumônerie dans un parfait exemple d'intégration fonctionnelle. De même, les bâtiments de la belle-chaise et des logis abbatiaux intègrent les fonctions administratives de l'abbaye aux fonctions cultuelles.
On y trouve notamment un cloître dont trois arches sont étonnamment ouvertes sur la mer et le vide ainsi qu'une roue servant de treuil et dans laquelle marchaient des prisonniers pour la faire tourner.
Le monument historique
C'est en 1874 que l'abbaye fut classée comme un monument historique. Des travaux urgents de consolidation et de restauration sont effectués par Corroyer.
Édification d'une flèche (1896) s'élevant à plus de 170 mètres au dessus de la mer.
En 1898, Gout effectue des fouilles sous le plancher de l'église, et redécouvre Notre-Dame-Sous-Terre. Celle-ci sera complètement dégagée en 1959, suite à l'installation d'une poutre en béton précontraint par l'architecte Froidevaux.
À voir
À voir, à proximité d'une des portes, deux bombardes de 380mm? et 420mm? abandonnées par les Anglais.
Environs
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La baie présente la particularité d'être pratiquement plate et donc sujette à l'envasement (sables mouvants, décrits de façon spectaculaire par le texte de Victor Hugo L'enlisement ). Conjuguée à une amplitude de marée exceptionnelle, cette configuration fait que la mer y monte rapidement, même si ce n'est pas toujours aussi vite qu'un cheval au galop, causant parfois des noyades, et beaucoup plus souvent des désagréments aux voitures garées un peu trop longtemps sur des places un peu basses.
La digue d'accès construite au XIXe siècle, qui retient le sable, aggrave donc l'ensablement naturel de la baie, au point que le mont pourrait cesser d'être une île. Des aménagements sont prévus pour remédier à cette situation (démolition et remplacement par une passerelle).
Le mont Saint-Michel se situe à l'embouchure du Couesnon, frontière naturelle séparant la Normandie de la Bretagne. Côté terre, des aménagements de digues datant du règne de la duchesse Anne de Bretagne ont permis jusqu'à aujourd'hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l'agriculture et à l'élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons de pré-salé). À l'ouest du Mont, de l'autre côté de la baie, se dresse sur les falaises la ville bretonne de Cancale ; à l'est, les villes normandes de Granville et d'Avranches. Une anecdote locale fait considérer que le mont Saint-Michel était breton jusqu'à ce que le lit du Couesnon change et le fasse devenir normand, alors que l'histoire de sa fondation est plus liée à la Normandie.
Gastronomie
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Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation d'une omelette, dite du Mont-saint-Michel, ou de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d'œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige (et pour les puristes, dans une poêle de cuivre sur un feu de bois) à la fourchette sur un rythme spécial que les passants peuvent entendre. Ladite omelette est d'ailleurs vendue à un prix en rapport avec sa réputation, la justification ou non de ce prix restant à l'appréciation de chacun.
L'agneau ou le mouton de pré-salé, est également une spécialité locale.
Depuis quelques années, les produits dits de la Mère Poulard font l'objet d'une importante commercialisation en France et dans le monde : galettes, palets bretons, etc. La charte graphique des emballages est d'ailleurs particulièrement soignée.
Liens externes
- (fr) Site officiel Office Touristique Mont Saint-Michel
- (fr) Site officiel Abbaye du Mont-Saint-Michel
- (fr) Visite virtuelle
- (fr) Projet de désensablement de la baie
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