Morvan Lebesque
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Morvan Lebesque (1911-1970), de son vrai nom Maurice Lebesque, journaliste
Né à Nantes le 11 janvier 1911, décédé au Brésil en 1970.
Il est né à Nantes, quai Barbin (devenu quai Barbusse). Il mena ses études secondaires au lycée Clemenceau, en étant condisciple de Julien Gracq.
| Sommaire |
Nationalisme breton
En 1929, il est responsable pour le pays nantais du PAB, le Parti autonomiste breton des Breiz Atao. En 1931, il scissionne avec Théophile Jeusset, et fonde le mouvement et la revue Breiz da zont, de tendance socialiste national breton. En décembre 1931, Jeusset lance l'éphémère Parti Nationaliste Breton Intégral. Morvan Lebesque, promu délégué général à la propagande, envoie un message au congrès constitutif : « Je fais le serment, de lutter de toutes mes forces pour l'établissement de la Nation bretonne et de l'Etat breton social-nationaliste » . Il écrira dans la première période de la revue Breiz da zont. Le thème de ses articles sont sur : le message qu'il voulait faire passer au congrès du PNBI dont le contenu est nationaliste-breton, un autre est sur « Le socialisme national breton » où le contenu est typique du discours « fasciste » de gauche.
Collaboration
En août 1940, il est le premier rédacteur en chef de L'Heure Bretonne, le journal collaborationniste et antisémite du PNB, le Parti national breton tenu par Olier Mordrel. Il ne reste pas longtemps (2 semaines). Il se défendra toujours de cette courte période en arguant « de sa naïveté et en assurant qu'il est parti dès qu'il s'est aperçu des velléités pro-allemandes du journal ». Remonté sur Paris en septembre 1940, il collabore comme journaliste régulièrement jusqu'en 1943 à « Je suis partout », le journal de Robert Brasillach. Il fit paraître une nouvelle Le vieux, le 21 février 1941, et une chronique intitulée 150 ans de variétés du 21 mars au 2 juin 1941. Il écrit aussi dans Le Petit Parisien, qui publie du 6 au 11 octobre 1941 une série intitulée Un héros de la liberté, le Président Krüger, livre repris en volume la même année par Sorlot. Il remplit aussi la fonction de secrétaire auprès du critique dramatique de Je suis partout, Alain Laubreaux.
Le Canard Enchaîné
Il collabora au Canard enchaîné en 1952, en connaissance de son passé (il fut surnommé par ses camarades « Je sue partout » lors du coup d'état des militaires en Algérie), en trouvant sa rubrique et son style, entre polémique et pamphlet, pessimisme actif et humanisme laïc. Albert Camus était son idole, son modèle. Il acquit rapidement une très grande popularité auprès des lecteurs du Canard enchaîné (il fut pour nombre de lecteurs un véritable directeur de conscience), mais se tint en marge de la rédaction. Il se contenta d'envoyer ses papiers par la poste ou par coursier et n'apparut plus que pour les grandes occasions. En 1960, on estima que ses articles étaient lus par les 350 000 acheteurs hebdomadaires du Canard enchaîné. Certains sont ronéotypés, imprimés sous forme de tracts, distribué dans des écoles ou affichés comme « journal mural » dans des ateliers. Une université américaine les a traduits et inscrits à son programme. On estime qu'en réalite, grâce à cette diffusion bénévole, le nombre de ses lecteurs dépasse le million. Il participe en 1966 à la revue Ar Vro sous le pseudonyme de Yann Lozac’h, avec des anciens de Breiz Atao et de Stur. Il tient aussi la rubrique cinéma dans Carrefour. Il mourut au Brésil en juillet 1970 au cours d'une tournée de conférences sur la culture bretonne.
- Il fait jouer quatre pièces de théâtre : La Découverte du Nouveau Monde (d'après Lope de Vega), Venise Sauvée (d'après Ottway), Les fiancés de la Seine et l'Amour parmi nous.
La découverte ou l'ignorance
La chanson des Tri Yann, La découverte ou l'ignorance provient d'un texte écrit par Morvan Lebesque dans son livre Comment peut-on être Breton ? Voici le détail des paroles:
- "Le breton est-il ma langue maternelle ? Non : je suis né à Nantes où on ne le parle pas. (...) Suis-je même breton ? Vraiment, je le crois et m'en expliquerai. Mais de « pure race », qu'en sais-je et qu'importe ? - Vous n'êtes donc pas raciste ? - Ne m'insultez pas. - Séparatiste ? Autonomiste ? Régionaliste ? - Tout cela, rien de cela. Au-delà. - Mais alors, nous ne nous comprenons plus. Qu'appelez-vous breton ? Et d'abord, pourquoi l'être ? Question nullement absurde. Français d'état-civil, je suis nommé français, j'assume à chaque instant ma situation de Français ; mon appartenance à la Bretagne n'est en revanche qu'une qualité facultative que je puis parfaitement renié ou méconnaître. Je l'ai d'ailleurs fait. j'ai longtemps ignoré que j'étais breton. Je l'ai par moment oublié ? Français sans problème, il me faut donc vivre la Bretagne en surplus ou, pour mieux dire, en conscience : si je perd cette conscience, la Bretagne cesse d'être en moi ; si tous les Bretons la perdent, elle cesse absolument d'être. La Bretagne n'a pas de papiers. Elle n'existe que dans la mesure où, à chaque génération, des hommes se reconnaissent bretons. À cette heure, des enfants naissent en Bretagne. Seront-ils bretons ? Nul ne le sait. À chacun, l'âge venu, la découverte ou l'ignorance. ..."
Bibliographie
- Un héros de la liberté, Krüger le lion, Sorlot, 1941.
- Soldats sans espoir, Laffont, 1947
- La loi et le système, coll L'Histoire Immédiate, Ed du Seuil
- Premières chroniques du Canard, Pauvert, 1960
- Camus par lui-même, coll Ecrivains de Toujours, Ed du Seuil, 1963
- La télévision entre les lignes, avec l'autoportrait d'un producteur Jean-Christophe Averty (en coll.avec Lucien Barnier), Casterman, 1967
- Chroniques du Canard, Laffont, coll. Libertés, 1968
- Comment peut-on être Breton ? Essai sur la Démocratie Française, Ed du Seuil, coll L'Histoire Immédiate, 1970. Préface de Gwenc’hlan Le Scouëzec.
sur Morvan Lebesque :
- Morvan Lebesque au Canard Enchaîné. de Yann Férec, juin 1997, Université de Bretagne Occidentale, Brest, Mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine
