Mouvement des chômeurs
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Les premiers mouvements de chômeurs datent du XIXe siècle. Au XXe siècle, les mouvements de chômeurs se sont surtout développés dans les années 1930 (suite à la crise de 1929), puis à nouveau à partir des années 1970, suite à la crise de 1973.
En France, le mouvement de chômeurs à caractère revendicatif est antérieur à la création d'AC ! L'APEIS qui s'appellait l'APES est née dans le département du Val-de-Marne en 1988. Cette année là les chômeurs occupèrent les Assedic de Creteil durant 186 jours. L'association se développa dans les départements de l'Ile de France ainsi qu'en province pour atteindre les 25 000 adhérents en 1995.
Le mouvement des chômeurs émerge réellement à partir de 1994 avec la fondation de l'association « Agir ensemble contre le Chômage » (AC !) par des syndicalistes de l'Union syndicale Solidaires et de la CFDT. AC ! lutte à cette époque pour l'abolition du chômage par le partage du temps de travail. La principale revendication est l'abaissement de la durée légale du travail à 32 heures par semaine. Une marche des chômeurs convergeant sur Paris est organisée au printemps. Cette marche rassemble alors essentiellement des sans-abris.
Mais le mouvement va réellement prendre de l'ampleur en 1997 et 1998 avec le retour de la gauche au pouvoir. Dès le mois de juin 1997, des bureaux des ASSEDIC sont occupés. À partir de cette époque, le mouvement des chômeurs ne lutte plus seulement pour obtenir des emplois mais surtout pour un revenu garanti égal au SMIC.
Le mouvement démarre de Marseille en décembre 1997 à l'initiative de la CGT. Les chômeurs demandent alors une prime de fin d'année de 3000 francs. En un mois, le mouvement se généralise à toute la France : les ASSEDIC et les Centres d'Action Sociale sont occupés. Outre AC ! et la CGT, le mouvement est aussi porté par d'autres associations comme l'APEIS (Association Pour l'Emploi et l'Insertion Sociale, proche du PCF) et le [MNCP [1]](Mouvement National des Chômeurs et des Précaires, proche des Verts).
Le mouvement se poursuit au début de l'année 1998. À Paris, l'École Normale Supérieure (ENS) est occupée. Le mouvement se radicalise autour de l'Assemblée de Jussieu, qui lutte sur des positions ouvertement révolutionnaires proches de la mouvance autonome et des situationnistes. Le gouvernement accorde alors aux chômeurs une prime de 1000 francs. Le mouvement retombe ensuite progressivement au mois de juin.
Bibliographie
- La révolte des chômeurs, Richard Dethyre et Malika Zédiri, LAFFONT 1992
- Chômeurs, la révolte ira loin, Richard Dethyre et Héléne Amblard, LA DISPUTE 1998
