Névralgie du trijumeau
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La névralgie du trijumeau est une cause fréquente de céphalée aiguë récidivante, concernant particulièrement les femmes à partir de 50 ans. Elle entraîne des douleurs majeures, qui peuvent être très handicapantes et source d'une détresse psychologique majeure dans les cas sévères.
| Sommaire |
Physiopathologie
La plus fréquente des névralgies du trijumeau est dite essentielle, c’est-à-dire sans cause connue. Cependant recemment, grâce aux progrès de l'imagerie médicale (IRM en particulier), des anomalies anatomiques ont pu révélées et reliées à l’apparition des symptômes : l'artère cérébelleuse peut comprimer le nerf trijumeau lorsqu'elle le croise juste après sa sortie du tronc cérébral. Le nerf trijumeau est un nerf crânien mixte (5e paire), sensori-moteur, dont les fibres sensorielles sont responsables de l'innervation du scalp et de la plus grande partie de la face. Il est divisé en 3 rameaux : le V1, V2, et V3. La névralgie du trijumeau concerne habituellement la zone cutanée innervée par le V2 (parfois le V3, isolé au associé au V2) qui se situe entre la paupière inférieure et la lèvre supérieure.
Diagnostic
Les douleurs sont fulgurantes, très intenses, à type de brûlure ou de décharge éléctrique. Elle surviennent par salves lors d'une période douloureuse, qui peut durer plusieurs heures. Les périodes douloureuses sont entrecoupées de périodes calmes, sans aucune symptomatologie, qui peuvent durer des années. Dans les cas sévères, les crises sont quotidiennes, voir pluri-quotidiennes. Les crises sont parfois déclenchées par la mastication, la parole, ou l'effleurement d'une zone cutanée «gachette». À l'examen physique, l'examen neurologique est normal : la sensibilité et la motricité de la face sont normales, le réflexe cornéen est présent. La maladie évolue lentement vers l'aggravation, qui se manifeste par l'atteinte d'autres rameaux du V (mais les trois rameaux ne sont jamais atteints simultanément). La bilatéralisation est rare, mais possible.
Traitement
Il est souvent difficile, et fait intervenir des moyens lourds pour arriver à soumettre la douleur.
Traitement médical
Il fait appel à des antalgiques atypiques, en particulier la carbamazépine (médicament de l'épilepsie), qui a une bonne efficacité sur la fréquence et la sévérité des crises dans la plupart des cas.
Traitement chirurgical
En cas d'échec du traitement médical, l'éléctrocoagulation du ganglion de Ganser peut être proposée : elle traite les douleurs de façon radicale, sans altérer la sensibilité de la face et en préservant le reflexe cornéen. En cas de nouvel échec, la décompression du nerf peut être envisagée par intervention neurochirurgicale, en cas de compression avérée par l'IRM et l'angio-IRM.
