Noël Godin
Noël Godin (né à Liège le 13 septembre 1945), dit le gloupier, est un agitateur anarcho-humoristique belge. Il s'est rendu célèbre pour ses jets de tarte à la crème sur de nombreuses personnalités françaises et étrangères. Plusieurs le considèrent comme un Diogène.
Ses activités d'« entarteur » ont commencé en novembre 1968. Avec un complice, ils s'en prirent à un professeur de l'université de Liège, Marcel De Corte, connu pour avoir rédigé les actes de la Constitution du dictateur portugais Salazar.
Chroniqueur de cinéma pour un magazine belge, Noël Godin écrivit un jour que le réalisateur imaginaire Georges le Gloupier avait jeté une tarte à la crème au visage de Robert Bresson. Dans le numéro suivant, il annonça que Marguerite Duras, amie de Bresson, l'avait vengé en attaquant Le Gloupier de la même manière. Peu après, à l'occasion de la venue en Belgique de Marguerite Duras (elle présentait son film « Détruire, dit-elle » à l'université de Louvain, Noël Godin se livra sur celle-ci à son premier entartage. « Duras est restée comme les personnages de ses films : immobile, désincarnée, diaphane », se souvient Godin.
Depuis, seul ou à la tête de véritables commandos d'entarteurs, il a entarté d'innombrables personnalités qu'il considérait comme particulièrement détestables et infatuées. Parmi ses victimes : Marco Ferreri, Patrick Poivre d'Arvor, Pascal Sevran, Patrick Bruel, Jean-Luc Godard, Maurice Béjart, le ministre belge Edouard Poullet, Nicolas Sarkozy, Bill Gates, Bernard-Henri Lévy (plusieurs fois 1984, 1988, ...).
Bernard-Henri Lévy prendra très mal sa tarte à la crême en 1985, flanquant par terre Le Gloupier, pour lui intimer ensuite « Relève-toi, ou je te pète la gueule à coups de talon ! ». La scène, filmée et diffusée, notamment par Coluche et Pierre Desproges, ternira notoirement l'image de marque du philosophe.
Chaque attentat est accompagné du célèbre cri de guerre « Gloup ! Gloup ! », ainsi que d'un alexandrin approprié à la victime, par exemple :
- Bill Gates : « Entartons, entartons le polluant pognon »
- Bernard-Henri Lévy : « Entartons, entartons les pompeux cornichons »
- Arielle Dombasle : « Entartons, entartons le couple cornichon »
- Philippe Douste-Blazy : « Entartons, entartons les ministres bouffons »
- Daniel Toscan du Plantier : « Entartons, entartons les pontifiants croûtons »
- Nicolas Sarkozy : « Entartons, entartons les cracks nauséabonds »
- Pascal Sevran : « Entartrons, entartrons le chancre aux chansons »
Le seul « entarté » à avoir porté plainte est Jean-Pierre Chevènement, qui a obtenu en octobre 2002 la condamnation de Noël Godin à 800 euros d'amende pour « violences volontaires avec préméditation ». Devant le tribunal, Noël Godin a déclaré avoir entrepris une « croisade pâtissière en hommage à l'humoriste Alphonse Allais, contre des personnalités qui se prennent très, très, très au sérieux ».
Parmi les cibles potentielles d'un prochain entartage figurait en bonne place le pape Jean-Paul II, que Noël Godin considérait comme un dangereux serial killer, en raison de son opposition au préservatif.
Citations
- « Ne parlons pas de Magritte, c'est un tocard, mais Achille Chavée, Marcel Marïen, Paul Nougé (qui remit à André Gide une sangsue dans un bocal) n'avaient pas ce côté dogmatique des surréalistes français ; les côtés dogmatique des surréalistes staliniens français ; les côtés tartignolles n'ont jamais manqué chez eux, mais ils ont sévi avec plus de drôlerie ». Anthologie de la subversion carabinée. 1989.
Bibliographie et filmographie
Noël Godin a publié plusieurs ouvrages :
- ISBN 2825107158 : Anthologie de la subversion carabinée, éditions L'Âge d'Homme, 1989 ;
- Crème et châtiment : mémoire d'un entarteur , éd. Albin Michel, 1995 ;
- Grabuge ! Dix réjouissantes façons de planter le système, en collaboration avec Aimable Jr, Benoît Delépine et Matthias Sanderson, éd. Flammarion, 2002.
Il a joué dans quelques films, notamment « La vie sexuelle des Belges » (1994) de Jan Bucquoy.
