Par-delà bien et mal
Le livre paraît après Ainsi parla Zarathoustra et avant la Généalogie de la morale, « qui complète et éclaire » Par-delà bien et mal. Il comporte une préface, neuf parties et un postlude, Du haut des monts, qui est un poème. Les neuf parties sont composées de 296 aphorismes, une forme que Nietzsche privilégie habituellement. Le titre se place dans une perspective immoraliste de la morale et des préjugés moraux. Il s'agit de dépasser « la croyance aux oppositions des valeurs » (aphorisme 2) qui, selon lui, n'est qu'un préjugé de métaphysicien.
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Résumé thématique
Vie et vérité
- Il y a une volonté derrière la recherche de la vérité.
- - Caractère inconscient de la pensée (3, 5, 20, 32, 193).
- - Toute pensée est perspective (14, 34).
- Toute philosophie est une morale – et doit l’être (6, 205, 207).
- Remise en question de la valeur de la vérité (1).
- - Besoin ou nécessité de certains jugements (11, 12).
- - Pas de lien entre vrai et bon (4, 35, 39, 59).
- L’aspiration à la vérité est nihiliste – ou noble ? (10, 230)
La morale
- La morale est le langage symbolique des passions (187).
- Question : juge-t-on avec l'instinct ou la raison ? (Athéniens : instinct ; Socrate : raison ; depuis Platon : instinct et raison convergent vers Dieu ; Descartes : raison seule) (191)
- Morale des forts et morale des faibles (utilitaire ; le bien console de la pauvreté) (260, 219).
- Origine de la morale : révolte des esclaves (46, 62, 195) ; puis évolution historique (201, 262).
- Critique de l’idée de désintérêt : tout est intéressé, tout est échange (220).
Evaluations de Nietzsche
- la valeur d’une action réside dans ce qu’elle a de non intentionnel (32)
- contrainte : naturelle et productrice de grandes choses (188)
- utilitarisme : astuce et sottise ; se protéger contre le danger qui menace de l’intérieur (198)
- mépriser ce qu’on aime (216, 283) (?)
- respect : mauvais s’il est étendu à toute la société (259) ; sinon, il est bon (260, 263)
- Hiérarchie entre les morales (228).
- - imposer ses devoirs à tous = les rabaisser (272)
- - possibilité de morales plus hautes que la morale socratique (202)
Ce que veut Nietzsche
- Nouveau philosophe :
- ami de la vérité, mais ce n’est pas une vérité pour tous (43)
- pas sceptique (208), ou alors hardiement (209)
- La connaissance est un outil, elle n'est pas recherchée pour elle-même (210).
- C'est un créateur de valeurs, il commande et légifère (211).
- Il détermine la destination et la finalité de l’homme (211).
- il faut qu’il y ait de tels philosophes (211)
- Qualités du nouveau philosophe :
- étendue et diversité de l’esprit, contre la spécialisation (212)
- force de la volonté, contre son affaiblissement (212)
- solitaire, impénétrable, à l’écart (212)
- par-delà bien et mal, maître de ses vertus, surabondance de l’énergie du vouloir (212)
- pouvoir d’unir la totalité à la multiplicité, l’ampleur à la plénitude (212)
- volonté de puissance et de domination la plus déguisée, la plus intellectuelle (227)
- Objectifs et moyens :
- exalter la vie, affirmer (23, 56) ; cela implique d’exalter les instincts de haine, etc. => PBM
- élévation du type humain = élargissement de l’âme, états toujours plus élevés, plus rares, plus lointains, et de contenu plus riche (257)
- volonté de dépassement, plus fort, plus intense :
- - le mal, la cruauté élèvent l’espèce (44)
- - contre l’hédonisme : souffrance dépassement ; il faut plus de souffrance (225, 270)
- - spiritualisation et approfondissement de la cruauté, ou plutôt sincérité (229, 230)
- - rendre les humains plus forts, méchants, profonds, beaux (295)
- Projet à réaliser :
- - œuvre de sélection et d’éducation, à l’aide de religions, conditions pol et éco (61)
- - « grandiose entreprise d’éducation et de sélection qui mette fin à l’effroyable règne du non-sens et du hasard qui s’est appelé « histoire » jusqu’à présent » (203)
Métaphysique (causalité, volonté, volonté de puissance)
- Causalité
- critique du « je pense » et de la causalité (16, 17)
- causa sui = contradiction interne (21)
- ni libre arbitre ni « serf arbitre » (causalité) (21)
- le cours du monde est nécessaire et prévisible non parce qu’il est soumis à des lois, mais parce que les lois y font absolument défaut (22)
- Volonté
- critique de la volonté (19)
- sentiment de libre arbitre = sentiment de supériorité à l’égard de celui qui obéit (19)
- vouloir = commander (19)
- on doit supposer que la volonté est la seule cause qui soit (36)
- la volonté ne peut agir que sur une volonté et non sur une matière (36)
- notre vie = élaboration & ramification d’une seule forme fondamentale de la volonté, la volonté de puissance (36)
- toute énergie agissante est volonté de puissance, monde = VP et rien d’autre (36)
- Volonté de puissance
- instinct cardinal ≠ de conservation de la vie mais de déploiement de la force (13) [cf. GS, § 349]
- notre vie = élaboration & ramification d’une seule forme fondamentale de la volonté, la volonté de puissance (36)
- toute énergie agissante est volonté de puissance, monde = VP et rien d’autre (36)
- la vie est VP, i.e. vouloir croître, s’étendre, s’accaparer, dominer (259)
Voir aussi Résumé de Par-delà bien et mal.
Bibliographie
- Wotling, Patrick, La Pensée du sous-sol. Statut et structure de la psychologie dans la philosophie de Nietzsche, Éditions Allia, 1999
Liens externes
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