Pascal Paoli
Pascal Paoli (Pasquale Paoli en langue corse) est un homme politique et général corse, né le 6 avril 1725 à Morosaglia (actuelle Haute-Corse), dans une Corse alors gênoise.
C'est en Italie, et plus particulièrement à Naples, où sa famille a été exilée, qu'il reçoit l'essentiel de sa formation.
En 1755, il est appelé par les principaux chefs corses révoltés contre Gênes pour prendre la tête de l'insurrection qui vise à l'indépendance de la Corse. Pascal Paoli, malgré quelques oppositions internes comme celles d'Emmanuel Matra, devient de fait le chef des révoltés corses. Admirateur de Montesquieu, il donne à l'île une constitution fondée sur la séparation des pouvoirs, fonde une université accorde le droit de vote à tous les citoyens. La Corse devient ainsi le premier état démocratique dans l'Europe des lumières, suscitant l'admiration de philosophes comme Rousseau et Voltaire. On connaît la phrase de Rousseau dans Du contrat social : « J'ai le sentiment que cette petite île étonnera un jour l'Europe. »
La constitution de la Corse est écrite, autour de Paoli, par des juristes insulaires. Un projet de constitution, dû à Rousseau, ne fut finalement pas retenu, parce que paraissant trop loin des réalités locales. La constitution de la Corse servit pour une bonne part de modèle à la contitution des États-Unis d'Amérique en 1776. Aujourd'hui, deux villes américaines portent le nom de Paoli City dans l'Indiana et le Colorado.
En 1768, Gênes désespérant de reprendre le contrôle de l'île, vend la Corse à la France, par une des clauses du traité de Versailles. (« Nous avons été vendus comme des porcs » commente Paoli). La bataille de Ponte Novu, le 8 mai 1769, où les armées de Paoli sont écrasées par les troupes de Louis XV, marque la fin de l'indépendance corse. Paoli s'exile, et est acclamé sur son passage par ses admirateurs, d'Italie en Angleterre.
Il revient en France, acclamé par la Convention, puis rompt avec elle. Paoli se rapproche de l'Angleterre pour tenter de fonder le royaume anglo-corse. Définitivement vaincu par le parti français, il s'exile en 1795 pour Londres où il meurt en 1807.
Le mythe de Pascal Paoli, « babbu di a Patria », « père de la Patrie » est encore très vivant et présent dans l'île. Ses cendres reposent aujourd'hui dans son village natal de Morosaglia. Son cénotaphe se trouve à l'abbaye de Westminster. L'Université de Corse, réouverte en 1981, porte son nom.
