Pays de Caux

Le Pays de Caux est une région naturelle de Normandie. Il s'agit d'un plateau crayeux en Haute-Normandie, au nord de la Seine, qui s'étend jusqu'aux falaises de la Manche. Il occupe la plus grande partie du département de Seine Maritime.


Les villes principales sont Dieppe, Fécamp, Yvetot et Étretat. L'architecture rurale est distinguée par ses fermes-masures.

Le cauchois est un dialecte important de la langue normande.

Sommaire

Histoire

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Harfleur, dans l'agglomération du Havre, église et maisons à colombages

Le récit de la campagne militaire de Jules César (Bellum Gallicum, La guerre des Gaules) donne des détails sur les Calètes, ancêtres des Cauchois (voir Livre II, 4, 9 ; Livre VII, 75, 3-4, Livre VIII, 7, 4)

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Abbaye de Graville, Le Havre, Seine-Maritime
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Manoir de Rouelles, Colombier

Un manoir est la demeure d'un seigneur, en principe non fortifiée. Après la guerre de cent ans, les maisons seigneuriales n'ont plus besoin de remparts et de tours. Les progrès de l'artillerie rendent caduquent les ouvrages de fortification. La paix et la prospérité retrouvée après 1450 donnent la possibilité de reconstruire des manoirs qui utilisent les matériaux locaux (silex, calcaire) et se laissent influencer par la Renaissance.

La plupart des manoirs normands disposent dans leur cour d'un colombier. D'après l'analyse des historiens locaux, on recense 635 colombiers dans les arrondissements de Dieppe, du Havre et de Rouen. La majorité sont circulaires et en dur. Les plus rares sont polygonaux et à colombages.

Manoirs des XVe-XVIe siècles :

« De Dieppe au Havre la côte présente une falaise ininterrompue, haute de cent mètres environ, et droite comme une muraille. De place en place, cette grande ligne de rochers blancs s'abaisse brusquement, et une petite vallée étroite, aux pentes rapides couvertes de gazon ras et de joncs marins, descend du plateau cultivé vers une plage de galet où elle aboutit par un ravin semblable au lit d'un torrent. La nature a fait ces vallées, les pluies d'orages les ont terminées par ces ravins, entaillant ce qui restait de falaise, creusant jusqu'à la mer le lit des eaux qui sert de passage aux hommes. Quelquefois un village est blotti dans ces vallons, où s'engouffre le vent du large. »
« L'air tiède, où se mêlait à l'odeur des côtes, des ajoncs, des trèfles et des herbes, la senteur marine des roches découvertes, l'animait encore en le grisant doucement, et il se décidait un peu plus à chaque pas, à chaque seconde, à chaque regard jeté sur la silhouette alerte de la jeune femme ; il se décidait à ne plus hésiter, à lui dire qu'il l'aimait et qu'il désirait l'épouser. La pêche lui servirait, facilitant leur tête-à-tête ; et ce serait en outre un joli cadre, un joli endroit pour parler d'amour, les pieds dans un bassin d'eau limpide, en regardant fuir sous les varechs les longues barbes des crevettes. Quand ils arrivèrent au bout du vallon, au bord de l'abîme, ils aperçurent un petit sentier qui descendait le long de la falaise, et sous eux, entre la mer et le pied de la montagne, à mi-côte à peu près, un surprenant chaos de rochers énormes, écroulés, renversés, entassés les uns sur les autres dans une espèce de plaine herbeuse et mouvementée qui courait à perte de vue vers le sud, formée par les éboulements anciens. Sur cette longue bande de broussailles et de gazon secouée, eût-on dit, par es sursauts de volcan, les rocs tombés semblaient les ruines d'une grande cité disparue qui regardait autrefois l'Océan, dominée elle-même par la muraille blanche et sans fin de la falaise. »

Géographie

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Etretat, falaise d'aval et aiguille

Le pays de Caux est un plateau à la surface ondulé et découpé par des valleuses plus ou moins échancrées.

Voir aussi

Le pays de Caux dans la littérature

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Gustave Courbet, Plage de Normandie, National Gallery of Art, Washington D.C.
« C'était l'automne. Des deux côtés du chemin les champs dénudés s'étendaient, jaunis par le pied court des avoines et des blés fauchés qui couvraient le sol comme une barbe mal rasée. La terre embrumée semblait fumer. Des alouettes chantaient en l'air, d'autres oiseaux pépiaient dans les buissons. Le soleil enfin se leva devant nous, tout rouge au bord de l'horizon ; et, à mesure qu'il montait, plus clair de minute en minute, la campagne paraissait s'éveiller, sourire, se secouer et ôter, comme une fille qui sort du lit, sa chemise de vapeurs blanches. Le comte d'Etraille, assis sur le siège, cria : « Tenez, un lièvre », et il étendait le bras vers la gauche, indiquant une pièce de trèfle. L'animal filait, presque caché par ce champ, montrant seulement ses grandes oreilles ; puis il détala à travers un labouré, s'arrêta, repartit d'une course folle, changea de direction, s'arrêta de nouveau, inquiet, épiant tout danger, indécis sur la route à prendre ; puis il se remit à courir avec de grands sauts de l'arrière-train, et il disparut dans un large carré de betteraves. Tous les hommes s'éveillèrent, suivant la marche de la bête. »

Bibliographie

Liens externes

See also: Pays de Caux, Metropolitan Museum of Art, New York, Pierre-Auguste Renoir, 1883, Calètes, Chaumière, Colombier