Peste de Marseille (1720)
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C'est un épisode marquant de la Chronologie de Marseille
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Histoire
Le 14 mai 1720
Un bateau venant de Syrie nommé le Grand Saint Antoine, commandé par le capitaine Chataud accosta à Marseille. Ce bateau chargé d'étoffes précieuses portait les soupçons d'une épidémie de peste.
Pour des raisons de négligence, les échevins de la ville
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- Estelle
- Moustier (parfois orthographié avec un s à la fin)
- Audimar
- et Dieudé
placèrent l'équipage en quarantaine douce dans un dispensaire : le lazaret.
Les hommes n'entendant plus s'occuper de leur linge sale le jettent à des lavandières par-dessus le mur du lazaret.
Les malades qui furent touchés les premiers ont vraissemblablement tous été en contact avec les étoffes et il s'avère que les puces porteuses se trouvaient dans les plis des étoffes et non sur les rats.
Le 20 juin
En effet, à la rue Belle-Table, une lavandière de 58 ans, Marie Dunplan, meurt après quelques jours d'agonie. Elle a un charbon sur les lèvres. Les médecins n'y prennent pas garde. Comment feraient-ils le rapprochement avec la Peste noire des temps médiévaux ?
Le 28 juin
Dans le même quartier, meurt à son tour un tailleur de 45 ans. Deux jours plus tard, c'est au tour de sa femme...
Le 9 juillet
Enfin, deux médecins, les Peyssonnel père et fils, se rendent au chevet d'un enfant de treize ans rue Jean-Galant. Et là, tout de suite, ils comprennent : la peste !
Ces deux excellents médecins avertissent les autorités. Il faut aller vite... Bientôt, l'épidémie fait un millier de morts par jour dans la ville. Les victimes de la contagion meurent en moins de deux jours.
Août
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Aussitôt, le fléau déferla sur toute la ville pour atteindre près de mille morts chaque jour autour du 30 août 1720.
Septembre
Quand on se décide à boucler Marseille, début septembre, il est déjà trop tard. Le bacille s'est répandu dans l'intérieur des terres et il faudra encore deux années de luttes pour éradiquer la peste du Languedoc et de la Provence.
Face à cette épidémie sans précédent, Belsunce alors évêque de Marseille, décida de rendre visite aux malades en leur administrant les derniers sacrements. On le vit aussi distribuer d'abondantes aumônes afin de soulager ses ouailles.
Au côté des actes de Beslunce, on trouva aussi des personnalités telles que :
- le Chevalier Roze,
- l'archiviste Capus,
- le sécrétaire Pichatty de Croissainte
- le peintre Michel Serre,
- le docteur Peyssonnel,
- le docteur Bertrand,
- le directeur de l'hôpital Bruno-Garnier
- le lieutenant de l'amirauté Gérin-Ricard
Après 39 055 victimes marseillaises, la ville connu une rechute en août 1722, qui ne fit que 260 morts. La ville avait perdu près d'un tiers de sa population, mais la contagion avait atteint toutes les grandes villes de Provence.
Épilogue
Au sortir de ce triste épisode, Belsunce plaça la ville sous la protection du Sacré Cœur de Jésus lors d'une messe célébrée le 1er novembre 1720 qui vit les échevins prononcer le voeu d'un engagement permanent qui se traduisait par une procession et une messe durant laquelle on faisait l'offrande d'un cierge aux armes de la ville.
Depuis,
- une statue à l'effigie de Belsunce a été érigée sur le parvis de la Cathédrale de la Major,
- on retrouve dans le centre de la ville des rues au nom des échevins,
- jusque dans les années quarante, pour dire merde, les Marseillais prononçaient parfois le nom de Moustier,
- la cérémonie d'engagement permanent a lieu dans l'église du Sacré-Cœur du Prado.
Voir aussi
Dans Wikipedia
- Liste des épidémies de peste en France
- La peste : un article sur la maladie
- Yersinia pestis
- Récits des Grands Jours de l'Histoire
Sur le Web
Autres
- (fr) Paul Gaffarel et le marquis de Duranty, La Peste de 1720 à Marseille & en France, Perrin et Cie, Paris, 1911. Image manquante
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disponible sur Gallica - (fr) Marius Dubois, Paul Gaffarel et J.-B. Samat, Histoire de Marseille , Librairie P. Ruat, Marseille, 1913.
- (fr) Marcel Pagnol, Le Temps des Secrets
