Philip K. Dick

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Science-fiction
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Philip Kindred Dick, mieux connu sous le nom de plume Philip K. Dick, était un auteur américain de romans et de nouvelles de science fiction.

Sommaire

Biographie

Il est né le 16 décembre 1928 à Chicago et est décédé le 2 mars 1982 à Santa Anna (56 km au sud de Los Angeles), Californie).

La mort de sa sœur jumelle, Jane Charlotte, le 26 janvier 1929 (à peine âgée alors de 6 semaines), l'affecte profondément jusqu'à la fin de sa vie. Le décès assez incompréhensible est attribué à une allergie au lait maternel mais l'autre jumeau, Philip se porte bien. Toute sa vie il ressent qu'une partie de lui-même est manquante et cela est très probablement à l'origine de la dualité exceptionnellement forte de son œuvre. Assez jeune il souffre de vertiges et plus tard on lui diagnostique une schizophrénie qui sera réfutée par la suite. Terrorisé par ce qu'il imagine dans son esprit, il découvre la science-fiction dans le magazine de nouvelles Stirring Science Stories et y décèle la seule issue possible pour exorciser ses angoisses intérieures.

À quatre ans, ses parents divorcent et il reste seul avec sa mère, à Berkeley. Le psychologue conjugal avait prescrit que la séparation n'affecterait pas l'enfant mais celui-ci s'en plaindra pourtant toute sa vie. Son père coupe définitivement tout lien avec la famille.

Après avoir commencé à l'Université de Californie des études philosophiques qu'il ne terminera jamais (le maccarthysme étant alors à son apogée, il est renvoyé pour sympathies communistes), il s'adonne à sa passion principale : la musique, et en fait son métier. Il travaille dès lors comme programmateur dans une station radio, et dans le même temps, en tant que vendeur de disques dans un magasin à Berkeley, Universal Music.

La plupart des biographes supposent que ce sont les pulp américains (Galaxy, Fantasy and Science-fiction, Astounding Stories, etc.) qui le poussent à découvrir la science-fiction. Alors qu'il est encore au collège, il commencera à écrire ses premiers textes de SF (et de poésie) à être publiés, dans le Berkeley Gazette, le tout premier étant The Devil, daté du 23 janvier 1942.

En mai 1948, Jeanette Marlin devient sa première femme. Il en divorcera 6 mois plus tard (leurs centres d'intérêt divergeaient totalement) pour se remarier en juin 1950 avec Kleo Apostolides, d'origine grecque, militante gauchiste mineure, fichée au FBI car accusée de communisme. Dick verra débarquer chez lui deux agents fédéraux qui lui demanderont d'enquêter sur sa femme. Il refusera, mais finira par se lier avec l'un d'entre eux, George Scruggs, fasciné par les discours de Dick et sa profession mystérieuse d'écrivain.

Poussé par sa femme, il entame en 1952 une carrière d'écrivain professionnel. Ses débuts sont ignorés par le monde de la SF qui regarde avec circonspection cet auteur dont les concepts scientifiques sont assez bizarres et le style littéraire non exempt de défauts. Après de très nombreuses nouvelles écrites durant cette période, comme Beyond Lies the Wub, Mr Spaceship, The Gun, The Variable Man, The Builder, Second Variety, pour ne citer que les plus connues, il décide de se lancer dans le roman, plus rémunérateur.

Son premier roman, Loterie solaire, très politique, est publié en 1955.

Côté vie de famille, les relations se dégradent peu à peu. Dick, qui écrit surtout la nuit, ne peut plus supporter de voir sa femme plus active que lui, et le regard des voisins, qui le voient chaque matin paresser dans la véranda le met mal à l'aise. Il se sent sans cesse traqué, épié, surveillé. Pour réussir à soutenir un rythme de travail rapide, il prend toutes sortes de médicaments, en particulier des amphétamines, qui le plongent dans des dépressions horribles chaque fois qu'il ne se sent plus d'attaque.

Sa paranoïa prend chaque jour une dimension plus importante : s'il ne réussit pas, estime-t'il, c'est parce qu'il est victime de complots fomentés contre lui. La science-fiction n'est plus un genre de mode, le phénomène des pulps étant passé, cela n'arrange en rien la situation psychologique autant que financière du romancier.

Il divorce de sa femme en 1958 et rencontre Anne Williams Rubinstein, dont le mari vient de mourir. Commence un flirt où Anne et Philip ont l'impression de se comprendre l'un et l'autre comme s'ils n'avaient jamais connu personne d'autre. Les 3 petites filles de Anne se lient très vite avec ce gros homme barbu qui débarque chez elles sans crier gare et épouse leur mère le 1er avril 1959. Laura Archer naît le 25 février 1960.

Sa femme l'enjoint d'écrire une œuvre qui fasse de lui un auteur célèbre et reconnu. Il commence la rédaction du Maître du Haut Château.

Encore une fois, le couple tourne mal. Anne voit en Dick l'image d'un écrivain qu'il n'est pas ni ne tient pas à être, ne pouvant se décider d'abandonner son vieux genre de prédilection, la science-fiction, bien que son rêve soit d'être reconnu comme écrivain de littérature générale. Sa femme ouvre une bijouterie. Philip se sent une nouvelle fois entretenu par sa femme, bon à rien. Il soupçonne Anne d'avoir contre lui des idées de meurtres.

Il déclarera plus tard : « C'était une psychotique meurtrière. Elle me faisait peur et par deux fois elle a tenté de me tuer ».

Lorsque Anne quitte la maison en emmenant sa fille, il sombre dans la dépression. Le divorce a lieu en 1964.

En 1962, le Maître du Haut Château est publié : c'est un immense succès. Un public « dickien » commence à se créer, enthousiasmé par l'œuvre. L'année suivante, le roman gagne le prix Hugo. En 1963 et 1964, il enchaîne les romans : les Clans de la lune alphane, Nous les martiens, Simulacres et le Dieu venu du Centaure. Ce dernier étant l'un de ses romans les plus connus.

En 1964, il se remarie avec Nancy Hackett, qui a 21 ans. Il aura avec elle un second enfant, Isolde Freya (surnommée tout simplement Isa). À nouveau, le mariage ne fonctionne pas. Dick accuse sa femme de « vouloir faire comme les autres », et de chercher malgré lui à l'intégrer dans ce qu'il appelle « la bonne société californienne ». La vie mondaine ne l'intéresse pas : il se consacre entièrement à ses livres, et sort de moins en moins de chez lui. Les assassinats de John F. Kennedy et de Martin Luther King le révoltent, et il cesse cette année de voter.

Durant cette période, Dick écrira Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques?, qui servira de base au film Blade Runner, mais aussi et surtout Ubik qui sera plus tard vu comme le chef d'œuvre de l'écrivain.

En 1970, il est au bout du rouleau : il a de forts ennuis avec le fisc et sa femme, l'actualité mondiale le rend amer (en particulier la guerre au Viêt-Nam). Il écrit à cette époque Coulez mes larmes, dit le policier, qui porte l'empreinte de sa déprime du moment. Nancy part en emmenant Isa en septembre.

Cette période sera la plus sombre de sa vie. Seul, abandonné par sa femme, l'auteur ouvrira sa maison à tous les drogués, hippies ou junkies de passage. Une journée ne passera plus sans qu'il ne se soit défoncé, délirant sans interruption avec ses amis, à la manière des drogués, sur tout et sur n'importe quoi. Cette expérience le poussera à écrire Substance mort, écrit en 1975, publié en 1977.

Il cherchera plusieurs fois à se faire interner en psychiatrie, et il lui arrivera de passer plusieurs jours en salle d'examination. Dick est peut-être paranoïaque, schizophrène, mais ne présente pas les symptômes caractéristiques d'un drogué dur : il est bien en chair et en forme physiquement.

Le 17 novembre 1971, un événement vient bouleverser sa vie. Lorsqu'il rentre chez lui, il trouve « les fenêtres fracassées, les portes fracturées, les serrures forcées » et constate « la disparition de plusieurs de [ses] affaires : on avait fait sauter [son] armoire-classeur à l'épreuve du feu, manifestement au moyen d'explosifs du type plastic », classeur où il conservait tous ses « trésors » : textes, vieux pulps de sa jeunesse, collections diverses... Aussitôt, ses peurs paranoïaques remontent à la surface : il accusera tour à tour le FBI et le KGB de vouloir attenter à sa vie.

Puis il part s'installer à Vancouver, qu'il a découvert lors d'une conférence de science-fiction le 12 février 1972, et où il a directement envisagé de s'installer. Il tente de refaire sa vie là-bas, tombe plusieurs fois amoureux de filles bien plus jeunes que lui, et se fait à chaque fois repousser, ces mêmes jeunes filles prenant souvent peur devant cet homme gauche qui réclame leur affection. Il tente alors de se suicider, en prenant une forte dose de tranquillisants.

Il survivra, et ira se faire interner à X-Kalay, centre de désintoxication pour héroïnomanes (bien qu'il ne ressemblait pas du tout, comme on l'a vu auparavant, à un drogué de ce type, ni n'en était réellement un). Il y découvrira l'enfer des drogués, baladant à vie leur cerveau à moitié cramé, irrémédiablement, ne comprenant pas pourquoi ils ne peuvent jamais aller jusqu'au bout lorsqu'ils commencent une tâche ménagère (comme nettoyer les toilettes ou laver le sol), et comprenant que c'est foutu pour eux. Il faut toujours qu'ils bloquent à un moment, comme arrêtés par une barrière invisible et infranchissable.

Après trois semaines à X-Kalay, Dick émigre à Fullerton. Il est hébergé par deux étudiantes fans de ses œuvres, et rencontre l'écrivain amateur Tim Powers.

En juillet, il fait la connaissance de Tessa Busby, jeune fille réservée, qui a alors dix-huit ans. Le couple emménage et ils fondent ensemble un foyer. Il est temps pour lui de recommencer à écrire.

L'Europe, en particulier la France, commence à s'intéresser à lui. Substance Mort se voit publié durant cette période, ainsi que la version finale de Coulez mes larmes, dit le policier, qui gagne en février 1974 le prix Nebula et le prix Hugo. On lui propose d'adapter Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? en film.

Dick avait fait de son corps, comme l'écrit Emmanuel Carrère dans sa biographie, « un shaker à cocktails chimiques ». À cette époque, on parlait beaucoup des flashbacks d'acide, où les anciens drogués des années soixante avaient soudain des hallucinations hors du commun, et pouvaient être pris de pulsions meurtrières inattendues, phénomène qui faisait peur et fascinait les américains moyens. Peut-être cela explique-t-il la raison qui poussa Philip à verser dans le mystique, lui qui avait toujours voulu prouver que notre monde était faux, qu'il existait une réalité supérieure, et que lui seul semblait s'en apercevoir.

Il s'abonna à des revues sectaires, lut les publications de l' église de scientologie, eut plusieurs révélations divines, et, invité à une conférence de SF à Metz en France, prononça devant une foule ébahie un discours très étrange qui révélait sa folie du moment.

L'Exégèse, ouvrage énorme, date de cette époque. Il s'agit d'un essai où toutes ses révélations sont soigneusement notées, et où s'affrontent Philip K. Dick et Horselover Fat, unique et même personnage (Philippe signifie en grec « l'ami des chevaux » qui s'écrit en anglais « horse lover » ; Dick signifie gros en allemand, « fat » en anglais).

Il a un accident vasculaire cérébral le 18 février 1982, et meurt le 2 mars 1982 d'une défaillance cardiaque quelques jours avant la sortie du film Blade Runner tiré de sa nouvelle les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? Il commençait juste à en recevoir les droits d'auteur. Il sera enterré à Fort Morgan, aux côtés de sa sœur Jane, sans avoir jamais su à quel point son œuvre allait devenir mythique.

Il a publié 36 romans et cinq recueils de nouvelles. Son roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques (Do Androids Dream of Electric Sheep?) a inspiré le film Blade Runner. La nouvelle Souvenirs à vendre (We Can Remember it for you Wholesale) a servi de base pour le film Total Recall. La nouvelle Second Variety (Nouveau modèle) a inspiré le film Planète Hurlante de Christian Duguay. La nouvelle Rapport minoritaire (Minority Report) est adaptée au cinéma par Steven Spielberg. La nouvelle Impostor est adaptée au cinéma par Gary Fleder. Son roman Confessions d'un barjo (Confessions of a Crap Artist) a été porté à l'écran par Jérôme Boivin en 1992. Le film Paycheck de John Woo est également basé sur une nouvelle de Dick.

Œuvre

Toutes les histoires de Philip K. Dick ont pour thèmes la modification de la réalité et la manipulation de cette réalité. Ils sont particulièrement présents dans les nouvelles Jeu de guerre, Souvenir à vendre, ainsi que dans les romans Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? et Ubik.

Nombreux sont ceux qui pensent que ces caractéristiques proviennent directement de la paranoïa qui marquait sa santé mentale fragile, notamment en raison de sa consommation de drogues (surtout des amphétamines) et de médicaments. Mais la critique sociale et le cynisme des puissants qui imposent une réalité fictive sont aussi très présent chez lui.

Il est très connu pour avoir créé dans ses romans une atmosphère glauque, inspirant ainsi les cyberpunks bien qu'il ait vécu trop tôt pour les connaître. Mais cette atmosphère « glauque » tient en fait à l'intrigue héritée du gnosticisme qui hante la plupart des romans de Dick : le faux, qui régit ce monde, et que nous percevons comme le vrai, doit être démasqué.

Durant les dernières années de sa vie, il consacre la plupart de son temps à écrire l'Exégèse, texte monumental sur son œuvre dont une seule partie est publiée aux États-Unis. Elle est issue des interrogations de Dick sur une expérience mystique qu'il a vécue en mars 1974, laquelle est aussi à l'origine de SIVA, œuvre emblématique de la fin de sa vie. On y trouve des fragments de l'Exégèse, à l'intérieur d'une histoire qui est une véritable mise en abîme de sa propre vie. À sa mort on découvre chez lui plus de 8 000 pages du dialogue qu'il entretient avec lui-même depuis cette expérience. Un exemple parmi d'autres : en écoutant la chanson des Beatles Strawberry Fields Forever, il diagnostique que son fils est atteint d'une hernie linguinale, ce qui sera confirmé par des examens ultérieurs.

Il existe au moins deux biographies sur Dick. Emmanuel Carrère a écrit Je suis vivant et vous êtes morts, alors que Lawrence Sutin publie Invasions divines.

Bibliographie

Romans

Nouvelles

Essai

Liens externes

Français

Anglais

See also: Philip K. Dick, 16 décembre, 1928, 1982, 2 mars, Accident vasculaire cérébral