Philosophie
La philosophie est la recherche systématique et l'étude des principes de la pensée, de la connaissance de la réalité, et des finalités de l'action humaine. Cette recherche s'exprime par des pensées, des théories ou par des conceptions générales sur l'homme, le monde et l'être en général. Elle implique une réflexion critique sur le sujet pensant lui-même, selon la formule socratique : Connais-toi toi-même. La recherche philosophique met parfois au jour des problèmes insolubles (des apories). Cela ne contredit en rien sa finalité et met en lumière l'essence même du philosopher : interroger le réel quant à son être d'une façon rigoureuse et argumentée de façon à esquisser une compréhension de notre rapport à l'être, au monde et des principes de nos actions.
Les problèmes philosophiques consistent notamment en l'interrogation des concepts de réalité et de vérité (métaphysique et logique), de bien et de justice (morale et politique) et de beau (esthétique) :
- Qu'est-ce que l'être ? Quel rapport avons-nous avec lui ? Quelles choses sont réelles et quelles sont leurs natures ? Existe-t-il quelque chose indépendamment de notre perception ? Que sont l'espace, le temps, la pensée, la conscience, etc. ? Quelle place faire au divin dans le plan de la foi et de la pensée ? Ces thèmes sont explorés par la métaphysique.
- Quelle connaissance est possible ? Comment connaissons-nous ce que nous connaissons ? Pouvons-nous savoir s'il existe d'autres esprits que le nôtre ? Ces questions concernent la théorie de la connaissance.
- Y a-t-il des différences morales (bien et mal) entre certaines de nos actions ? En quoi consistent ces différences ? Quelles actions sont bonnes, quelles actions sont mauvaises ? Nos valeurs sont-elles absolues ou relatives ? Comment doit-on vivre ? Ces questions, et d'autres, concernent la morale et l'éthique.
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Étymologie
La philosophie (philo-sophia, φιλοσοφία) est l'amour de la connaissance, de la sagesse, du savoir, du grec philein (aimer), et sophia (connaissance, savoir, sagesse). Le mot s'interprète donc comme « quête de la sagesse ou de la connaissance », le verbe philein pouvant avoir non seulement le sens d'aimer, mais aussi celui de chercher. En ce sens, le philosophe s'oppose au sophiste (au sens péjoratif donné par Platon), qui prétend déjà détenir la sophia.
Diogène Laërce, dans sa Vie des philosophes affirme qu'en ce qui concerne la philosophie les Grecs auraient inventé non seulement la chose, mais également le mot.
Ce mot, selon certaines sources, aurait été forgé par Pythagore, qui refusait de se considérer comme un sage (sophos) car la possession de la connaissance, i.e. la connaissance des principes et causes des choses humaines et divines, est le privilège des dieux. Il préférait être appelé « amoureux de la connaissance » (philosophos), c'est-à-dire amoureux des réalités divines. Avant Pythagore, on appelait sophoi ceux qui cherchaient à connaître les réalités divines et humaines, sans que ce mot soit péjoratif. Il y a donc, à l'origine de la philosophie, d'un côté ceux que l'on appelle les sages (Thalès de Milet, etc.), et de l'autre ceux qui furent appelés philosophes.
L'étymologie nous apprend ainsi au moins deux choses :
- D'une part, la philosophie concerne la connaissance, elle est une activité intellectuelle qui consiste à cultiver ses facultés ;
- d'autre part, la philosophie a aussi une finalité morale et pratique : elle est un art de vivre, et le philosophe qui vit selon la raison, selon une conception classique de la morale, s'efforce de vivre en sage et de suivre le bien pour atteindre le bonheur par le biais de l'ataraxie. On mesure mal aujourd'hui l'importance de cet art de vivre qui faisait souvent comparer le philosophe à un dieu mortel, à un dieu vivant parmi les hommes (c'est le cas, par exemple, chez des philosophes aussi différents que Platon, Aristote, Epicure et Sénèque). Cet aspect pratique a considérablement évolué, et est aujourd'hui étudié en philosophie politique, en philosophie de l'action et en éthique.
Spécificité de la philosophie
Une bonne méthode pour déterminer le sens d'un concept peut être de rechercher ce que ce concept n'est pas. Or, science, philosophie, mythes et religions ont une triple ambition commune : décrire, expliquer, justifier. Il importe donc d'examiner en quoi ils se distinguent.
Philosophie, mythes et religion
Le mythe et la philosophie ont un point commun : ce sont des explications cohérentes du monde. Le mythe est un récit fabuleux qui décrit l'origine du monde, de l'homme, de la société. Les philosophes s'interrogent également sur ces problèmes. Mais il y a des différences :
- la philosophie se veut fondée sur une connaissance rationnelle ; le mythe a par contraste un caractère merveilleux, inexplicable même du fait des causes qu'il invoque, comme les forces surnaturelles ;
- la philosophie suppose que l'on n'adhère pas à une doctrine par la seule foi et encore moins par superstition ; la croyance au mythe fait l'économie de la notion de preuve, ou bien en présente qui n'entraînent pas de conviction universelle (sinon on ne le considèrerait plus comme mythe, mais — à tort ou à raison — comme réalité) ;
- la philosophie cherche à expliquer les phénomènes observés par des causes naturelles ; le mythe recourt souvent à des explications surnaturelles.
Philosophie et science
- voir article détaillé Philosophie et science
Lorsqu’il est question du rapport de la philosophie avec les sciences, la philosophie est couramment qualifiée de « mère de toutes les sciences ». Cette optique relève d’une considération quant à l’histoire des idées, où la philosophie apparaît en quelque sorte comme un lieu d’émulation, propre à l’émergence de disciplines appelées à acquérir leur autonomie. Ainsi, par exemple, on remarque qu’alors qu'Isaac Newton désignait encore ses travaux sous l’appellation de philosophie (son maître ouvrage de 1687 portant le titre de Philosophiae Naturalis Principia Mathematica), les développements en ce domaine appartiennent maintenant au domaine de la physique. De même, pour n’évoquer que quelques exemples supplémentaires, c’est de travaux et recherches en philosophie que sont issues, à la fin du XIXe siècle, des disciplines comme la sociologie et la psychologie ; tout comme la gérontologie s’est, quant à elle, forgée en tant que discipline (se rattachant maintenant en partie à la psychologie) seulement dans la seconde moitié du XXe siècle, sous l’impulsion de travaux et recherches en philosophie.
Cela signifie-t-il pour autant que la philosophie ne serait que le balbutiement des sciences ? Qu’elle ne serait en quelque sorte qu’une manière de désigner les disciplines n’ayant pas encore « abouti » ? Il existe bien sûr plusieurs positions théoriques à cet égard, mais avant même de s’y attarder, il faut noter qu’une attention aux milieux de la recherche fondamentale révèle que... (suite dans l'article détaillé Philosophie et science).
Origine de la philosophie
- Voir article détaillé origine de la philosophie
Pourquoi et comment des hommes se sont-ils mis à la philosophie ? Que signifie l'apparition de la philosophie dans l'histoire humaine, et peut-on affirmer que certaines civilisations se soient plus préoccupées de constituer un discours philosophique que d'autres ?
Il se peut que le besoin d'exploration intellectuelle soit lié à un désir commun aux mammifères prédateurs et à tous les primates de connaître aussi profondément qu'ils le peuvent leur environnement. Mais en expliquant l'origine de la philosophie (et par conséquent ses exigences de rationalité ou de sagesse, par exemple) dans une telle perspective, on s'en tient à un niveau explicatif en termes strictement motivationnels – génétiques, neurobiologiques, etc. –, généralement applicable aux activités humaines. Il appert plus fructueux, pour une compréhension de l'activité philosophique elle-même, d'examiner plutôt son avènement en retraçant les grandes lignes de son origine historique, ainsi que les interprétations de ses origines en termes proprement philosophiques.
L'origine historique de la philosophie est mal connue. On considère généralement que le premier philosophe est Thalès de Milet, mais ce philosophe de la nature était peut-être d'origine phénicienne, et son savoir laisserait donc supposer une tradition philosophique bien plus ancienne. Ce qui est certain, c'est que la philosophie naît sous l'influence de la science égyptienne (géométrie), du savoir phénicien (arithmétique), et de courants religieux variés, venus par exemple de Mésopotamie et de l'Inde. Bien d'autres influences ont été supposées, mais il est dans l'ensemble très difficile de faire la part des choses. Il faut remarquer également que les premiers philosophes... (suite dans l'article détaillé origine de la philosophie).
Trois conceptions de la philosophie
- Voyez les articles Philosopher et Philosophe pour plus de détails.
Il est possible de distinguer à partir de ce qui précède trois conceptions de la philosophie :
- une partie réflexive de la philosophie : l'exercice de la raison en tant qu'activité d'évaluation et de critique des arguments ;
- un savoir philosophique : par la détermination de concepts et d'outils mentaux pour comprendre l'homme et le monde ;
- une partie pratique, la sagesse, qui doit faire l'unité du penser et de l'agir (de l'entendement et de la volonté) ;
Critiques de la philosophie
La philosophie a été critiquée dès sa naissance. Certaines critiques sont extérieures au discours philosophique (par exemple, les critiques du sens commun), d'autres lui sont internes (critiques des philosophes entre eux). Mais toute critique peut faire l'objet d'un examen philosophique ; on ne peut d'ailleurs concevoir de philosophie sans critique.
Voir article détaillé : Critiques de la philosophie
Articles de philosophie
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Annexes
- Programme de philosophie en classe terminale en France
- Dérivés du mot philosophie
- Traduction du mot philosophie
- Expressions dans la langue courante.
Bibliographie générale
- Apologie de Socrate, Platon
- Phédon, Platon
- Le Banquet, Platon
- Théétète, Platon
- La République, Platon
- La Métaphysique, livre A, Aristote
- La Politique, Aristote
- Éthique à Nicomaque, Aristote
- Lettres, Épicure
- Protreptique, Jamblique
- Discours de la méthode, Descartes
- Éthique, Spinoza
- Critique de la raison pure, Emmanuel Kant
- Éléments de philosophie, Alain
- Introduction à la philosophie, Karl Jaspers
- Éloge de la philosophie, Merleau-Ponty
- Problèmes de philosophie, Bertrand Russell
Cours de philosophie
- Cours de philosophie, Émile Durkheim
- Cours de philosophie, Armand Cuvillier
Dictionnaires, encyclopédies
- Vocabulaire philosophique, Armand Cuvillier
- Vocabulaire technique et critique de la philosophie, André Lalande
- Notions de philosophie, sous la direction de Denis Kambouchner (panorama de grandes notions)
- Encyclopédie Philosophique Universelle en six volumes sous la direction d'André Jacob - éd.PUF (1992)
- Vocabulaire Européen des Philosophies - Dictionnaire des Intraduisibles sous la direction de Barbara Cassin - éd.Seuil-Le Robert (2004)
Histoire
- Histoire de la philosophie, Emile Bréhier (P.U.F.)
- Histoire de la philosophie, François Châtelet
- Les grands philosophes, Karl Jaspers
- Histoire de la philosophie, Y. Belaval (Gallimard).
- Contre histoire de la Philosophie, Michel Onfray (12 CD-France Culture)
Méthode
- Méthodologie philosophique, J.J. Wunenburger et D. Folscheid
Liens externes relatifs à la philosophie
Voir aussi
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