Phlébite et embolie pulmonaire

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Sommaire

Généralités

Ce sont deux manifestations de la maladie thrombo embolique : un caillot (thrombus) se forme dans le réseau veineux des membres inférieurs (= phlébite) et peut migrer secondairement dans une artère pulmonaire (= embolie pulmonaire)

Rappels anatomiques

Causes

Elle débute par un caillot dans le système veineux des membres inférieurs. La formation de ce caillot est favorisé par :

La phlébite : diagnostic

Clinique

Le tableau clinique classique de la phlébite profonde comprend une douleur du mollet qui est sensible, plus chaud, augmenté de volume avec présence du signe de « Homans » : la dorsiflexion du pied exacerbe la douleur. Les signes sont cependant souvent frustres et, dans une proportion importante, inexistants.

On peut palper parfois un cordon induré, sous la peau, de la thrombose dans le cas d’une phlébite superficielle. Cette dernière est beaucoup moins grave car en règle, n’évolue pas vers l’embolie pulmonaire.

Trois diagnostics différentiels sont à évoquer :

Biologie

Le dosage des D-Dimères, produits de dégradation du caillot, permet de faire un diagnostic d’élimination : un taux bas rend très peu probable l’hypothèse d’une maladie thromboembolique, mais un taux élevé ne permet pas de conclure puisque toute maladie, un tant soit peu inflammatoire, en augmente son dosage.

La mesure du TCK et du TP-INR sont des tests de la coagubilité sanguine. Ils sont faits de manière systématique afin de vérifier l’absence de maladie de la coagulation, avant de débuter le traitement anticoagulant.

Suivant le tableau, on peut rechercher d’emblée une anomalie constitutionnelle de la coagulation.

Imagerie

La preuve de la phlébite ne sera apportée que si l’on visualise le caillot.

L’embolie pulmonaire : diagnostic

Clinique

Le tableau classique comporte un essoufflement (= dyspnée), une douleur thoracique, parfois le patient peut cracher du sang (hémoptysie).

L’examen clinique montre une augmentation de la fréquence respiratoire (polypnée), un pouls rapide (tachycardie). Il n’ y a pas de signe d’insuffisance cardiaque gauche (auscultation pulmonaire normale). Si l’embolie pulmonaire est importante, on peut voir des signe d’insuffisance cardiaque droite (veine jugulaire dilatée = turgesccence jugulaire, douleur au niveau du foie = hépatalgie...).

L’ECG n’est pas spécifique : simple tachycardie, modification de la repolarisation.

La radiographie pulmonaire est sensiblement normale.

En fait, une embolie pulmonaire peut se présenter sous des tableaux extrêmement divers : fièvre au long cours, douleurs atypiques, malaise ou syncope, état de choc, voire être totalement silencieux. Un adage classique en médecine dit « on ne comprend rien au tableau du patient : c’est une embolie pulmonaire jusqu’à la preuve du contraire ». De même, il y a souvent une mauvaise corrélation entre l’importance de l’embolie et le tableau clinique, mais une mauvaise tolérance (chute tensionnelle, signe d’insuffisance cardiaque droite, dyspnée importante) est fortement en faveur d'une embolie pulmonaire massive.

Biologie

Elle est identique à celle de la phlébite (D-Dimères, hémostase (bilan de la coagulation), recherche d’une anomalie constitutionnelle si besoin).

La gazométrie artérielle montre une diminution du contenu en oxygène du sang (hypoxie) et une diminution du contenu en gaz carbonique du sang (hypocapnie). Si ces paramètres sont très perturbés, cela est en faveur d’une embolie pulmonaire importante.

Imagerie

Elle a deux buts :

On dispose au choix de :

A part : l’échographie cardiaque : ne permet qu’exceptionnellement de visualiser un thrombus, mais apporte un certain nombre d’arguments si l’embolie est massive : dilatation des cavités droites avec augmentation des pressions droites.

La radiographie pulmonaire ne montre aucune image spécifique. Elle permet essentiellement d’éliminer une autre cause à la dyspnée.

Le choix de l’examen diagnostic dépend de la disponibilité de ceux-ci et de la probabilité du diagnostic positif.

La maladie thromboembolique : évolution

Sous un traitement bien conduit, la phlébite guérit dans la grande majorité des cas sans séquelles.

Il existe cependant trois types de complications :

Rarement un thrombus peut migrer à travers une communication droite-gauche intracardiaque (de naissance) et donner une embolie artérielle : il s’agit d’une embolie paradoxale.

Sous un traitement bien conduit, l’ embolie pulmonaire peut guérir sans séquelle, mais il peut subsister un essoufflement plus ou moins invalidant.

Une embolie pulmonaire massive peut conduire à un état de choc, voire à un arrêt cardio-circulatoire.

La maladie thrombo embolique : traitement

Le traitement anticoagulant en est la clé. Il doit être institué dès la suspicion du diagnostic.

Il a pour but :

Pour des raisons de rapidité d’action il doit être débuté de manière parentérale (en sous cutanée ou en perfusion intraveineuse) et être relayé par un traitement sous forme de comprimés (antivitamine K ou AVK.

Le traitement propre à la phlébite

L’hospitalisation n’est pas nécessaire si la phlébite est simple et les conditions satisfaisantes pour un traitement à domicile.

En règle générale, on emploie un traitement anticoagulant sous cutané (Héparine de bas poids moléculaire ou HBPM) en une injection avec un relais par antivitamine K (AVK), débuté dès le premier jour. Les HBPM ne seront arrêtés que lorsque ces derniers sont efficaces (entre 4 et 8 jours après le début du traitement)

Le lever est autorisé dès le deuxième ou troisième jour.

Une contention veineuse (bandes ou bas à varices) est mis en place si possible au premier jour et sinon au moins pour le lever :

Les AVK seront continués plusieurs mois. Dans certains cas ils seront prescrits à vie (présence d’une anomalie constitutionnelle de la coagulation ou phlébite récidivante).

En cas d’emploi d’oestroprogestatifs (pilule ou traitement substitutif de la ménopause), le choix de ces derniers devra être revu par le gynécologue.

Le tabac est fortement déconseillé.

Dans de rares cas, ( Si les AVK sont contre-indiqués ou si la maladie thromboembolique récidive malgré une anticoagulation bien conduite), on peut alors proposer la pose d’un filtre cave :

Le traitement propre à l’embolie pulmonaire

L’hospitalisation est nécessaire. S’il s’agit d’une embolie pulmonaire grave, l’admission en soins intensifs est préférable.

Une oxygénothérapie est mise en route si besoin.

Une anticoagulation en intraveineuse ou en sous-cutanée est débutée avec un relais par AVK qui seront continués plusieurs mois.

Le lever est fait après 24 à 48 h d'anticoagulation bien conduite.

Si l’embolie pulmonaire est grave (mauvaise tolérance clinique et/ou importance de l’embolie sur les imageries) avec un risque vital, on peut proposer un traitement fibrinolytique

Le traitement préventif

En cas d’alitement, et particulièrement après certaines chirurgies (petit bassin notamment), une anticoagulation par HBPM à petites doses en une injection journalière est faite de manière systématique.

La meilleure prévention consiste en un lever précoce, avec une hydratation correcte (boisson).

See also: Phlébite et embolie pulmonaire, Allergie, Anatomie, Arrêt cardio-circulatoire, Bactériologie, Biologie, Bioéthique, Cancer, Collapsus