Phœnix (mythologie)
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Dans la mythologie grecque, Phœnix (en grec ancien Φοῖνιξ Phoinix) est un des personnages de l'Iliade d'Homère. Il est, avec le centaure Chiron, l'éducateur d'Achille.
Il apparaît dans le chant IX, à l'occasion de l'ambassade de Nestor, d'Ajax fils de Télamon et d'Ulysse pour convaincre Achille de reprendre le combat. Il s'adresse à celui-ci quand l'ambassade a échoué, espérant le convaincre en lui rappelant son enfance. Son discours illustre l'idéal archaïque de l'éducation du jeune noble :
- « Tu n'étais qu'un enfant, et tu ne savais rien encore du combat qui n'épargne personne, ni des Conseils où se font remarquer les hommes. Et c'est pour tout cela que Pélée m'avait dépêché : je devais t'apprendre à être en même temps un bon diseur d'avis, un bon faiseur d'exploits. » 1
Phœnix est un jeune noble qui doit fuir son père en colère. Il se réfugie à la cour de Pélée qui lui donne une terre, en faisant ainsi son vassal, et lui confie son fils. Henri-Irénée Marrou, dans son Histoire de l'éducation dans l'Antiquité (1948), appelle ce modèle celui de la « chevalerie homérique », et le trouve très similaire à la pré-féodalité carolingienne en Occident.
Phœnix, « le vieux meneur de chars », est également l'une des figures touchantes de l'Iliade. Achille l'appelle « mon bon vieux père » et lui témoigne respect et affection. De son côté, Phœnix se remémore avec émotion l'éducation du jeune Péléide :
- « Et c'est moi qui ainsi t'ai fait ce que tu es, Achille pareil aux dieux, en t'aimant de tout mon cœur. Aussi bien tu ne voulais pas toi-même de la compagnie d'un autre, qu'il s'agît ou de se rendre à un festin ou de manger à la maison : il fallait alors que je te prisse sur mes genoux, pour te couper ta viande, t'en gaver, t'approcher le vin des lèvres. Et que de fois tu as trempé le devant de ma tunique, en le recrachant, ce vin ! Les enfants donnent bien du mal. » 1
1. Les citations de l'Iliade sont issues de la traduction de Paul Mazon aux Belles Lettres, 1937–1938.
