Phylloxéra

Phylloxéra est un terme qui désigne d'une part un insecte homoptère, sorte de puceron ravageur de la vigne, et d'autre part la maladie de la vigne causée par cet insecte. Le phylloxéra, originaire de l'Est des États-Unis, a provoqué une grave crise du vignoble européen à partir de 1863. Il a fallu plus de 30 ans pour la surmonter, en utilisant des porte-greffes issus de plants américains, naturellement résistants au phylloxéra. Depuis la reconstitution du vignoble, ce ravageur n'a plus qu'une importance secondaire.

Nom scientifique : Dactylosphaera vitifoliae Fitch, famille des Phylloxéridées. L'insecte fut déterminé en 1868 par Planchon, qui lui avait alors donné le nom de Phylloxera vastatrix, parfois encore utilisé aujourd'hui.

Il existe également un phylloxéra du poirier, endémique au Portugal, qui est apparu en France pour la première fois en 1945.

Sommaire

Description

Le phylloxéra est un minuscule insecte piqueur inféodé à la vigne, apparenté aux pucerons, doté d'un remarquable polymorphisme :

Le cycle biologique du phylloxéra

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Le cycle du phylloxéra

Les insectes mâles et femelles s'accouplent à la fin de l'été. La femelle pond sur les souches un œuf unique appelé œuf d'hiver. Cet œuf, d'abord jaune, puis vert pendant la saison d'hiver, éclôt au printemps et donne naissance au phylloxéra aptère (ou sans ailes), qui est toujours une femelle. Dans la plupart des cas, ce phylloxéra aptère descend sur les racines de la vigne, aux dépens desquelles il vit, d'où son nom de phylloxéra radicicole ; mais il peut parfois aller sur les feuilles, faisant naître des galles (on parle alors de pylloxéra gallicole).

Le phylloxéra radicicole est jaune. Il est muni d'un suçoir qu'il enfonce dans la racine pour en absorber la sève. Il, ou plutôt elle, subit trois mues en une vingtaine de jours, avant de devenir adulte et de se mettre à pondre entre 40 et 100 œufs, donnant tous, eux aussi, naissance à des femelles. Ce cycle de vingt jours se reproduit à plusieurs reprises, donnant en tout cinq ou six générations.

En été, toutes ces femelles subissent une mue de plus et se transforment en nymphes, qui deviendront elles-mêmes des phylloxéras ailés. Ces phylloxéras ailés pondent à nouveau (sur les bourgeons et les feuilles des vignes), leurs œufs donnant cette fois-ci naissance à des mâles et à des femelles. Ces derniers ne vivent que quelques jours, juste le temps de s'accoupler et de produire l'œuf d'hiver évoqué plus haut.

Les dégâts causés à la vigne

L'infestation d'un cep de vigne par le phylloxéra entraîne sa mort en trois ans. Ce sont les générations radicicoles - qui vivent sur les racines - qui sont dangereuses. Leurs piqûres sur les jeunes racines provoquent la formation de tubérosités, qui, par la suite, s'infectent et précipitent la mort du pied. les générations gallicoles - qui vivent sur les feuilles sur lesquelles leurs piqûres provoquent la formation de galles - entraînent un jaunissement du feuillage, qui n'est pas mortel pour la plante.

Chronologie de l'invasion du phylloxéra en Europe et dans le Monde

Le phylloxéra s'est d'abord implanté en France. Les premiers foyers d'infestation qui apparaissent ici ou là sont dus à l'imprudence de pépiniéristes ou d'expérimentateurs ; puis l'infestation s'étend en tache d'huile plus ou moins vite selon la densité des vignobles et l'influence des vents dominants. Malgré les mesures imposées par les États pour contrôler les importations de ceps, le phylloxéra a progressivement infesté les vignobles du monde entier, n'épargnant que les vignobles plantés en terre sablonneuse, et les plants américains résistants.

Moyens de lutte utilisés

Viticulteurs et scientifiques se sont d'abord trouvés complètement désarmés devant les désastres occasionnés par l'insecte. L'expérience a rapidement prouvé que les vignes plantées en terrain sablonneux résistaient au phylloxéra, mais on pouvait difficilement envisager de transplanter tout le vignoble en terre sablonneuse. On a donc essayé, souvent de façon empirique, des traitements divers aux résultats plus ou moins heureux:

Cette dernière méthode était difficilement envisageable, car elle aurait conduit à la perte de tous les cépages français de qualité. Mais elle contenait en germe la bonne solution : utiliser les plants américains comme porte-greffes, technique toujours utilisée aujourd'hui pour se prémunir du phylloxéra.

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See also: Phylloxéra, 1854, 1863, 1945, Afrique du Sud, Algérie, Allemagne, Andalousie, Australie