Pierre Marie Auguste Broussonet
Pierre Marie Auguste Broussonet est un naturaliste français, né le 19 janvier 1761 à Montpellier et mort le 27 juillet 1807 dans cette même ville.
C’est sous l’influence de son père, François Broussonet (1722-1792), médecin et d’Antoine Gouan (1733-1821), naturaliste, que le jeune Pierre découvre et se passionne pour l’histoire naturelle.
Il obtient son titre de docteur en médecine à Montpellier en 1779. Il présente la même année son premier mémoire consacré aux poissons.
Il s'installe à Londres en 1780 et rencontre de nombreux scientifiques comme Sir Joseph Banks (1743-1820) qui l’accueille dans cette ville, mais aussi Johann Reinhold Forster (1729-1798), Daniel Solander (1733-1782), Alexander Dalrymple (1737-1808), Anders Sparrman (1748-1820), John Sibthorp (1758-1796) et James Edward Smith (1759-1828).
Grâce à l’intervention de Sir Banks, Broussonet devient membre de la Royal Society dès 1781. Il publie la première partie d'un travail sur les poissons, Ichthyologiae Decas I, basé sur des spécimens qui lui ont été communiqués par Sir Banks. Broussonet a pour ambition de décrire tous les poissons connus à son époque, soit 1 200 espèces. Seule cette première partie, dédiée à Banks, voit le jour.
Il revient à Paris en août 1782 et apporte un pied de Ginkgo biloba, le premier importé en France. Il herborise plusieurs mois dans le Midi de la France avec Sibthorp et en Catalogne avec l’abbé Pierre André Pourret (1754-1818).
Il s’installe à Paris où il se lie d’amitié avec René Desfontaines (1750-1831) et Charles Louis L'Héritier de Brutelle (1746-1800). Louis Jean-Marie Daubenton (1716-1800) fait appel à lui pour devenir son adjoint. Grâce à Daubenton, Broussonet est admis à l’Académie des sciences en 1785.
Aux côtés d’André Thouin (1746-1824), Louis-Augustin Bosc d’Antic (1759-1828), Aubin-Louis Millin de Grandmaison (1759-1818) et Pierre Willemet (1762-1824), il participe, en 1787, à la fondation de la première société linnéenne du monde, la Société linnéenne de Paris. Ils sont bientôt rejoints par d’autres naturalistes. Cette société est dissoute dès 1789.
Il devient le secrétaire perpétuel de la Société d'Agriculture et est élu, en 1789, à l'Assemblée nationale. Sous la Convention, il doit quitter Paris, et après un dangereux voyage, il gagne Madrid. Tous ses biens sont alors saisis car il est alors considéré comme un émigré. Mais la communauté des réfugiés français l'accueil assez mal et il doit partir à nouveau et, après être passé par Lisbonne, se rend au Maroc où il devient médecin à l'ambassade des États-Unis.
Il obtient, sous le Directoire, l'autorisation de revenir en France et, après avoir refusé un siège au nouvel Institut de France car il préfère rester près des siens, à Montpellier. Mais, encore inscrit sur la liste des émigrés, il ne peut exercer la médecine et sa situation est difficile. Il obtient enfin d’être rayé de cette liste en 1797 et alors nommé à un poste consulaire à Mogador (aujourd'hui Essaouira) au Maroc. Il fuit la ville alors ravagée par une épidémie de peste : les deux tiers des habitants succombent.
Il est envoyé alors à Ténériffe et y demeure jusqu’en 1803. Il finit par obtenir une chaire de botanique à Montpellier la même année. Outre l’enseignement de la botanique, il a en charge le Jardin botanique de la ville. Il fait paraître en 1805, le catalogue du jardin sous le titre d’Elenchus plantarum horti botanici monspeliensis. Il est à l'origine d'un véritable renouveau du Jardin des plantes de Montpellier où il fait construire une orangerie.
Charles Louis L'Héritier de Brutelle (1746-1800) lui dédie, en 1799, le genre Broussonetia de la famille des Moraceae.
