Pierre Mendès France


Pierre Mendès France, né à Paris le 11 janvier 1907, mort le 18 octobre 1982, était un homme d'État français.

Sommaire

Troisième République

1940-1945

Nommé au conseil d'administration de la banque mondiale et du Fonds monétaire international. Il représentera ensuite la France au Comité économique et social des Nations Unies (ECOSOC).

Quatrième République

À l'Assemblée nationale, il dénonce très vivement, à partir d'octobre 1950, l'engagement militaire français dans la guerre d'Indochine et devient l'un des principaux opposant au conflit. Président de la commission des finances à partir de 1953, les revers rencontrés par les forces françaises finissent par l'imposer comme l'un des recours possibles pour faire aboutir une résolution négociée du conflit.

Après une première tentative infructueuse pour former un gouvernement en 1953, il est finalement investi président du Conseil avec une forte majorité le 18 juin 1954, quelques semaines après la défaite française de Diên Biên Phu. Il dirigera le Gouvernement pendant à peine un peu plus de huit mois, mais son passage aux affaires sera l'un des temps forts de l'histoire institutionnelle de la IVème République.

En dehors d'Edgar Faure, ministre des Finances et numéro deux du gouvernement, son cabinet, qu'il forme sans négocier directement comme c'était l'usage avec l'état-major des partis politiques, comporte peu des poids lourds de la vie parlementaire sous la IVe République. C'est une équipe relativement jeune, resserée et technicienne. On y trouve des socialistes, comme Alain Savary ou Gaston Deferre, des MRP, des radicaux, quelques gaullistes dont Jacques Chaban-Delmas. François Mitterrand en est le ministre de l'Intérieur.

Dans son discours d'investiture, il se donne trente jours faire aboutir les négociations de paix sur l'Indochine. Installant la présidence du Conseil au Quai d'Orsay, il assume en même temps que la présidence du Gouvernement, la direction de la diplomatie et finalement aboutit le 20 juillet 1954 à la conclusion de l'accord de Genève qui met fin au conflit et reconnaît le partage du Vietnam en deux États, au niveau du 17e parallèle. Après le dénouement de la crise indochinoise, il engage des pourparlers qui prépareront l'émancipation de la Tunisie.

Sur le plan institutionnel sa politique se caractérise par un effort de rationalisation du régime parlementaire de la IVème République et par une tentative de rééquilibrage des institutions en faveur de l'exécutif. Refusant le principe de la double investiture par lequel le président du conseil pressenti se présentait deux fois devant la chambre, une fois seul, une fois avec son Gouvernement, il dénonce les marchandages auxquels cette pratique donne lieu et parvient à faire réviser la Constitution de 1946 pour entériner la fin de cet usage. Cette révision donne également l'occasion d'un assouplissement limité du droit de dissolution.

Largement préemptée par les problématiques internationales, son expérience gouvernementale n'a pas le temps de s'inscrire, sur le plan socio-économique, dans des réformes d'ampleur. L'opinion retient néanmoins sa politique de lutte contre l'alcoolisme qui se traduit à l'automne 1954 par une série de dispositions durcissant le régime fiscal des bouilleurs de crus.

Malgré l'hostilité déclarée d'une grande partie de l'hémicycle, il met aux voix, sans le soutenir pleinement, le projet de communauté européenne de défense. Cet échec, qui ouvre la voie au réarmement allemand dans le cadre de l'OTAN, lui vaut l'hostilité ouverte du MRP, très favorable à la construction européenne et prive son cabinet de la base parlementaire indispensable à sa survie au-delà du très court terme.

Son gouvernement est finalement renversé en le 5 février 1955 sur la question du statut de l'Algérie.

À nouveau ministre dans le gouvernement Guy Mollet, il démissionne pour cause de désaccord avec la politique menée en Algérie.

Opposé au projet de constitution élaboré par le gouvernement de Gaulle, il mène campagne pour le non au référendum du 28 septembre 1958, qui se soldera par l'adoption du projet et la rapide promulgation de la constitution du 4 octobre 1958.

Cinquième République

Battu aux élections législatives de novembre 1958, il rejoint alors le Parti socialiste autonome (PSA) qui fusionne dans le Parti socialiste unifié (PSU), et participe à la recomposition de la gauche socialiste. Il soutient la canditature de François Mitterrand à l'élection présidentielle de 1965 et redevient député en 1967.

Lors des événements de 1968, il apparaît dans l'agitation ambiante comme l'un des recours possibles en cas d'effondrement du régime. Son apparition lors d'un rassemblement public au Stade Charlety le 27 mai, lui sera par la suite beaucoup reprochée.

Battu aux élections législatives de 1968, il abandonne ses autres mandats.

Gravement malade après 1972, il prend ses distances avec la vie politique française et choisit d'œuvrer en faveur de la paix au Proche-Orient.

Jouissant d'une réelle popularité dans l'opinion, il fut l'un des premiers responsables publics français à intégrer les médias de masse dans sa stratégie de communication. Il bénéficia d'autre part d'efficaces soutiens, comme par exemple le magazine L'Express dirigé par Jean-Jacques Servan Schreiber. Ses origines juives, ses positions sur la décolonisation et sa politique de fiscalisation des bouilleurs de cru firent cependant de Pierre Mendès France l'une des cibles favorites, en utilisant par exemple son aspect de chien battu, de l'extrême droite et du mouvement poujadiste représentée à l'assemblée à partir de 1956 par Jean-Marie Le Pen.

De nombreux établissements scolaires et universitaires portent son nom (à Paris et Grenoble), ainsi que le lycée français de Tunis.

Pierre Mendès France a épousé Marie-Claire Mendès France en 1971 qu'il avait rencontré en 1955.

Bibliographie

Œuvres de Pierre Mendès France

Ouvrages en collaboration

Ouvrages consacrés à Pierre Mendès France

Thèses et mémoires

Françoise Chapron,Pierre Mendès France dans l’Eure, trente années de vie politique 1932-1962, Rouen, 1985

Autres ouvrages

Articles et communications

Pierre Rosanvallon « PMF et l'introduction des idees de keynes en France », conférence IPMF

Pierre Bérégovoy, « PMF et la démocratie économique et social », conférence IPMF Jacques Delors, « PMF, la monnaie et l’emploi », conférence IPMF

Michel Rocard, « L’exigence de Mendès », Le Nouvel observateur numéro spécial, 1992

Jacques de Larosière, « Un économiste de conviction », Le Nouvel observateur, 1992

Pierre Mendès France et la modernité, Matériaux pour l'histoire de notre temps, (2001-06/12)n°63/64, p.3-188

See also: Pierre Mendès France, 11 janvier, 13 mars, 18 juin, 18 octobre, 1907, 1926, 1928, 1932, 1935