Plan Biotox
Le plan Biotox est un plan d'urgence français, prévu pour être mis en œuvre en cas de dissémination d'un agent infectieux. Il peut s'agir d'un dispersion accidentelle dans un laboratoire de bactériologie ou de virologie, ou bien d'une dispersion volontaire et criminelle (attentat). Ce plan a été mis en place le 5 octobre 2001 par le ministre de la Santé Bernard Kouchner suite à la dispersion de la bacille du charbon (anthrax) par lettre aux États-Unis en 2001 (en octobre 2001, on comptait 14 cas d'infection dont cinq ayant développé la maladie).
Un plan de veille
Bien qu'on ne puisse l'exclure, la dispersion en masse d'agents infectieux (contamination de l'eau, de l'air) est peu probable : d'une part la culture d'agents infectieux nécessite un matériel et des compétences hors de portée des non-professionnels de la biologie, et d'autre part il est très difficile de concevoir un vecteur efficace. Par ailleurs, les effets d'une infection ne sont visible qu'après un temps d'incubation. Le scénario le plus probable donc plutôt une infection d'un petit nombre de personnes, qui peuvent par la suite propager la maladie, ou bien un acte de guerre (dispersion massive).
Dans le cadre de la paix civile, il ne s'agit donc pas de gérer un événement soudain et massif, mais plutôt de détecter au plus tôt une épidémie naissante et de savoir agir face à une suspicion de dispersion (par exemple lettre contenant une substance suspecte).
Il s'agit donc plutôt d'un plan de veille que d'un plan d'urgence. Il s'articule autour des points suivants :
- veille et alerte sanitaire
- surveillance des laboratoires suceptible de produire des agents infectieux ;
- surveillance des épidémies par l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) s'appuyant sur la déclaration obligatoire de certaines maladies par les médecins généralistes ;
- gestion de crise
- formation des personnels non-médecins intervenant en pré-hospitalier (sapeurs-pompiers, policiers)
- disponibilité en permanence de laboratoires (hospitaliers ou militaires) permettant d'analyser les prélèvements suspects ;
- établissement d'une organisation de gestion de crise, basée sur les établissements hospitaliers (qui gèrent déjà en permanence des agents infectieux et sont rompus aux mesures d'hygiène et d'isolement) ;
- disponibilité en permanence de produits d'urgence en nombre suffisant (vaccins, médicaments).
En cas de dispersion massive d'un agent infectieux, la partie opérationnelle relèvera d'un plan Piratox (protection des intervenants et décontamination des victimes).
Lien externe
- Biotox, le dossier du ministère de la Santé
- Si nous devons aller au charbon, un article du Généraliste (fichier PDF, 5p, 164 Ko)
