Planification
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Généralités
La planification est la programmation d'actions et d'opérations à mener
- dans un domaine précis,
- avec des objectifs précis,
- avec des moyens précis
- et sur une durée (et des étapes) précise(s).
Elle se traduit par un plan répondant de façon détaillée et concrète aux principaux aspects opérationnels du type QQOQCC : qui, quoi, où, quand, comment, combien.
Le plan peut faire partie d'une stratégie, celle-ci étant plus générale et permanente et moins détaillée. On parle toutefois de planification stratégique lorsqu'une stratégie est particulièrement concrète et précise.
La planification se retrouve en :
- stratégie militaire, ex: : plan de bataille, plan de débarquement,
- management, ex : plan marketing, plan informatique, plan d'affaire, plan de financement
- macroéconomie, ex : plan de développement, plan de redressement, plan d'austérité
- urbanisme, ex : plan d'urbanisation, schéma d'urbanisme
- et dans bien d'autres domaines d'activité (spectacle, sport, voyages ...)
De manière générale, une planification est faite pour anticiper les différentes actions liée à un projet.
Parmi les outils de planification on trouve la prévision, le budget, les scenarios (entre lesquels choisir), les probabilités, les solutions alternatives ou de repli (pour être préparé en cas d'obstacle lors de l'exécution du plan) etc.
Dimensions d'une Planification
La planification est la première étape de la roue de Deming. La planification est aussi inutile qu’indispensable :
- Elle permet de gérer des ressources limités
- Elle relève de la chance
- Elle nécessite une prioritisation des tâches
Une planification associée à un projet comporte quatre dimensions :
- Les ressources (les hommes - le « qui », le matériel, les moyens)
- La durée (le quand)
- La qualité (niveau de fiabilité du résultat fourni à la fin du projet)
- Le périmètre fonctionnel (ensemble de réalisations, le « quoi »)
Parfois, on trouve une cinquième dimension : le risque. Cependant, cette grandeur englobe
- soit l'origine d'une nouvelle fonctionnalité,
- soit une résultante de l'insuffisance des prévisions.
Aussi, lorsque cette dimension est prise en considération, c'est surtout pour les projets de grande envergure où la gestion du risque représente une tâche à part entière.
Techniques de planification
Tout le jeu d'une planification est d'optimiser ces quatre paramètres, sachant que
- les ressources sont limitées
- la durée doit être la plus courte possible
- le bénéficiaire du projet exigera toujours une qualité sans reproche
- le périmètre est parfois immuable
Restrictions
La réalisation d'une planification revient à faire passer un ballon dans un cercle de diamètre plus ou moins grand :
- si le cercle est trop lâche ou trop souple, le ballon aura tendance à gonfler
- si le cercle est trop petit, le ballon se déforme et ce sont les dimensions complémentaires qui sont modifiées
Aussi, il est accepté que le seul paramètre sur lequel il est raisonnable de jouer est le périmètre fonctionnel. Ainsi, dans un cas défavorable, le client n'aura pas tout, mais à défaut d'être satisfait, il ne sera pas mécontent !
Utilisation de fourchettes
Un planning est est composé de tâches (le périmètre fonctionnel). Cette décomposition peut être réalisée récursivement pour obtenir des sous-tâches, qui prises en comptes individuellement ont une durée de réalisation qui est connue ou envisageable. Pour garantir les risques de dépassement de planning, on va donner pour chacune de ces tâches
- une durée minimale (optimiste),
- une durée idéale,
- une durée défavorable.
Ainsi, la durée globale prévue par la planification sera délimitée temporellement par ces trois types d'estimations.
Heuristiques utilisées en Génie logiciel
- COCOMO
- Points de Fonctions
- Base de Connaissance constituée de métriques sur des développements antérieurs et similaires
Planification et Politique
La planification est une activité rationnelle, qui répond bien à l'idéal d'une parfaite coordination permettant la satisfaction de tous.
D'autre part, ses exigences en terme d'information (le planificateur doit littérallement tout connaitre) et de contrôle (une foit le plan conçu, il doit être suivi par tout le monde) correspondait bien aux idéologies centralisatrices, qu'il s'agisse du communisme ou de jacobinisme « à la française »
La méthode, initiallement militaire et industrielle, a donc été étendue à la société tout entière au cours du milieu de XXe siècle. à l'époque, les avantages « évidents » en terme de coordination et donc de réduction du gaspillage et des conflits faisaient penser que le modèle libéral était fini, que le modèle communiste l'emporterait.
Mais la réalité de la planification s'est avérée fort différente de son idéal conceptuel :
- l'échelon central n'a jamais les informations nécessaires,
- il a besoin de trop de temps pour les traiter (prendre les décisions, adapter le plan aux changement de contexte),
- il est incapable de produire un plan aussi complet que nécessaire,
- il doit prendre en compte des considérations de prestige, d'image, qu'il fait souvent passer avant les considérations d'efficacité,
- loin de résoudre les problèmes, le plan ne fait que les masquer et donc empêcher leur résolution,
- la révolution des technologies de l'information (transmission et traitement), n'a pas améliorer la situation du planificateur, elle l'a peut-être même fait empirer.
Au final, même sur le plan utilitariste, le modèle libéral s'est avéré à tous points de vue supérieur à la régulation administrative planifiée.
De ce fait, la planification économique a pratiquement disparu de l'imaginaire politique à la fin du XXe siècle. Les organes politique de la planification, il y a encore peu de temps au sommet de la hiérarchie administrative en France ou en URSS, sont descendu au rang de structures quasi superflues. La planification subsiste (heureusement !) à des niveaux infiniment plus modestes, plus ciblés, et plus conformes à ses capacités.
