Pourim
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Pourim, פורים en hébreu, est une fête juive qui commémore la délivrance des juifs du plan du ministre du roi Assuérus, Haman, qui voulait les exterminer, selon le livre biblique d'Esther.
D'après ce livre, la fête a été instituée fête nationale par les protagonistes du livre, Mardochée et Esther. Pourim est célébré annuellement durant le mois hébreu d'Adar (voir ci-dessous).
| Sommaire |
Histoire
Cela se passe à Suse, capitale perse, au temps du roi Assuérus. Dans un monde où Dieu semble être absent (Esther et le Cantique des cantiques sont les seuls livres de la Bible où le nom de Dieu n'est pas mentionné), les Judéens sont menacés d'extermination. Haman, descendant d'‘Amaleq, ministre du roi, a en effet convaincu celui-ci de faire publier un décret contre ce peuple pour se venger de Mardochée, le Juif qui refuse de se prosterner devant lui.
Mardochée, qui avait autrefois dénoncé des « gardiens du seuil » qui avaient comploté pour tuer le roi, a connaissance de ce sombre projet. Il prévient Esther, sa cousine dont il était le tuteur et qui avait été choisie par Assuérus pour remplacer Washti, la reine qui avait été répudiée. Esther demande à tout le peuple juif et à ses servantes de jeûner pendant 3 jours et de prier pour elle. Tandis que Mardochée parcoure la ville couvert de cendres, en signe de deuil, pour rassembler le peuple juif.
Esther va donc au-devant du roi, au péril de sa vie, dévoile son identité de Juive. Elle démasque le tyran. Le roi autorise les Juifs à se défendre contre les attaques (mais il ne pouvait éditer un nouveau décret afin d'annuler cette extermination car les décrets du roi ne peuvent jamais être annulés). Haman est pendu à la potence qu'il avait préparée pour Mardochée.
Mardochée est nommé premier ministre.
Généralités
Comme Hanoucca, la fête de Pourim est classée parmi les fêtes moins importantes que celles qui sont prévues dans la Bible. Les transactions et le travail manuel sont autorisés pendant Pourim, bien que, dans certains cas, des restrictions soient prescites pour le travail (Shulkhan Arukh, Orah Hayyim, 696).
Pourim a, de tout temps, été populaire dans la communauté juive ; certains ont soutenu que, même après la venue du Messie, le livre d'Esther sera encore rappelé et que la fête de Pourim continuera à être observée (Talmud Yerushalmi, ä de mégohm i.; Maimonides, « Yad, » Megillah).
La célébration annuelle de la fête par les juifs « jour du festoiement et de la joie », a lieu le 14 ou le 15 Adar (en février ou mars selon les années) selon que la ville était ou non fortifiée au temps de cette histoire. Si aucun service religieux n'est prescrit à Pourim, les juifs doivent envoyer des cadeaux comestibles à au moins trois amis et des dons aux pauvres.
Une prière particulière doit être intercalées dans les prières de ce jour de fête.
Lecture de la Meguilah
La première cérémonie religieuse prescrite pour la célébration de Pourim est la lecture du livre d'Esther dans la synagogue. C'est une pratique que le Talmud (à partir de mégohm) confie aux « hommes du grand synode », dont il est dit que Mardochée a été membre.
À l'origine, cette règle n'était prescrite que pour le 14 Adar. Plus tard, cependant, R. Joshua ben Levi (cent 3d.) prescrivit une autre lecture de la Meguilah, la veille de Pourim. Les femmes ont également l'obligation d'écouter la lecture de la Meguilah puisque ce fut par l'intermédiaire d'une femme, la reine Esther, que la delivrance miraculeuse des Juifs a été accomplie.
Au temps de la Mishnah, la récitation d'une bénédiction avant la lecture de la Meguilah n'est pas encore une prescription établie. Le Talmud (postérieur à la Mishnah), quant à lui, prescrit la récitation de trois bénédictions avant et une après la lecture. Le Talmud a ajouté d'autres dispositions. Par exemple, le lecteur doit prononcer les noms des dix fils d'Haman (Esth. IX 7-10) en un souffle, pour indiquer leur mort simultanée. L'assemblée doit réciter à haute voix, avec le lecteur, les versets II. 5, VIII. 15-16, et X. 3, qui racontent l'origine de Mardochée et son élévation.
La psalmodie de la Megillah est différente de celle de la lecture usuelle de la Torah. Quelques versets, cependant, ne sont pas chantés, mais lus comme une lettre, en raison du statut de « ‘iggeret » (épître) qui est appliqué (Esth. ix 26, 29) au livre d'Esther. Il est d'usage depuis l'époque des Gueonim (ère médiévale) de dérouler entièrement le texte de la Megillah avant sa lecture, afin de lui donner l'aspect d'une épître.
La loi juive, permet la lecture de la Meguilah dans n'importe quelle langue intelligible par l'assistance. La Mishnah (traité 30b) recommande d'autre part de lire, le shabbat précédant la fête, le passage de l'Exode (Ex. XVII. 8-16) qui relate comment ‘Amaleq, l'ancêtre de Haman, est venu attaquer les Juifs.
Pourim est à l'origine de beaucoup de compositions religieuses, dont certaines ont été incorporées à la liturgie, ainsi que d'un grand nombre d'hymnes chantés durant le service public mais aussi de bien d'autres écritures (drames, jeux, « pourimspiel » etc.) destinés à l'édification générale, en hébreu et dans d'autres langues.
Coutumes et traditions
Le livre d'Esther prescrit « l'envoi de cadeaux les uns aux autres, et de dons aux pauvres ». Cet aspect est l'un des usages principaux de la célébration de Pourim. Dans la synagogue, des quêtes régulières sont faites pendant la fête dont l'argent est distribué aux nécessiteux, quelle que soit leur origine : ainsi il est prescrit de donner même un non-juif. Le plus pauvre juif, même s'il dépend lui-même de la charité, doit donner - au moins à deux personnes.
Il est usuel de placer une boîte de charité dans le vestibule de la synagogue.
Il est prescrit de préparer un repas de fête, appelé la Seoudat Pourim, l'après midi du 14 Adar, avant la tombée de la nuit.
Les Juifs ont créé des pâtisseries spéciales pour ces jours de fête : des gâteaux aux formes spéciales qui ont été appelés de noms ayant une symbolique portant sur les événements historiques de Pourim. Ainsi les juifs d'Allemagne mangent des « Hamantaschen » et des « Hamanohren » (en l'Italie, « orrechi d'Aman »), « Kreppchen », « Kindchen », etc.
Le Talmud (mégohm 7b) recommande de boire pendant Pourim jusqu'à ce qu'on ne puisse plus distinguer « maudit soit Haman » de « béni soit Mordekhaï » (l'hébreu permet ce jeu de mots). Il ne s'agit pas de rouler sous la table mais d'atteindre un niveau qui fait comprendre des notions au-delà de leur simple énonciation.
« Pendant Pourim tout est permis », même certaines transgressions d'une loi biblique, telle que l'interdition (Deut. XXII. 5) pour un homme de porter des vêtements de femme et vice versa. Il est de tradition de chanter sur des airs inhabituels les prières, toujours de manière délibérément pleine d'humour.
Un jeûne est prescrit la veille de Pourim, en souvenir de celui qu'avaient observé d'Esther, ses suivantes et le peuple juif.
Le déguisement
La coutume du déguisement pendant Pourim est apparue en Italie vers la fin du quinzième siècle sous l'influence du carnaval romain.
Elle a été instaurée car, dans le miracle de Pourim, Dieu n'agit pas directement. Tout est fait de façon invraisemblable et cachée.
Cette coutume s'est ensuite répandue dans tous les pays où les juifs ont vécu, excepté peut-être en Orient.
Le premier parmi les auteurs juifs à mentionner cette coutume est Judah Minz (d. 1508 à Venise) dans son Responsa, numéro 17, cité par Mosheh Isserles dans son livre « Orah Hayyim », 696:8. Il y exprime l'opinion que, puisque le but du déguisement permet d'être joyeux, il ne devrait pas être considéré comme une transgression de la loi biblique. Cette opinion plus souple a prévalu sur d'autres qui tendaient à la restreindre. La coutume est encore pratiquée aujourd'hui parmi les juifs pratiquants de toutes les origines et parmi les pratiquants et les non-pratiquants israéliens. En Israël il y a des défilés de Pourim.
Les chants
Des chansons de Pourim ont été introduites dans les synagogues. Pour les enfants, certains passages du livre d'Esther sont chantés dans les chœurs de Pourim.
Le bruit dans la synagogue
À Pourim, il est permis d'exprimer beaucoup de joie, même entre les murs de la synagogue elle-même. Ainsi les sifflements bruyants, les percutions et les cliquetis, à la mention du nom d'Haman ou de ses fils, ou encore les sifflements à celui de Mardochée ponctuent la lecture de la Meguilah.
Ce sont des rabbins français et allemands du treizième siècle, qui ont initié cette coutume. Ils se sont basés sur un passage du Midrash qui, d'après le verset « tâche ne pas commémorer la mémoire d'‘Amaleq » (Deut. XXV. 19), a permis d'écrire le nom de Haman, le descendant d'‘Amaleq, sur deux pierres lisses et de les frapper ou de les frotter constamment jusqu'à ce que le nom en soit effacé.
Aujourd'hui, il subsiste la pratique de frapper ses pieds ou d'agiter une crécelle-- appelée « gregar » (= poli, « grzégarz ») quand le nom d'Haman est prononcé. Cette coutume, maintenant presque universelle, perdure malgré l'opinion de quelques rabbins qui ont protesté contre ces excès, car ils considèrent qu'elle perturbe la lecture publique.
