Première croisade
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Prémices
En 1078, les Turcs Seldjoukides délogent de Jérusalem les Arabes Abbassides qui y étaient installés depuis 637. Une période de libre accès à Jérusalem par les pèlerins chrétiens se termine alors. Dans le même temps, vaincus à la bataille de Malazgerd en 1071, les Byzantins voient les Turcs s'établir à Nicée en 1078 et y fonder un royaume en 1081.
Le 27 novembre 1095, au 10e jour du concile de Clermont, le pape Urbain II lance un appel à la Chrétienté pour porter secours à l'empereur byzantin Alexis Ier contre les Seldjoukides et au-delà de délivrer Jérusalem. Il désigne Adhémar de Monteil, évêque du Puy, pour diriger cette croisade.
La croisade populaire
Le petit peuple réagit en grand nombre, notamment à l'appel de Pierre l'Ermite qui l'a prêchée en Berry, en Orléanais, à Poissy où Gautier-sans-Avoir le rejoint, en Champagne et en Lorraine. Le 12 avril 1096 c'est avec quelque 15 000 pèlerins que Pierre l'Ermite et Gautier-sans-Avoir parviennent à Cologne.
Gautier, emmenant une majorité de Français, quitte le premier Cologne et gagne la Hongrie où le roi Coloman lui accorde libre passage. À Semlin, dernière place hongroise avant le territoire byzantin, des incidents avec les hongrois se soldent par le dépouillement de 16 traînards. Arrivant à Nish le 18 août, Gautier continue sa route via Sofia, Philippopoli et Andrinople jusqu'à Constantinople qu'il atteint le 20 juillet sous escorte byzantine.
Les troupes de Pierre l'Ermite atteignant à leur tour Semlin, prennent la ville d'assaut et y massacrent 4 000 hongrois.
- D'après Albert d'Aix ils auraient agi ainsi après avoir vu les armes et les vêtements des éléments de la bande de Gautier suspendus aux remparts.
Pour faire bonne mesure ils investissent ensuite et pillent Belgrade, désertée de ses habitants en territoire byzantin sur l'autre rive de la Save. Tentant de renouveler leurs exploits à Nish, ils sont mis au pas par le gouverneur Nikétas qui ne leur permet de continuer leur chemin qu'à la condition expresse de ne s'arrêter désormais plus de 3 jours devant une ville.
Cette troupe se présente finalement devant Constantinople le 1er août 1096.
L'empereur Alexis Ier conseille dans un premier temps à ces pèlerins d'attendre les barons, mais devant leurs excès, il les fait traverser le Bosphore le 6 août et leur assigne la place forte de Kibotos (Civetot).
En septembre ils razzient les environs de Nicée et une bande, dirigée par un noble italien du nom de Renaud s'empare du château de Xerigordon. Le 29 septembre un contingent envoyé par Kilij Arslan reprend la place forte.
Le 21 octobre, las d'attendre, ils se remettent en mouvement vers Nicée. Ils sont exterminés en route, Gautier-sans-Avoir, le comte de Tubingen et Gautier de Teck perdant la vie dans ce combat. Sur 25 000 hommes, seuls 3 000 parviennent à regagner l'empire byzantin. Ils s'amalgament à la croisade des barons, donnant les terribles tafurs.
Les croisades « allemandes »
Parallèlement à la croisade de Pierre l'Ermite d'autres bandes s'illustrent par de plus grands désordres encore. Ce sont les bandes de Volkmar/Folkmar, Gottschalk et d' Emich de Leisingen (Lein?ingen).
- Folkmar avec environ 12 000 hommes passe par la Saxe et la Bohême, massacrant des Juifs à Ratisbonne et à Prague avant d'être dispersés en Hongrie.
- Le prêtre allemand Gottschalk regroupe une bande de 15 000 hommes et se rend en Hongrie où ses croisés commettent différents méfaits avant d'être massacrés ou capturés par les Hongrois.
- Emich de Leisingen, enfin, chevalier-brigand du Rhin, se livre à de véritables pogroms dans les villes qu'il traverse durant le mois de mai : Metz, Spire, Trèves, Worms, Mayence et Cologne. Loin d'être désorganisée, sa troupe où figurent de nombreux seigneurs (Guillaume Charpentier, vicomte de Melun et Gâtinais, Clarembaud de Vendeuil, Thomas de Marle, Drogon de Nesles) accomplit ses méfaits par pur antisémitisme. S'étant vu refuser l'entrée en Hongrie, la horde entreprend le siège de Wieselburg où elle est écrasée par les Hongrois. Emich réussit à s'enfuir et regagner son pays tandis que Thomas, Clarembaud et Guillaume le Charpentier rejoignent Hugues de Vermandois.
La croisade des barons
Si les souverains ne répondent pas à l'appel du pape, de grands féodaux le font :
- Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, qui en 1087 a participé à la Reconquista ;
- Bohémond de Tarente et son neveu Tancrède de Hauteville de la famille des princes normands d'Italie
- Hugues le Grand, comtes de Vermandois, frère du roi de France Philippe Ier
- Robert Courteheuse, duc de Normandie
- Robert, comte de Flandre
- Godefroy de Bouillon, duc de Basse-Lorraine et son frère Baudouin de Boulogne et leur cousin Baudouin du Bourg
- Étienne II, comte de Blois
Quatre armées se constituent par des regroupements régionaux :
- Les Lorrains menés par Godefroy de Bouillon et Baudouin de Boulogne qui traversent l'Allemagne et les Balkans
- Les Normands d'Italie conduits par Bohémond de Tarente et Tancrède de Hauteville, débarquant en Épire
- Les Méridionaux autour de Raymond de Saint-Gilles, par l'Italie du Nord, la Serbie et la Macédoine
- Les Français dont Hugues le Grand, Robert Courteheuse, Robert de Flandre
L'un des premiers à répondre à l'appel d'Urbain II, en 1095, Godefroy de Bouillon devient aussi l'un des principaux chefs de la première croisade. Parti de Vézelay avec une suite nombreuse, il passe par Ratisbonne, Vienne, Belgrade et Sofia, arrive à Constantinople le 23 décembre 1096, et se heurte aussitôt à Alexis Ier (Comnène). Les Méridionaux se présentent devant Constantinople en avril 1097.
Alexis Ier se méprend des intentions des Croisés, qu'il croit venus offrir leurs services à son empire pour récupérer ses terres - à l'instar de ces troupes scandinaves, qui depuis plusieurs siècles se mettaient à son service. Il exige donc un serment de fidélité et la promesse de restituer à l'empire byzantin les terres qui lui ont appartenu.
S'estimant féal sujet et homme lige du seul empereur germanique, Godefroy de Bouillon refuse tout d'abord de prêter le serment d'allégeance exigé par le basileus de tous les chefs croisés. Il sacrifie enfin ses principes à l'esprit de croisade et prête à contrecœur le serment requis. Il s'engage ainsi à remettre au basileus tous les territoires ayant appartenu à l'empire byzantin qu'il pourrait enlever à l'Islam. Triomphant et magnanime, Alexis Comnène témoigne de sa satisfaction en le comblant de somptueux cadeaux : chevaux de prix et vêtements de parade, tissus précieux et coffrets remplis de besants d'or.
Après la réunion des quatre armées, les croisés avec des troupes byzantines se dirigent vers Nicée qui est assiégée à partir de mai 1097. Cependant, lorsque la ville est sur le point d'être prise, le 16 juin, les turcs font le choix de se rendre aux Byzantins et les croisés sont surpris, sinon déçus, de voir soudain le drapeau byzantin flotter sur la ville qu'ils s'apprêtaient d'attaquer.
Les croisés reprennent leur route vers la Terre Sainte. De son côté Kilidj Arslan bat le rappel des Turcs Seldjoukides et attaque par surprise les croisés à la bataille de Dorylée, le 1er juillet 1097.
Après la prise d'Antioche, lassé de la querelle interminable qui oppose Bohémond de Tarente et Raymond de Saint-Gilles, Godefroy se retire temporairement chez son frère Baudouin à Édesse, d'où il rejoint les Croisés lorsqu'ils reprennent enfin la route pour Jérusalem.
Voir aussi
Sources
- Anne Comnène, l'Alexiade
- Foucher de Chartres, Historia Hierosolymitana
- sources arabes sur les croisades
Liens externes
- La première croisade sur le site de l'Université de Sherbrooke]
- Index des noms importants pour la première croisade
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Voir aussi Reconquista |
