Prévention routière
La prévention routière, ou sécurité routière, est l'ensemble des mesures visant à éviter les accidents de la circulation (prévention du risque - Cyndinique), ou à atténuer leurs conséquences (prévision).
La Prévention routière est également une association française, voire l'article Prévention routière (association).
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Conséquences des accidents
En France, les accidents de la route font environ 7 000 morts par an et plus de 100 000 blessés. En 2001, ils ont représenté 61,2 % des accidents du travail mortels (accidents de parcours compris), avec 836 accidents, selon les données de la Caisse nationale d'assurance maladie [1].
Selon une étude étatsunienne, les accidents automobiles constituent la principale cause de décès fœtaux par traumatisme chez la femme enceinte. [2].
Pour les conséquences corporelles, voir l'article Traumatologie routière.
Un domaine pluridisciplinaire
Un accident fait intervenir plusieurs facteurs :
- les infrastructures dont la chaussée (route), son état, la signalisation ;
- le comportement du conducteur : l'accident fait toujours intervenir une négligence ou une fatigue humaine, un comportement à risque, voir l'article Premiers secours : prévention ;
- le véhicule, son état, ses dispositifs de sécurité ;
- la gestion de l'accident, les secours publics, l'action des témoins.
Sécurité routière
En France le gouvernement a créé une structure interministérielle, la Sécurité routière, faisant le lien entre :
- le ministère de l'Intérieur, pour le volet contrôle et coercition (Police nationale) et le volet secours routiers (sapeurs-pompiers) ;
- le ministère de l'Équipement et des transports (DDE), pour la conception et l'entretien des infrastructures publiques (éclairage, signalisation au sol, panneaux, séparation des voies...), les examens du permis de conduire ;
- les sociétés chargées de l'entretien des autoroutes.
Cause des accidents
- Substances influençant le comportement
- Certaines substances, notamment l'alcool, les drogues (dont le cannabis) et certain médicaments, influencent le comportement, en ralentissant les réflexes, en diminuant la vigilance (risque de somnolence) voire en faussant le jugement.
- L'alcool est responsable de nombreux accidents.
- Fatigue, baisse de vigilance et somnolence
- En France, la somnolence est responsable d'un accident sur cinq sur route, et de un sur trois sur autoroute [3]. On constate une baisse de vigilance environ toutes les heures et demi ou toutes les deux heures, avec un picd'accident àquatre heures du matin et un autre entre treize et seize heures [4].
- Voir aussi Chronobiologie.
- Vitesse
- La vitesse joue un rôle aggravant en cas d'accident, mais est aussi en soi une des causes d'acident : lorsque l'on roule plus vite, on a
- moins de temps pour réagir face à un obstacle, un événement inattendu ;
- un risque de perte d'adhérence plus important, notamment en cas de coup de volant (l'accélération en virage augmente selon le carré de la vitesse, cf. Cinématique > Mouvement circulaire)
- un allongement de la distance de freinage.
Ainsi, un événement banal à basse vitesse peut devenir un accident à vitesse élevée. Ceci a été corroboré par denombreuses études, et notamment la baisse spectaculaire des accidents en France en 2002 lors de la mise en place des radars automatiques.
- Les infrastructures routières
- Des infrastructures routières mal adaptées (zones dangereuses non balisées, intersections sans visibilité…) peuvent générer des accidents.
Organes de sécurité d'une voiture
La voiture prévoit de nombreux dispositifs de sécurité, permettant d'éviter l'accident (sécurité active) ou de diminuer les conséquences de l'accident (sécurité passive).
Certains dispositifs de sécurité sont plus des options commerciales que des réelles avancées. Ainsi, les coussins gonflables à explosif (Airbag®) sont systématiquement associés à un prétensionneur de ceinture qui améliore le couplage du passager avec le siège ; si le passager est plaqué au dossier, on peut se demander quel est l'utilité du coussin, les études comparant le taux de survie par rapport à une voiture avec ceinture seule, mais pas par rapport à une voiture avec prétensioneur seul.
Sécurité active
- voir : projecteurs avant (phares) à utiliser la nuit, rétroviseurs à utiliser avant tout ralentissement et changement de direction, en faisant attention aux angles morts ;
- être vu : feux de position avant (lanternes) et arrière (feux rouges), clignotants et feux de détresse (warning), feux stop ;
- maîtrise du véhicule : pneus et freins en bon état
Dispositifs optionnels
- ABS : système anti-blocage des roues, il permet de garder le contrôle de la direction tout en freinant ; contrairement à une idée répandue, il ne diminue pas la distance de freinage ;
- feu de recul, troisième feu stop ;
Sécurité passive
- ceinture de sécurité trois points, la ceinture passant sur le bassin (crêtes iliaques) et le baudrier passant sur la clavicule ; en cas de choc, elle permet d'éviter de percuter l'habitacle et d'être éjecté ;
- siège bien fixé au sol ;
- colonne de direction télescopique, empêchant le volant de percuter le thorax du conducteur en cas de choc frontal ;
- zone de déformation avant (compartiment moteur) et arrière (coffre) permettant d'absorber les choc ; la tôle se plie en des points prédéterminés ce qui évite des blessures (par exemple décapitation par le capot)
- habitacle peu déformable, arceaux de sécurité pour les voitures décapotables, assurant une zone de survie ;
Dispositifs optionnels
- appui-tête bien réglé ;
- prétensionneur de ceinture ;
- coussin gonflable à explosif Airbag ;
Sécurité des travailleurs
De nombreux personnels travaillent sur la route : service de voirie, ramassage des ordures, ouvriers des travaux publics, police, sapeurs-pompiers... La sécurité de ces personnels passe essentiellement par une signalisation.
Lorsqu'il s'agit d'un chantier prévisible, il peut être mis en place une restriction de la circulation avec une limitation de vitesse provisoire ; en France, cela passe par un arrêté municipal ou préfectoral.
Lorsque ce chantier est fixe, on utilise :
- une présignalisation à distance, en général sous la forme d'un panneau indiquant les travaux ; ce panneau est situé à environ 50m en ville et à environ 200m sur autoroute ;
- une signalisation de proximité, sous la forme de cônes de Lübeck (cônes orange et blancs) ou de barrière déviant la circulation.
Lorsque le chantier est mobile (par exemple ramassage d'ordures), le véhicule est signalisé par des gyrophares ou des feux à éclat (flash) oranges.
Les personnels doivent eux-même porter une tenue à haute visibilité. Dans l'Union européenne, ces tenues sont définies par la norme EN 471, qui comprend trois classes :
- classe I (voie privative) : 0,14 m² de surface fluorescente (soit 14 dm² ou 1 400 cm², en général jaune ou orange fluo) et 0,10 m² de surface rétro-réfléchissante (soit 10 dm² ou 1 000 cm², en général sous la forme d'une bande de 2,5 cm de haut) ;
- classe II (voie publique) : 0,50 m² de surface fluo et 0,13 m² de surface rétro-réfléchissante ;
- classe III (voies express et autoroutes) : 0,80 m² de surface fluo et 0,20 m² de surface rétro-réfléchissante (en général sous la forme de bandes de 5 cm de haut).
Mesures prise pour réduire les accidents et leurs conséquences
Efficacité des mesures
En France entre 1973 et 2002, le nombre d'accident et de victimes a été divisé par deux alors que la circulation routière a été multiplié par 2,5.
Historique des mesures prises en France
Les grandes étapes de la réglementation:
- 1893 : certificat de capacité pour la conduite des véhicules
- 1899 : premières limitations de vitesse; 30km/h en rase campagne et 20km/h en agglomération
- 1917 : création des premières auto-écoles
- 1921 : instauration du code de la route
- 1922 : le certificat de capacité pour la conduite des véhicule prend le nom de permis de conduire
- 1954 : la limitation de vitesse en agglomération est de 60km/h
- 1958 : sanction de la conduite en état d'ivresse
- 1959 : obligation de souscrire à une assurance de responsabilité civile pour les véhicules terrestres à moteurs
- 1969 : La vitesse est limité à 90km/h pendant un an pour les nouveaux titulaires du permis de conduire
- 1970 : Loi fixant le seuils du taux d'alcool dans le sang (alcoolémie) des conducteurs: 0,80g/l de sang pour une contravention et 1,20g/l pour un délit
- 1974 : nouvelles limitations de vitesse: 90km/h sur route 110km/h sur voies express à 2×2 voies 130km/h sur autoroutes
- 1975 : première loi sur le port de la ceinture: obligatoire pour les passagers avant, en agglomération la nuit de 22h à 6h et en permanence sur les voies rapides urbaines
- 1976 : port du casque obligatoire hors agglomération pour les usagers de cyclomoteur
- 1978 : organisation d'opérations de dépistage pour la conduite en état d'ivresse
- 1982 : décret sur la conduite sur route mouillée limitant la vitesse à 80km/ sur route, 100km/h sur voies express et 110km/h sur autoroute.
- 1983 : le seuil du délit d'alcoolémie passe de 1,2g/l à 0,80g/l
- 1986 : contrôle technique obligatoire
- 1988 : mise en place de l'AAC (apprentissage anticipé de la conduite) appelé aussi conduite accompagnée
- 1989 : limitation de la vitesse en agglomération à 50km/h
- 1990 : ceinture obligatoire pour tous les passagers
- 1992 : entrée en vigueur du permis à points
- 1996 : mise en place du BSR (brevet de sécurité routière)
- 2002 : le BSR est obligatoire pour conduire un cyclomoteur
- 2003 : radar automatique
- 2004 : entrée en vigueur du permis probatoire
- 2005 : instauration d'un certificat médical d'aptitude à la conduite
Liste de catastrophes routières
- 11 juillet 1978 : A Los Alfaques (Espagne), un camion chargé de 45 m³ de propylène liquéfié sous pression, quitte la route et termine sa course dans un camping après avoir heurté un édifice. Le gaz libéré, très inflammable, explose comme une boule de feu faisant 215 morts et plus de 200 blessés.
- juillet 1982 : carambolage sur l'autoroute A6 au niveau de Beaune impliquant un car transportant des enfants, 53 morts.
- 10 novembre 1993 : carambolage sur l'autoroute A10 au niveau du pont de Mirambeau (Charente-Maritime), fait 15 morts et 53 blessés.
- 24 mars 1999 : l'embrasement d'un semi-remorque dans le tunnel du Mont-Blanc fait 39 morts.
- 24 octobre 2001 : dans le tunnel routier du saint-Gothard (Suisse), une collision entre deux camions provoque un incendie qui fait 9 morts.
Voir aussi
Liens externes
- Sécurité routière, organisme interministériel
- Prévention routière (association)
- Jamanga.com, le CyberVillage de la route
- Crash-test.org
- Insécurité routière, rapport de l'Institut français de l'environnement (Ifen)
- Automobile-club médical de France (ACMF)
- Association La Route des Jeunes, créée par les jeunes pour les jeunes
Liens internes
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