Printemps berbère
Le Printemps berbère désigne l'ensemble des manifestations réclamant l'officialisation de la langue tamazight et la reconnaissance de l'identité berbère en Algérie à partir de mars 1980 en Kabylie et à Alger. Il s'agit du premier mouvement populaire d'opposition aux autorités depuis l'indépendance du pays en 1962.
Les événements
Le 10 mars 1980, les responsables du Centre universitaire de Tizi Ouzou annulent une conférence de l'écrivain Mouloud Mammeri sur la poésie berbère. Dès le lendemain plusieurs manifestations réclament la liberté d'expression et la reconnaissance de la culture et de la langue berbère à l'époque interdites. D'abord universitaire, le mouvement gagne à partir du 16 avril, les autres villes de Kabylie et les différentes couches de la population. Le mouvement a aussi touché la Petite Kabylie et Alger.
La reprise en main par les autorités est violente : le 23 avril, l'université de Tizi Ouzou est prise d'assaut par les forces de l'ordre au cours de l'opération Mizrana.
Les conséquences
Politiquement, le Printemps berbère est le premier mouvement populaire spontané. Il ouvre la voie à une remise en cause du régime algérien. Ces émeutes préfigurent celle de Constantine en 1986 et d'Alger en 1988. Sur le plan social, le mouvement traduit l'émergence d'une génération d'intellectuels engagés dans le combat démocratique (Tahar Djaout, Ferhat...). Sur le plan culturel, le Printemps berbère le tabou linguistique et culturel : il est la traduction d'une remise en cause de l'arabisation intensive de l'administration au détriment du berbère. Cette prise de conscience identitaire a également touché le Maroc où ces événements sont commémorés chaque année chez les étudiants berbérophones.
