Prison

simple:Prison
Image manquante
PrisonOnLatinamerica.PNG
Prison en Amérique Latine

Une prison est un lieu de détention. C'est une des peines qui peut être infligée aux individus qui ne respectent pas les normes de la société (dans la plupart des pays ces normes sont définies par les lois).

Sommaire

Les buts

Les buts des prisons varient selon les époques et surtout les sociétés. La plupart du temps il s'agit :

Autrefois la prison servait également à enfermer les malades mentaux de manière à les isoler de la société. Depuis, la majorité des pays disposent d'hôpitaux psychiatriques. Mais les prisons contiennent une population relativement importante de personnes ayant des troubles mentaux.

On attribue principalement sept principes à la prison :

Le rôle des prisons à travers l'Histoire

Le rôle de la prison a plus ou moins changé à travers l'Histoire. D'un outil de pression politique, il est devenu dans certains pays (principalement les démocraties) un outil ayant pour objectif de protéger la société de ses éléments dangereux et de les réinsérer. Dans les faits, la réinsertion est rarement pleinement atteinte.

Michel Foucault dans son ouvrage Surveiller et punir indique que l'utilisation comme peine sanctionnant la délinquance est un phénomène récent qui s'est réellement institué au cours du XIXe siècle. Alors qu'avant la prison ne servait qu'à retenir les prisonniers dans l'attente d'une véritable peine (supplice exécution ou bannissement). Les prisonniers étaient retenus dans un même espace avec leurs affaires personnelles et devaient payer leur nourriture. La désorganisation était telle que les suspects d'une même affaire pouvaient facilement s'entendre sur une version des faits avant leur procès. L'exercice de la justice de l'époque était une chose publique. En montrant les suppliciés à la foule et en tenant des exécutions publiques, le roi faisait la démonstration de sa toute puissance.

Michel Foucault cite le grand renfermement ou encore la nef des fous comme exemples particuliers de privation de liberté antérieurs à l'époque moderne. Contrairement à la prison qui établit une peine à la mesure de la faute, il s'agissait de phénomènes d'exclusion où les populations déviantes (délinquants, fous, malades, orphelins, vagabonds, prostituées...) étaient enfermées pêle-mêle en dehors du regard des honnêtes gens sans autre ambition que de les faire disparaître.

L'émergence de la prison s'est faite avec une mise au secret du traitement de la délinquance. Les exécutions publiques se sont tenues dans des lieux de plus en plus discrets jusqu'à être totalement retirées à la vue de la foule. Les supplices considérés comme barbares devaient être remplacés par autre chose. Foucault indique que le choix de la prison était plutôt un choix par défaut, à une époque où la problématique était encore très majoritairement de punir le délinquant, la privation de liberté était la technique coercitive la plus évidente et la moins barbare qui pouvait être imaginée. Il affirme que dès le début l'efficacité de la prison a été remise en cause.

La prison a immédiatement évolué, elle est devenu ce que Foucault nomme une institution disciplinaire. Son organisation visant un contrôle total du prisonnier par une surveillance discrète de tous les instants. Il a trouvé dans l'idée du panoptique de Jeremy Bentham la parfaite illustration de la nouvelle technique carcérale.

Les ambitions pour la prison ont évolué avec le temps. Peu a peu l'idée que le prisonnier devait réparer le mal qu'il avait fait à la société a fait jour dans les esprits. L'emprisonnement devait donc s'accompagner de travail, le délinquant payait en prison une dette, non pas à ses victimes mais à la société toute entière que son comportement avait lésé. Après avoir fait son temps et payé sa dette le délinquant pouvait ressortir blanchi pour prendre un nouveau départ. Là encore l'application de cet idéal n'a pas été considérée comme une réussite.

Une quatrième vision de la prison comme lieu de rééducation est enfin apparue. La prison avait alors l'ambition de changer les délinquants pour les adapter à la vie normale en société. L'idée forte est celle du redressement, de donner une forme adéquate à des délinquants qui auraient poussé de travers.

La prison d'aujourd'hui est un héritage de ces idéaux qui ne s'excluent pas, la prison se justifie plus ou moins en fonction des lieux et des périodes en fonction de ces quatre idéaux de l'enfermement.

Les aspects juridiques

Aujourd'hui, dans la majorité des pays, la seule autorité pouvant mettre en prison une personne est la Justice.

Prison et droits de l'homme

Les quatre droits fondamentaux de l'homme étant la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression, le premier de ces droits est - par nature même - suspendu pendant la durée d'une peine carcérale.

Les peines de substitution

Les conditions de vie dans les prisons sont loin d'être idéales. La privation de liberté est durement ressentie par les prisonniers, et dans certains cas la prison peut risquer de nuire à la réinsertion d'un condamné. Pour cette raison, la majorité des démocraties prévoient les condamnations à des peines de substitution comme :

Critiques et oppositions à la prison

La prison est régulièrement critiquée pour différentes raisons. Il est important de séparer les différents mouvements contestataire.

La vie dans les prisons

Pour ses conditions de vie très dures, parfois inhumaine, ainsi que pour le manque de moyens donné à l'institution carcérale tant au niveau du personnel que du matériel. Des associations comme l'Observatoire international des prisons (OIP) luttent pour l'humanisation des conditions de détention (voir Georg Kirchheimer et Georg Rusche sur la notion de less eligibility dans leur livre Peine et structure sociale. Cette notion explique pourquoi les conditions dans les prisons s'améliorent, mais restent toujours inférieures au niveau de vie des plus pauvres ouvriers) et pour la normalisation du système pénitentiaire (extension de la sphère judiciaire dans le monde carcéral).

Les critiques et opposants à la prison citent souvent une phrase célèbre d'Albert Camus: On juge le degré d'humanité d'une société à l'état de ses prisons.

Abolitionnisme

On nomme abolitionnisme le fait de s'opposer au principe même de la prison.

Arguments pro-abolitionnisme

Les abolitionnistes contestent trois points :

Une partie du mouvement abolitionniste appuie sa critique sur une vision révolutionnaire. Selon cette conception marxiste ou libertaire, la prison défendrait les intérêts économiques et politiques des classes supérieures. Leurs trois principales observations (Loïc Wacquant, Thomas Mathiesen, etc.) sont les suivantes :

Cependant, le mouvement abolitionniste n'est pas uniquement d'extrême-gauche. Il peut également être d'inspiration religieuse (notamment catholique), où l'abolition est liée à la disparition du crime.

Arguments anti-abolitionnisme

Les six mêmes points peuvent être considérés sous un autre angle :

Les trois autres arguments peuvent être dénoncés comme de l'ordre du sophisme :

État des lieux

La lutte pour l'abolition des prisons a été très forte en France à la fin des années 1970, avec la création par des intellectuels (Michel Foucault, Pierre Vidal-Naquet, etc.) du Groupe information prisons (GIP), puis du Comité d'action des prisonniers (CAP) par des détenus et des ex-détenus.

Les mutins

Aujourd'hui, les idées abolitionnistes sont défendues surtout dans des mouvements de prisonniers, des mutineries et les textes de revendication qui sont alors publiées (voir notamment Daniel Koehl Révolte à perpétuité sur la mutinerie de Saint Maur).

La prison dans le monde

Prisons célèbres

France

États-Unis

Irak

Rome Antique

Royaume-Uni

Bibliographie

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

See also: Prison, Albert Camus, Alcatraz, Ambition, Anarchisme, Années 1970, Bagne, Bastille (Paris), Catholique