Procédé Cibachrome
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Le procédé Cibachrome est un procédé de tirage couleur depuis inversible (ou « diapositive » couleur). Il s'agit donc d'un procédé de tirage positif vers positif, contrairement au tranfert internégatif ou aux procédés additifs de « Type R » parfois utilisés par les laboratoires pour le tirage depuis diapositives.
Les tirages Cibachromes s'effectuent sur une base de polyester tri-acétate stable, donc à strictement parler une base plastique et non papier. Les pigments colorés sont inclus dans cette base et sont sélectivement blanchis durant le traitement, ce qui est l'opposé des procédés additifs pour lesquels les pigments sont contenus dans la chimie du traitement. Non-exposé, le « papier » Cibachrome est brun fonçé. Plus l'exposition dure, plus l'épreuve après traitement sera claire, ce qui est anti-intuitif pour les opérateurs habitués à au tirage noir et blanc.
Les pigments utilisés, appelés Azo, présentent une saturation des couleurs importante et sont proches chromatiquement des Cyan, Jaune et Magenta de référence. Les tirages Cibachrome sont réputés pour leurs qualités d'archivage, et leur résistance aux attaques du soleil.
Les blancs des épreuves Cibachromes sont également réputés pour leur pureté, c'est-à-dire pour l'absence de cet aspect « sale » des zones blanches qu'on observe parfois sur les tirages couleurs depuis négatif.
Enfin, on vante l'acutance des épeuves Cibachrome, qui ne seraient pas sujettes à la dispertion de la lumière qui affecte les épreuves depuis négatif couleur.
Le processus de tirage Cibachrome commercialisé pour les laboratoires amateurs (P30) comprend cinq phases:
- le développement par un révélateur noir et blanc conventionnel,
- un premier rinçage à l'eau,
- le blanchiment par bain d'acide pour enlever les pigments ou agents colorants non exposés,
- le fixage de l'épreuve
- le lavage de l'épreuve à l'eau, généralement court à cause du support tri-acétate et non papier.
Les procédés P3 et P3X conçus pour les machines automatiques avec entretien des laboratoires professionnels nécessitent des bains de lavage intermédiaires en supplément. Le procédé P4 Ilfochrome Rapid est quant à lui conçu pour des temps sec-à-sec réduits, toujours pour une utilisation professionnelle, mais il ne s'agit plus de Cibachrome (bien qu'il s'agisse toujours d'un procédé par décoloration).
Le papier Cibachrome peut être mate ou brillant. Il comprend 9 couches en partant de la base:
- support
- papier RC polyester tri-acétate
- couche d'émultion sensible au rouge avec colorant cyan
- couche d'émultion sensible au rouge sans colorant
- intercouche de gélatine
- couche d'émultion sensible au vert avec colorant magenta
- couche d'émultion sensible au vert sans colorant
- couche intermédiaire de masque
- couche d'émultion sensible au bleu avec colorant jaune
- couche d'émultion sensible au bleu sans colorant
- vernis/glacage
Les procédés de tirage couleur par detruction de pigments, également désignés comme « procédés par décoloration » ou « par blanchiment », datent du début du XXe siècle, avec le procédé Utocolor du Dr J.H.Smith introduit en 1906 à Zurich, puis le procédé Gasparcolor de Bela Gaspar en 1933. Cette technique est donc plus ancienne que les techniques à couplage de colorants de Type C ou de Type R, également appelées techniques chromogéniques, qui datent de 1936.
Le Cibachrome, commercialisé depuis 1963, est le dernier représentant de cette tradition. Il a été lancé par Ilford en partenariat avec la firme suisse Ciba-Geigy Photochemie. Ilford et Ciba-Geigy produisaient chacun leur propre procédé avant ce rapprochement. Après le rachat d'Ilford par l'américain International Paper, Ciba-Geigy a demandé à ce que le procédé auquel elle ne prenait plus part change de nom. Cibachrome est donc devenu Ilfochrome Classic...bien que la plupart des utilisateurs emploient encore le nom Cibachrome ou Ciba.
