Produit phytosanitaire
Un produit phytosanitaire est un produit contenant une ou plusieurs substances chimiques ou micro-organismes, destiné à protéger ou améliorer la production agricole, ainsi qu'à l'entretien des zones non cultivées.
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Il est utilisé notamment pour :
- protéger les végétaux contre les organismes nuisibles (animaux, végétaux, bactéries),
- détruire les végétaux ou des parties de végétaux jugés indésirables,
- limiter la croissance des végétaux (par exemple pour lutter contre la verse),
- assurer la conservation des graines et des fruits.
L'expression « produit phytosanitaire » est couramment employée dans un sens proche de produit phytopharmaceutique, défini par la règlementation communautaire, ou de produit antiparasitaire contre les ennemis des cultures défini par la règlementation française, ou encore de pesticide.
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Types de produits phytosanitaires
On parle de :
- phytocides, herbicides, désherbants ou débroussaillants pour la destruction de plantes indésirables (aussi appelées mauvaises herbes ou adventices),
- fongicides pour l'inhibition ou la prévention du développement des champignons (exemple, les QoI),
- insecticides pour la destruction ou la prévention du développement des insectes,
- acaricides contre les acariens,
- substances de croissance, comme les régulateurs de croissance pour la prévention de la croissance excessive d'une plante (lutte contre la verse chez le blé), les anti-germinants, les produits favorisant la résistance des plantes, le bouturage, la mise en fruit...
- molluscicides contre les limaces, les escargots,
- nématicides contre les nématodes,
- rodenticides contre les rongeurs (ragondins, campagnols, rats, souris, surmulots...),
- taupicides contre les taupes,
- corvicides et corvifuges contre les corbeaux,
- répulsifs contre le gibier et les oiseaux,
- anti-russetings contre la rugosité des pommes.
Le terme de produit phytosanitaire exclut les substances nutritives du type engrais, sauf quand il s'agit de mélanges d'engrais et de produits phytosanitaires.
Utilisation de produits phytosanitaires
L'application des produits phytosanitaires peut présenter des risques pour l'utilisateur, lequel doit respecter un certain nombre de règles de précaution, telles que :
- prendre connaissance des risques toxicologiques et des conseils de prudence mentionnés sur l'étiquette,
- se protéger les mains, le visage, porter un masque, si recommandé,
- éviter de boire, manger ou fumer pendant l'application (risque d'ingestion, d'inflammation),
- éviter de mélanger plusieurs produits,
- éviter de changer les produits d'emballage,
- respecter les conditions et les restrictions d'emploi mentionnés sur l'étiquette.
Les produits phytosanitaires peuvent avoir des conséquences dommageables sur le manipulateur et l'environnement. Une façon de limiter les risques est :
- de supprimer les traitements inutiles (les traitements de précaution favorisant l'apparition de résistance au produit)
- de prendre en compte les conditions climatiques (perte par diffusion en cas de vent, perte par lessivage en cas de pluie...)
- de respecter les conseils d'application (période d'application, doses, délai avant récolte...)
- d'éviter de traiter près des points d'eau pour éviter la pollution des nappes
- de ne pas traiter pendant la floraison (protection des abeilles et autres insectes pollinisateurs, voir Gaucho)
- d'enterrer les semences traitées (limitation des risques d'empoisonnement des oiseaux et animaux sauvages)
- de raisonner les traitements en fonction des cycles de développement et des niveaux d'infestation des parasites (respect des insectes utiles)
- d'apporter les emballages vers un site agréé. (limitation des décharges sauvages et tri des déchets)
La France consomme aujourd'hui 100 000 tonnes de produits phytosanitaires, ce qui la place au deuxième rang des utilisateurs mondiaux derrière les États-Unis.
Homologation d'un produit phytosanitaire
Le produit phytosanitaire est généralement mis au point par les firmes agro-pharmaceutiques.
Dans la majorité des pays, sa mise en vente et son utilisation sont soumises à une autorisation préalable (l'homologation ou autorisation de mise sur la marché) de l'autorité nationale compétente (en France le Comité d'homologation des produits antiparasitaires, et en Belgique le Comité d'agréation).
Pour être homologué, un produit doit suivre un parcours visant à démontrer l'innocuité (absence de toxicité) du produit pour :
- les utilisateurs (exemple, l'agriculteur utilisant le produit)
- les consommateurs
- l'environnement
Après dépôt par une firme d'une demande d'homologation pour une spécialité commerciale, sont établies :
- un dossier biologique visant à déterminer la sélectivité pour la culture et l'efficacité agronomique, ainsi que son absence d'effets secondaires inacceptables sur les produits végétaux, les produits transformés, les productions voisines et suivantes, et la faune auxiliaire.
- un dossier toxicologique, visant à valider son innocuité sur la santé humaine.
- un dossier écotoxicologique, relatif aux impacts sur l'environnement.
Par exemple, une partie des tests concerne la toxicité aiguë (effet d'une absorption unique et massive) ou la toxicité chronique (effet d'une absorption régulière de petites doses), l'apparition de mutations, formation de tumeur (effet cancérogénique) malformation dans la descendance (effet teratogénique)...
Les effets sur l'environnement sont étudiés par l'analyse de leur influence sur les poissons, les oiseaux, les insectes, les microorganismes, mais aussi le processus de dégradation du produit dans l'air, l'eau et le sol.
Le produit est soit autorisé, soit reporté, soit refusé. Le produit autorisé l'est pour un ou plusieurs usages précis, définis par une plante cible (par exemple une culture de blé), un parasite cible (le puceron) et un type de traitement (des parties aériennes par exemple).
Phytosanitaires ôtés du marché et controverses
En dépit du processus long et complexe des homologations, certains produits autorisés il y a quelques années sont à présent interdits en raison de leur dangerosité démontrée ultérieurement (pollution rémanente des eaux, apparition de résistance de souches, influence métabolique à long terme...).
En France, à la fin de l'année 2003, de nombreux produits phytosanitaires jusqu'alors autorisés (donc considérés efficaces et non-toxiques) ont été ajouté à la liste des produits interdits (remise en cause de la toxicité). Voir la liste [1]. L'utilisation de produits phytosanitaires retirés du marché est interdite et soumise à contrôles. La loi française prévoit des sanctions pénales qui peuvent dépasser les 30 000 euros et aller jusqu'à six mois d'emprisonnement.
Le cas de l'atrazine
Un exemple typique de changement de classification est celui de l'atrazine, utilisé massivement en France et dans de nombreux autres pays comme un herbicide d'une grande efficacité pour le désherbage du mais. Le gaucho (et avec, toute la famille des triazines) est a présent reconnue comme à l'origine de pollutions majeures des nappes souterraines et des eaux de surfaces qui sont polluées à 50 % en France (par rapport aux normes édictées pour les triazines). Par exemple, en Bretagne, comme dans le Sud-Ouest et l'Île-de-France, il est courant de trouver, dans des prélèvements d'eau potable, des taux de triazine dix fois plus élevés que le seuil autorisé de 0,1 microgramme par litre.
Jusqu'en 2002, la famille des triazines était le produit phytosanitaire le plus employé en France, utilisée à 80 % en termes de surface par les producteurs de maïs conventionnel. Elle avait été introduite en 1962 et était caractérisée par une excellente efficacité et un faible coût.
En raison de sa toxicité et de sa pollution rémanente dans les eaux (molécule très peu biodégradable), l'atrazine et la famille des triazines) a été bannie en Allemagne et en France en 2001 (mise en application en juin 2003 pour la France) après des années d'utilisation (1962-2003).
Ce revirement pourrait être lié à une prise de conscience progressive de la dangerosité de certains produits phytosanitaire, ou éventuellement par les deux condamnations de la France par le Tribunal européen pour avoir manqué à ses obligations en matière de qualité de l'eau. De nombreux autres produits sont en discussion, tel l'arsénite de soude (produit cancérigène très utilisé en viticulture). Le programme européen global de réforme écologique de l'agriculture prévoit d'interdire d'ici 2008 près de 400 produits jugés dangereux pour la santé de l'homme qui avaient été cependant agréés par la directive de 1991. [2]
Le Gaucho
Un exemple de cas très débattu au début du XXIe siècle est celui du Gaucho, accusé par les apiculteurs d'être à l'origine de la diminution importante de certaines populations insectes (abeille). Voir l'article sur le Gaucho pour plus d'information.
Le DDT
Voir DDT.
Normes et qualité
Les produits apparaissant sur le marché au début du XXI siècle sont moins persistants que leurs prédécesseurs, et sont utilisés à des doses parfois très faibles (0,6 mg de matière active/m² pour une sulfonylurée utilisée pour le désherbage du blé).
En Europe, la qualité des eaux destinées à la consommation humaine autorise une concentration maximale de produits phytosanitaires (insecticides, fongicides, herbicides) de 0,1 microgramme/l par substance ou de 0,5 microgrammes/l pour toutes substances (directive européenne 80/778/CEE, décret du 3 janvier 1989).
Voir aussi
- autorisation d'un produit phytopharmaceutique
- défense des cultures
- pathologie végétale
- pesticide
- pollution de l'eau par les produits phytosanitaires
- produits phytopharmaceutiques
- produit antiparasitaire contre les ennemis des cultures
- substance active d'un produit phytopharmaceutique
