Publication assistée par ordinateur
La publication assistée par ordinateur, communément abrégée PAO, est l’ensemble des procédés informatiques (micro-ordinateur, logiciels, périphériques d’acquisition, d’écriture...) permettant de fabriquer des documents destinés à l’impression.
C’est l’évolution logique et historique de la typographie puis de la photocomposition.
L’expression PAO semble avoir été utilisée pour la première fois par un spécialiste nommé Maurice Girod vers 1975, dans une conversation avec le designer Adrian Frutiger (concepteur de la police Univers), par analogie avec la CAO (conception assistée par ordinateur). Le terme fut controversé quelque temps, car il ne s’agit plus dans ce cas seulement d’assistance, mais bien de la production elle-même. Le sigle PPO (production de publication par ordinateur) ne bénéficiait toutefois pas de l’aura technologique qui entourait le sigle CAO, et PAO fut donc préféré pour des raisons de marketing.
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Historique
La typographie classique devenant onéreuse, et la photocomposition d’usage complexe, l’avènement de l’informatique a permis de créer, dès la fin des années 1960, des systèmes dédiés à la composition électronique des textes. Ces systèmes étaient encombrants et coûteux, ce qui les destinait uniquement à des milieux professionnels. De plus, l’usage de la codification de la photocomposition continuait à demander une formation de plusieurs mois, même si l’ordinateur se chargeait d’une partie du travail.
Le texte marqué
Dans le monde des mainframes (gros ordinateurs, du moins gros pour l’époque), la tendance était au texte marqué : Charles Golfarb avait inventé le generalized markup language (GML) permettant de décrire la nature d’un passage (titre, citation, exemple, intitulé de chapitre ou de section, etc.) sans faire d’hypothèse à ce stade sur sa présentation, la traduction de cette indication en ordres de composition en fonction du contexte étant du ressort d’un fichier annexe, modifiable à volonté, qui se nommait le profile (prologue file).
Grâce à ce procédé :
- un même arsenal pouvait rédiger une documentation unique pour les armées de terre, de mer et de l’air (qui avaient bien entendu des normes de présentation différentes), cette documentation se traduisant par les bonnes présentation pour chaque arme au moyen de trois fichiers profile réalisés une fois pour toutes,
- si la norme était modifiée, une simple correction correspondante du fichier profile permettait d’imprimer immédiatement un exemplaire de la documentation à la nouvelle normes, ce qui se traduisait par des millions d’économie,
- Airbus industries pouvait récupérer pour sa documentation de maintenance celle des turboréacteurs de la Snecma, par exemple, équipant ses avions, le fichier profile d’Airbus (qui n’était pas celui de la Snecma) garantissant la présentation de ce fichier aux normes Airbus.
Goldfarb, ayant quitté IBM, formalisa ensuite son GML en SGML, qui eut deux retombées directes :
- Le HTML utilisé pour le Web (mais qui s’écartait un peu du principe des marques purement descriptives)
- Le XML utilisé aujourd’hui dans les communications intermachines, mais aussi pour la rédaction de documentations internationales
L’INRIA fut l’un des premiers organismes à mettre sur la marché un éditeur SGML, nommé GRIF et d’ergonomie très similaire à Word 2 pour Windows. La suite Open Office sauvegarde ses documents préférentiellement dans un format XML (sxw).
L’éditeur O’Reilly édite aujourd’hui tous ses ouvrages à partir de sources en texte marqué.
Le Wysiwyg
Au début des années 1980 sont apparus les premiers PC mettant ainsi à la portée de presque tous la puissance de gros systèmes, et de nouveaux logiciels de publication assistée par ordinateur entrèrent dans les ateliers de photocomposition. C’est ainsi qu’est arrivé le premier logiciel de mise en pages Ventura Publisher qui a été à l’époque considéré comme le meilleur des logiciels, même après les premières versions d’Aldus Pagemaker puis de QuarkXPress.
- L’inconvénient de ces logiciels est qu’ils marquaient en quelque sorte une régression par rapport au principe du texte marqué. En particulier, les mises à jour automatiques ne se faisaient plus : tout redevenait manuel, bien qu’assisté par des commandes puissantes comme Rechercher/Remplacer.
- En contrepartie, confort considérable, ces logiciels étaient wysiwyg (« what you see is what you get », parfois traduit comme « tel écran, tel écrit »), ce qui permettait d’affecter à leur usage du personnel n’ayant pas besoin de faire un aussi grand effort d’abstraction (et donc moins coûteux pour l’entreprise). Les deux systèmes coexistèrent tant bien que mal dans les entreprises, la part du texte marqué se rétrécissant de plus en plus aux documentations lourdes, où un autre logiciel combinant les avantages du wysiwyg et du texte marqué commença à le grignoter un peu plus : Framemaker.
Parallèlement à ces logiciels de mise en page, d’autres logiciels, plus dédiés au graphisme, sont arrivés : MacPaint et MacDraw, très rudimentaires, puis Adobe avec Illustrator 88 et Photoshop 2. D’autres logiciels, tels CorelDraw, Aldus FreeHand entre autres, existaient également.
Le temps ayant fait son œuvre, certains logiciels ont disparu, d’autres ont été rachetés par certaines grosses sociétés (Adobe a racheté PageMaker, Macromedia a récupéré FreeHand, Ventura Publisher, acquis de Xerox par Corel a été rebaptisé Corel Ventura) et les professionnels ont fait leur choix.
Aujourd’hui, les logiciels les plus répandus dans la profession sont, pour la mise en pages, QuarkXPress en Europe occidentale alors que les américains et les japonais lui préfèrent PageMaker, pour le graphisme, le couple Adobe Photoshop et Adobe Illustrator. Cette dernière société tente de faire le forcing avec son dernier-né, InDesign, qui s’inspire beaucoup plus de la philosophie de QuarkXPress que son challenger PageMaker, lui-aussi édité par Adobe, mais d’origine Aldus.
Dans l’environnement Linux, le logiciel Scribus commence à se faire une place.
Pour l'imposition, il existe deux solutions déjà fort répandues : le logiciel Preps édité par ScenicSoft, et le logiciel DynaStrip, d'origine canadienne.
Les principaux logiciels de PAO
La composition et la mise en pages des textes et images se font principalement à l'aide de logiciels professionnels tournant indifféremment sur PC ou sur Macintosh :
Mise en pages
Logiciels propriétaires
- QuarkXpress, en versions 5 et 6 (pour MacOS X) (Mac/Win).
- Adobe InDesign, en version 3 (Mac/Win).
- Adobe PageMaker, en version 7 (Mac/Win).
- Adobe FrameMaker (documents techniques) (Mac/Win/Linux).
Logiciels libres
- Passepartout, un logiciel complet de pre-presse. (X11)
- Scribus, en version 1.2, qui se veut le clone de QuarkXpress (Linux).
- LyX (surcouche graphique wysiwyg de TeX) (Linux).
Dessin vectoriel
Le dessin vectoriel est assuré principalement par trois ténors du marché :
- Adobe Illustrator, en version 10 (Mac/Win).
- CorelDraw (Mac/Win).
- Macromedia FreeHand (Mac/Win).
Des alternatives libres existent :
- Sketch (Linux).
- Karbon14 (Linux). S'est successivement appelé Killustrator puis Kontour avant de devenir Karbon14.
- Module de dessin vectoriel d'OpenOffice.org (Mac/Win/Linux).
- Xfig (Linux).
- Sodipodi (travaille en SVG, mais permet l’exportation et l’inclusion de bitmap).
- Inkscape est un fork de Sodipodi.
- Dia plus orienté vers la création de schémas.
Dessin bitmap
Logiciels de retouche d'images bitmap couleurs :
- Adobe Photoshop, en version 7. (Mac/Win).
- Corel Painter (plus orienté peinture) (Mac/Win)
- Corel PhotoPaint (Mac/Win/Linux)
- Photogenics (Amiga/Linux/Win)
- The GIMP (UNIX/Win)
- Cinepaint dérivé de GIMP, travaille jusqu'à 24 bits (float) par couleur, principalement développé et utilisé par l'industrie du film d'Hollywood pour retoucher des séquences d'images (Unix/Mac/Win).
En dehors de ces principaux logiciels, il en existe beaucoup d'autres, de facture plus ou moins professionnelle.
Les formats de fichiers
Il existe aujourd'hui une multitude de formats de fichiers, que ce soit pour le texte aussi bien que pour l'image. Le monde graphique en utilise certains, nous allons en détailler les principaux en tentant de mettre en avant leurs avantages et inconvénients.
Formats de description de pages
Les formats interplates-formes
- HTML (HyperText Markup Language) plutôt orienté visualisation web.
- MathML (Mathematic Markup Language) un sous-format de XML orienté vers les mathématiques.
- PostScript Format d’impression utilisé par un grand nombre d’imprimantes;
- PCL Format inspiré de postscript d’HP.
- PDF (Portable Description Format) ;
- Tiff/IT (fichier dit sécurisé).
- SVG (Scalable Vector Graphic), un sous format de XML, permettant aussi bien le dessin vectoriel que l’animation, ou les formulaires.
- TeX Un des plus anciens, et certainement toujours le plus précis, utilisé par la majorité des mathématiciens. Il y a des produits dérivés spécialisé dans différents domaines comme MusiTeX pour les partitions de solfège.
- XML (eXtensible Markup Language) et DocBook orientés PAO
Les formats propriétaires
- QXD (QuarkXPress) ;
- AI (Adobe Illustrator) ;
- PMn (Adobe PageMaker) ;
- indd (Adobe InDesign).
Formats de description d’images
vectoriel
- EPS (Encapsuled PostScript) ;
- EPSF (Encapsuled PostScript File) ;
- SVG (Scalable Vector Graphic) ;
- SWF (Macromedia flash)
bitmap
- TIFF (Tag Image File Format) ;
- JPEG (Joint Photographic Expert Group) ;
- JPEG2000 (JPEG 2) ;
- GIF (Graphics Interchange Format) ;
- CT (Scitex Continuous Tone) ;
- PNG (Portable Network Graphics) ;
- PSD (Photoshop Document) ;
- XCF (The GIMP) ;
- XPM (X Window Pixmap).
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