Racisme
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Le racisme est un ensemble de théories et de croyances qui établissent l'existence de races dans l'espèce humaine et les hiérarchisent entre les ethnies ; et plus particulièrement une doctrine politique préconisant la domination d'une race (dite pure et supérieure) sur les autres, et la soumission des intérêts des individus à ceux de la race.
Cependant, le sens le plus courant désigne l'attitude de mépris et d'hostilité, pouvant aller jusqu'à la violence, envers des individus appartenant à une race, à une ethnie 1 différentes. Ces réactions, conscientes ou non, sont supposées s'accorder avec une théorie raciste, en considérant telle catégorie de personnes comme inférieure.
Le « racisme », tant dans le sens de théorie que dans le sens d'attitude, est considéré comme socialement inacceptable depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, quelqu'en soient ses manifestations.
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1.1 Historique 1.3 Le racisme aux États-Unis |
Histoire du racisme
Historique
Le racisme idéologique a au cours de l'Histoire justifié de nombreux massacres et traitements discriminatoires :
- Esclavage dans l'Antiquité, jusqu'à la diffusion large du christianisme, et dans l'ensemble des colonies occidentales jusqu'au XIXe siècle, et encore de nos jours (Soudan ...).
- Nazisme : Le nazisme est une théorie en partie raciste prônant l'extermination entres autres des juifs et des tziganes, ne descendant soi-disant pas des aryens à l'inverse des peuples germaniques. La mise en application de cette doctrine par le IIIème Reich allemand a provoqué la mort de 6 millions de personnes juives. (voir article détaillé [shoah]])
- Apartheid en Afrique du Sud
- Ségrégation des Noirs aux États-Unis (jusqu'au XXe siècle)
- Les épurations ethniques modernes (Nigeria, Biafra, Kosovo, Rwanda)
- Conflit du Darfour, au Soudan
Les précurseur du racisme
Antérieurement au racisme européen des siècles derniers,d'autres théories utilisent la notion de transmission héréditaire pour justifier des discriminations. Parmi celles-ci :
Les distinctions entre classes sociales
- L'hindouisme : qui fonctionne selon un système de castes héréditaires absolument imperméables, l'appartenance à une caste fixant les droits de chacun. Ainsi les personnes naissant hors-castes nommées les Intouchables ne disposent d'aucun droit et sont donc traités de façon humiliante.
- La société d'Ancien Régime valable en France jusqu'en 1789 reprenait un concept similaire, les droits de chacun dépendant de l'hérédité. Ainsi les membres du Tiers-Etat, originellement constitué uniquement de paysans, ne pouvait prétendre aux hautes fonctions politiques, religieuses, et militaires dévolues aux nobles bien que certains d'entre eux, les bourgeois est obtenu au fil des siècles un niveau de vie et d'instruction comparable à celui des aristocrates. Cependant ce système ne reposant pas sur une justification religieuse l'anoblissement était possible.
L'esclavagisme antique
Les systèmes économiques de la Grèce et de la Rome antique reposaient essentiellement sur la posssesion d'esclaves qui formaient une main-d'oeuvre gratuite enrichissant considérablement les citoyens au point qu'il passait la majeure partie de leur temps à ne pas travailler. L'inégalité était d'autant plus forte entre citoyens libres et esclaves que ces derniers était considérés comme de simple bien que l'on pouvait donc vendre, « détruire », et utiliser comme l'on veut.
Le racisme aux États-Unis
Dans un discours télévisé prononcé en 1963, le président américain John Fitzgerald Kennedy aborde de front la question de la discrimination raciale aux États-Unis.
« Le bébé noir qui naît aujourd'hui en Amérique, qu'elle que soit la région du pays dans laquelle il voit le jour, a environ la moitié des chances de terminer ses études secondaire dont bénéficie un bébé blanc, né au même endroit le même jour ; le tiers de ses chances de terminer ses études universitaires ; le tiers de ses chances d'exercer une profession libérale ; deux fois plus de chances de se retrouver au chômage ; un septième environ de ses chances de gagner 10 000 dollars par année. Son espérance de vie est plus courte de sept ans et il doit envisager la perspective de gagner deux fois moins.
C'est essientiellement à un problème moral que nous avons à faire face. Il est aussi ancien que les Écritures et aussi clair que la constitution des Étas-Unis. Le cœur du sujet est de savoir si tous les Américains doivent se voir octroyer des droits égaux et des chances égales, si nous voulons traiter nos concitoyens comme nous voulons être traités. Si un Américain, parce que sa peau est sombre, ne peut déjeuner dans un restaurant ouvert au public, s'il ne peut envoyer ses enfants dans la meilleur école publique, s'il ne peut voter pour les hommes qui le représentent, si, en bref, il ne peut jouir de la vie pleine et libre que nous voulons tous, alors qui donc, parmi nous, accepterait de changer de couleur de peau et de prendre sa place ? Qui donc, parmi nous, accepterait les conseils de patience et de temporisation ? Cent ans se sont écoulés depuis que le président Lincoln a affranchi les esclaves ; pourtant, leurs descendants, leurs petit-fils, ne sont pas encore libres. Ils ne sont pas encore libérés des entraves de l'injustice. Ils ne sont pas encore libérés de l'oppression économique et sociale, et notre pays, en dépit de tout ce qu'il espère et de tout ce dont il se targue, ne sera pas complètement libre tant que tous ses citoyens ne seront pas libres.
Nous prêchons la liberté daet nous sommes sincères, et nous la chérissons la liberté dont nous jouissons ici, mais dirons-nous au monde, et, ce qui est beaucoup plus important, nous dirons-nous les uns aux autres que ce pays est celui des hommes libres à l'exception des noirs ? Que nous n'avons pas de citoyens de seconde classe à l'exceptions des Noirs? Que nous n'avons pas de système de classes ou de castes, que nous n'avons pas de ghetto, pas de race supérieure, excepté en ce qui concerne les noirs ? »
le racisme en France
Etabli dans le but d'éviter les abus liés à l'escavage, le Code Noir établi par Colbert n'en a pas moins institutionalisé le racisme justifiant la mise en esclavage des déportés africains sur les colonies des Antilles et de la Guyane francaise. Aboli par la constituante en 1794, rétabli par Napoléon 1er en 1802, l'esclavage est resté en vigueur en France jusqu'en 1848.
Notons que dans les trois derniers cas il s'agit de classes sociales ; passer de l'une à l'autre est difficile.
Le racisme scientifique
Le racisme est généralement assimilé à une idéologie se fondant sur l'hypothèse scientifique erroné du racialisme qui classifie les être humains d'après leurs différences morphologiques en application une méthode apparentée à celle de la zoologie pour justifier la mise en place de législations ségrégationnistes et la discrimination politique.
Racisme scientifique du XIXe siècle
- Historiquement, cette considération a été liée au droit (et même au « devoir », selon Jules Ferry) pour une race supérieure d'en dominer au moins temporairement une ou plusieurs autres, notamment dans un cadre colonial.
- Le comte Joseph-Arthur de Gobineau fait publier en 1853-1855, L'Essai sur l'inégalité des races humaines. Il apparaît comme la théorisation d'idées racistes prégnantes dans la France du XIXe siècle. Dès le premier chapitre, il écrit : « Toute civilisation découle de la race blanche, aucune ne peut exister sans le concours de cette race ». À l'école d'anthropologie de Paris, on pèse les cerveaux pour classer les individus dans une hiérarchie des races. Dans le dictionnaire Larousse de 1866, l'article « Nègre » affirme que le cerveau des Noirs est moins volumineux que celui des Blancs. Ce racisme violent a justifié les exactions de l'armée coloniale française.
Soulignons qu'indépendamment de toute comparaison de la valeur de ces races, le racisme a également désigné le droit pour un groupe de pratiquer un eugénisme visant à se « protéger » contre les conséquences supposées néfastes pour les générations futures d'un métissage.
perception du racisme scientifique au XXème
Une question récurrente agitant les esprits est de définir s'il « existe » ou non des races humaines. D'un point de vue socialiste, cette question n'a pas de sens, puisque c'est nous qui posons des définitions, en fonction de besoins donnés. L'existence ou non des races renvoit ainsi à l'ancienne querelle médiévale des réalistes et des nominalistes, ou des essentialistes et des existentialistes du siècle dernier. D'autre part la génétique a clairement montré que les différences entre individus considérés comme faisant partie d'une même éthnie peuvent être supérieures à celles autres individus appartenant à des éthnies différentes (et donc ayant une couleur de peau différente). Cela s'explique par le fait que la portion du génome humain relative à l'expression des caractères morphologiques, en l'occurence le gène codant la production de la mélanine, ne représente qu'une infime partie de l'ensemble de ce génome (il comporte 36 000 gènes).
Le racisme aujourd'hui
Aujourd'hui le terme de race reste toujours d'usage courant dans certains milieux et le racisme se manifeste toujours sur les cinq continents.
Racisme individuel
Le racisme à l'échelle individuelle est le refus d'une personne plutôt que d'une autre dans le cadre de relations publiques (embauche, admission dans un établissement commercial, refus de vente, etc.), en raison de son appartenance ou de sa non-appartenance à un groupe supposée impliquer une infériorité ou une dangeurosité.
Dans le cadre des relations privées la situation est plus ambiguë. Le fait par exemple d'exprimer (hors propos injurieux) des préférences pour (ou contre) telle ou telle ethnie ou de rejeter un éventuel partenaire conjugal en raison de son origine n'est pas interdit par les pays réprimant le racisme, généralement selon le principe selon lequel chacun est libre de ses choix de vie « tant que leurs manifestations ne troublent pas l'ordre public ». Un telle attitude est pourtant souvent qualifiée de raciste dans l'usage courant. Le racisme individuel consiste également à stigmatiser un individu et à établir une barrière relationnelle entre ce dernier et ses collègues de travail par exemple, en arguant du fait qu'il n'appartient pas à la « catégorie » dominante. (Claude Eymard)
Racisme institutionnalisé
À l'échelle de la cité cela peut s'exprimer de différentes façon. Cela peut être explicite comme les différences légales de traitement des citoyens en fonction de leur race ou caste (cas de l'Apartheid). Ou alors informel, ce qui peut être lié à la pression sociale ; qui embaucherait un vendeur que les clients rejetteraient ?
De nombreuses institutions publiques estiment que l'appartenance raciale ou ethnique influent sur le comportement des individus et qu'il convient donc d'en tenir compte statistiquement. Ainsi en 2000, le recensement aux États-Unis classait les personnes selon leur race : blanche (caucasian (white)), hispanique (hispanic), noire ou afro-américaine (black, african american), amérindienne ou natifs d'Alaska (american indian, Alaska natives), asiatique... (voir l'article ).
La loi française fait référence à la notion de « race » ; par exemple dans l'article 211-1 du Code pénal, le génocide est une atteinte « tendant à la destruction totale ou partielle d'un groupe national, ethnique, racial ou religieux ».
Racisme politique
En raison de la connotation très négative du mot, peu de parti politiques se revendiquent ouvertement comme racistes. De nombreux partis d'extrême droite ont cependant été accusés de véhiculer des discours de ce type à travers des positions xénophobes. L'apologie du racisme étant condamnée dans la plupart des pays démocratiques, ils peuvent aussi promouvoir des doctrines dérivées comme l'ethno-différencialisme ou le racialisme. Voir article détaillé : Mouvements racistes
Lutte contre le racisme
La lutte contre le racisme peut être entendue à différents niveaux.
Réfutation des races
La première stratégie consiste à réfuter l'existence même de races et à minimiser les différences entre les êtres humains. L'idée est que le mécanisme de l'exclusion se fonde sur la perception des différences entre les hommes. C'est cet objectif qui a par exemple en grande partie motivée la publication de la « déclaration sur la race » en 1950 par l'UNESCO et qui encourage nombre de biologistes à rappeler régulièrement l'absence de validité scientifique de la notion de races humaines.
Cinquante ans plus tard, force est de constater que cette stratégie d'éducation à démontré son manque de pertinence. L'homme de la rue perçoit intuitivement que « ces gens là ne sont pas comme nous ». Il s'agit d'une pensée autonome qui n'a aucun besoin de justification scientifique. En réalité les tenants de la ségrégation n'ont aucune peine à faire passer au second plan les différences biologiques pour s'en tenir aux différences culturelles causant selon eux des problèmes. Il peuvent très simplement remplacer le mot « race » par celui de « nation », de « peuple », d'« ethnie » ou de « civilisation » sans changer en aucune façon la nature de leurs discours.
L'inefficacité des discours antiracistes est connue depuis longtemps :
- « Ce n'est pas de la constation de l'existence de ces races que se nourrit essentiellement le raciste. Sans doute est-il malaisé de définir la race ; les vieilles catégories que l'on enseignait jadis dans les manuels élémentaires : races noire, jaune, blanche, existent bien. Nier l'existence des races est un procédé qui le plus souvent tourne à la confusion de ceux qui (bien qu'antiracistes) l'emploient pour écarter les arguments racistes [...] C'est à ce propos que M. L. Dunn, rapporteur de l'Unesco, écrivant en juin 1951 : « L'anthropologue comme l'homme de la rue savent parfaitement que les races existent ; le premier parce qu'il peut classer les variétés de l'espèce humaine ; le second parce qu'il ne peut douter du témoignage de ses sens. » » (F. de Fontette, Le Racisme, cité par André Pichot, in La Société pure, de Darwin à Hitler)
En fait la principale faiblesse de cette stratégie repose sur le présupposé selon lequel l'égalité en droit aurait à être démontrée. Pourtant, selon les morales occidentales modernes, cette égalité n'a rien d'une vérité scientifique ; c'est au contraire une valeur morale qui n'a pas à être démontrée scientifiquement, mais qu'il faut toutefois pouvoir justifier (voir la Déclaration des droits de l'Homme).
Lutte contre la ségrégation
Il s'agit de dénoncer la possibilité, l'utilité, voire la nécessité de mettre en place des distinctions légales ou privées sur la base de l'appartenance à un quelconque groupe. On peut distinguer ici encore deux grand types d'attitudes, que le l'on schématise ici :
- D'une part, les partisans de l'intégration. Ils considèrent que les différences entre les groupes constituent un problème (théorie politique proche du « jacobinisme »). Leur réponse est donc la recherche de l'homogénéité maximale et l'assimilation des minorités à la culture dominante. Il est en effet frappant de remarquer que l'intégration est toujours présenté comme un mouvement à sens unique et non comme une fusion des cultures, même si c'est ce qui se produit en réalité.Image manquante
ApartheidSignEnglishAfrikaans.jpgPanneau affichant que seuls les Blancs peuvent utiliser un lieu public. - D'autre part, les partisans du multiculturalisme. Ils refusent les ségrégations de toute nature mais considèrent que les différences de groupe constituent une richesse. Leur réponse est donc la recherche de la diversité maximale et de la meilleure entente entre les différents groupes. Avec le risque de proposer des solutions (cloisonnement culturel) que des racistes ne renieraient pas.
Statistiques françaises
D'après les renseignements généraux, il y a eu 1513 faits racistes et antisémites, dont 361 violents en France en 2004. Ils étaient 833 en 2003 et 1313 en 2002. Les faits antisémites sont les plus nombreux (950 en 2004) dont 199 actes violents. La région parisienne est la plus affectée. Les actes antimaghrébins ont connu une forte augmentation en 2004 (563 faits parmi lesquels 162 violents). Les profanations de cimetières et les atteintes aux mosquées se sont multipliées. (source : Le Monde du 19/01/2005)
Legislation
Les pratiques racistes constituent une violation des droits de l'Homme et sont réprimées par de nombreux pays.
Pour la plupart des pays occidentaux, la discrimination et le racisme sont beaucoup plus que des délits, punis pénalement, ils représentent également une atteinte aux valeurs qui fondent la démocratie. Celle-ci reconnaît l'égale dignité de chaque citoyen à participer à la chose publique, à poursuivre son bonheur et son épanouissement indépendamment de sa naissance.
En France, par exemple, le législateur n'a cessé au fil du temps, et particulièrement après la Seconde Guerre mondiale, de compléter le dispositif législatif afin de réprimer plus efficacement toutes les formes de racisme, d'antisémitisme, d'islamophobie, xénophobie. Il a pour cela créé un certain nombre d'incriminations d'une part dans le code pénal, d'autre part dans la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse et dans la loi relative à la communication audiovisuelle. Comme l'ont montrée les accords de Nouméa, en matière de lutte contre le racisme, le législateur est toujours fortement dépendant de l'histoire coloniale du pays.
Bibliographie
- Denis Blondin : Les deux espèces humaines. Autopsie du racisme ordinaire. ISBN 2738434002
- Vincent Geisser : La nouvelle islamophobie ISBN 2707140600
- André Pichot : La société pure. De Darwin à Hitler, ISBN 2080800310
- Pierre-André Taguieff : La nouvelle judéophobie ISBN 2842056507
- Pierre-André Taguieff : Les fins de l'antiracisme. ISBN 2841860019
Notes
1. Ce sont les discriminations fondées sur des critères comme le milieu social, la culture, la langue ou la religion.
Voir aussi
- antisémitisme
- eugénisme
- Race aryenne
- islamophobie
- lois contre le racisme
- racisme anti-blanc
- RAXEN
- SOS Racisme
- xénophobie
Wikipédia
- Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme sur Wikinations.be
Liens externes
- Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes
- Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme (Belgique)
- Outils pédagogiques et définitions
- SOS Racisme Indépendant
