Radioamateur
L'Union internationale des télécommunications définit l'activité radioamateur comme « un service de radiocommunication ayant pour objet l'instruction individuelle, l'intercommunication et les études techniques, effectuées par des amateurs, c'est-à-dire par des personnes dûment autorisées, s'intéressant à la technique de la radioélectricité à titre uniquement personnel et sans intérêt pécuniaire ». Cette règle s'applique dans la plupart des pays dans les mêmes termes.
L'émission d'amateur est donc une activité scientifique qui permet, à ceux qui la pratiquent, d'établir des liaisons radio avec les radioamateurs du monde entier. Elle permet d'acquérir des connaissances techniques dans les domaines de la radio et de l'électronique et de développer des liens d'amitié entre amateurs de différents pays. Les communications sont réglementées mais les amateurs peuvent non seulement discuter technique radio mais également d'astronomie, de météorologie, d'informatique, de la vie associative et même de questions personnelles, pour autant qu'ils discutent en leur nom propre et pas au nom de tierce personne.
Les amateurs partageant cette passion appartiennent à la « communauté des radioamateurs ».
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La licence
Les radioamateurs sont autorisés à émettre sous la condition de disposer d'une licence d'émission acquise après avoir obtenu une licence d'opérateur radio.
Ce document officiel est délivré par l'administration de tutelle après avoir réussi un examen portant sur la réglementation, la radioélectricité et, optionnellement, le code Morse. Ce dernier n'est plus obligatoire depuis la refonte de l'article 25 du Règlement des radiocommunications (RR) lors de la Conférence mondiale des radiocommunications 2003, mais certains pays, dont la Russie continuent à l'exiger. En Europe, la recommandation T/R 61-01 ne fait plus référence à l'examen de Morse pour obtenir un certificat d'opérateur du service amateur.
L'activité radioamateur est accessible à tous, quel que soit le niveau d'instruction, y compris aux enfants bien que certains pays limitent l'âge minimum à 13 ans.
Ce « certificat d'aptitude » permet au radioamateur d'obtenir une licence (qu'il devra payer annuellement) et un indicatif.
L'indicatif est utilisé par le radioamateur comme identifiant personnel, lui servant de surnom et pour nommer ses correspondant(e)s.
L'indicatif radioamateur
Cet indicatif obéit à un format standard de la forme PPxSSS :
- PP préfixe permettant d'identifier le pays, parfois en rapport avec son nom : F pour la France, HB pour la Suisse (Helvetisches Bund), G pour le Royaume-Uni (Great Britain), I pour l'Italie, OE pour l'Autriche (Oesterreich), D pour l'Allemagne (Deutschland), etc. parfois non : ON pour la Belgique, VE pour le Canada, etc. Ces préfixes sont identiques à ceux utilisés pour identifier les aéronefs ou les bateaux ;
- x un chiffre qualifiant la classe de licence ou la zone géographique ;
- SSS le suffixe personnel attribué au titulaire constitué de 1 à 3 caractères.
- Ce groupe de caractères est complété par le suffixe /P pour les activités portables, /M pour les activités mobiles et /MM pour les activités maritimes mobiles.
Exemples : F5ABC, est une station radioamateur française fixe disposant de tous les privilèges ; ON2ABC est une station radioamateur belge utilisée par un amateur disposant d'une licence de base (novice) ; VE2ABC est une station radioamateur canadienne située au Québec.
- Cas particuliers
Aux États-Unis le préfixe (K, W, N ou A) définit également la région géographique du titutaire (K pour les stations situées dans la moitié Est du pays, W à l'Ouest et inversement pour les stations maritimes) bien que l'assignation soit aujourd'hui caduque (on retrouve quelques stations terrestres W à l'Est et des K à l'Ouest).
Quant au suffixe, la partie suivant le chiffre, en Russie par exemple, il dépend de l'Oblast (région) dans laquelle réside l'amateur. Aux États-Unis il dépend également de l'État dans lequel réside l'amateur.
- Indicatifs spéciaux
Si on suit cette nomenclature, il peut exister des indicatifs en trois lettres du genre « PPnS » tel que l'indicatif « C3W » attribué à une station de Chypre (5B). Il s'agit d'un indicatif spécial. Aux États-Unis on les appelle les indicatifs « 1x1 » et sont réservés à la commémoration d'événements spéciaux. Des indicatifs plus longs sont autorisés, en respect de la législation. La plupart des pays utilisent ce format raccourci à 3 ou 4 caractères car d'une part il permet d'identifier rapidement la station célébrant un événement, ce qui attire les amateurs, et d'autre part cela accélère les communications (QSO).
En parallèle, les administrations nationales peuvent distribuer des indicatifs particuliers (que certains logiciels radioamateur et parfois les radioamateurs eux-même, Hi!, ne reconnaissent pas toujours comme étant valides) tel que « Z3100A » qui célèbre le centième anniversaire d'une institution.
- Indicatif personnalisé
En général c'est l'administtation de tutelle qui assigne l'indicatif au radioamateur en fonction de sa classe de licence ou de son lieu de résidence selon le cas.
Certaines administations autorisent l'utilisateur à choisir lui-même le suffixe et parfois le chiffre qu'il souhaite utiliser dans son indicatif.
C'est ainsi que certaines opératrices (appelées YL pour Young Lady dans le jargon radioamateur) choisissent un indicatif se terminant par... YL (exemple : F4YL ou HB9XYL) ou que d'autres, régulièrement en voyage à l'étranger, utilisent « X » après le chiffre, tel « 5U7X »
Le code Q
Le code Q fut développé afin de faciliter les communications entre les opérateurs radio de différentes nationalités. Ce code est donc indépendant de la langue de l'opérateur.
Quelques codes:
- QRA : nom de la station
- QRM : brouillage
- QRN : parasite atmosphérique
- QRT : terminer ses émissions
- QRX : interrompre ses émissions mais rester à l'écoute
- QRZ : indicatif de la station
- QSL : accusé de réception, carte qui confirme le contact
- QSO : communication radio
- QTH : lieu d'émission
Pour de plus amples informations, voir Code Q.
Les codes et abréviations
Pour faciliter les communications qui peuvent s'étendre à l'ensemble des pays du monde, les radioamateurs communiquent majoritairement en anglais (avec un vocabulaire souvent restreint) en utilisant le code Q et des abréviations internationales admises par tous (exemple : OM signifie radioamateur, abrégé de Old Man). Ils confirment leur contact en échangeant une carte QSL, code signifiant « accusé de réception » dans le code Q.
Ces codes et abréviations, initialement prévus pour simplifier la transmission de messages en télégraphie, sont aussi utilisés en phonie. L'usage de ces codes en télégraphie dispense (dans une certaine mesure) de connaître l'anglais ou la langue du correspondant.
Les bandes radioamateur
Les radioamateurs peuvent émettre sur une vingtaine de bandes réparties régulièrement sur tout le spectre des ondes radio et dans une multitude de modes.
Bandes de fréquences (en MHz) utilisables dans la Région 1 de l'UIT (France et l'Île de la Réunion, Suisse) :
- 0,1357 à 0,1378
- 1,810 à 1,850
- 3,500 à 3,800
- 7,000 à 7,100 (7200 dans certains pays, comme la Suisse, en statut secondaire jusqu'en 2009 date à laquelle la plage de 7,100 à 7,200 sera complètement attribuée aux radioamateurs)
- 10,100 à 10,150
- 14,000 à 14,350
- 18,068 à 18,168
- 21,000 à 21,450
- 24,890 à 24,990
- 28,000 à 29,700
- 50,200 à 51,200
- 144,000 à 146,000
- 430,000 à 440,000
- 1 240,000 à 1 300,000
- 2 300,000 à 2 450,000
- 5 650,000 à 5 850,000
- 10 000,000 à 10 500,000
- 24 000,000 à 24 250,000
- 47 000,000 à 47 200,000
- 75 500,000 à 81 000,000
- 119 980,000 à 120 020,000
- 142 000,000 à 149 000,000
- 241 000,000 à 250 000,000
La largeur des bandes de fréquences peut être légèrement différente pour les Amériques (Région 2 de l'UIT) et pour l'Asie/Océanie (Région 3 de l'UIT), et quelques bandes de fréquences supplémentaires allouées.
Les bandes les plus utilisées sont les ondes décamétriques (HF entre 1,8 et 29,7 MHz) et VHF (entre 144-146 MHz) que tout un chacun peut écouter à condition de disposer d'un récepteur suffisamment sensible et d'une antenne même rudimentaire. Les bandes situées au-dessus de 2 300 MHz sont très favorables à l'expérimentation, tant pour la réalisation du matériel que pour les communications à (relativement) grandes distances.
Modes d'émission
Au début du siècle et durant plus de 20 ans, les radioamateurs communiquaient essentiellement en télégraphie à l'aide du code Morse dite CW (continuous wave). Actuellement, de nombreux modes sont utilisés :
- téléphonie : SSB, AM, FM...
- Transmission de texte : téléscripteur (RTTY), AMTOR, PSK31...
- Transmission d'image : télévision (ATV ou télévision d'amateur), SSTV (transmission d'image à balayage lent), FAX
- Transmissions numériques : réseau de communications numériques packet-radio...
Types de transmission
Plus que le message lui-même, c'est la façon d'établir le contact qui passionne le radioamateur. C'est ainsi que pour s'affranchir de la courbure terrestre (les ondes se propagent comme la lumière, en ligne droite) certains radioamateurs utilisent des satellites (construits par des radioamateurs), des relais terrestres, les réflexions sur la Lune ou sur les traînées météoritiques ou encore vers les aurores polaires. Certains préfèrent trafiquer avec de faibles puissances (< 5 watts mais souvent quelques milliwatts), un type de trafic appelé « QRP », ou sur des fréquences de plusieurs dizaines de gigahertz dans un domaine ou l'expérimentation est de mise et les réalisations personnelles obligatoires.
Historique
- 1844 Samuel Morse invente le télégraphe
- 1866 Mahlon Loomis prétend avoir réalisé la première transmission sans fil en Virginie
- 1883 Thomas Edison invente le tube à vide
- 1887 Hertz découvre la nature électromagnétique des ondes. Elles seront appelées ondes hertziennes.
- 1889 Tesla réalise un générateur hautes fréquences (15 kHz) ; en 1893, il expérimente la première communication radio.
- 1890 Branly met au point son cohéreur, premier détecteur d'ondes sensible.
- 1893 Popov découvre le principe de l'antenne qui va permettre des liaisons à grande distance.
- 1894 Marconi expérimente les premières liaisons hertziennes sur une distance de 2 400 m. Marconi eut le génie de mettre en application toutes ces expériences pour établir des communications sans fil à grande distance et en fit un véritable business (The Wireless Telegraph & Signal Company Limited). Il est considéré comme étant le premier radioamateur.
- 1900 Le général Ferrié met au point le détecteur électrolytique. Plus sensible que le cohéreur de Branly, il permet l'écoute au casque des messages télégraphiques.
- 1923 le 26 novembre, la première liaison transatlantique bilatérale en onde courte est réalisée sur 2,72 MHz (110 mètres) entre deux radioamateurs américains, John L. Reinartz, 1XAM et Fred Schnell, 1MO, et le radioamateur français Léon Deloy, 8AB. C'est à cette occasion que la bande des « 200 mètres » et en dessous jugée a priori sans intérêt pour les communications à longue distance par les autorités sera utilisée par les radioamateurs de manière assidue.
- 1961 lancement du premier satellite radioamateur (seulement 4 ans après Spoutnik 1).
- 2003 environ 2 500 000 radioamateurs dans le monde qui expérimentent et communiquent en différents modes de modulation et en sur des fréquences s'étendant des LF (135,7 kHz) aux ondes millimétriques (250 GHz).
Radioamateur et sécurité civile
C'est Hiram Percy Maxim, co-fondateur de l'ARRL, l'association radioamateur américaine qui attribua pour la première fois en 1914 une fonction de service à la population aux activités radioamateurs en répartissant des stations radio relais le long des six principales routes qui traversaient les États-Unis. Aujourd'hui, les réseaux MARS et ARES assurent ce service en collaboration avec la protection civile et l'armée qui interviennent chaque fois qu'un désastre est annoncé.
L'Angleterre a mis en place le réseau RAYNET tandis que la Belgique travaille en collaboration avec la Croix-Rouge de Belgique.
Il existe en France une Fédération nationale des radio-amateurs au service de la sécurité civile (FNRASEC), dont les membres sont susceptibles d'assurer deux types de mission de soutien aux pouvoirs publics :
- assurer des communications radio en cas de catastrophe naturelle : plan ORSEC, Plan rouge ;
- participer aux recherches de la balise de détresse en cas d'accident d'avion (plan de sauvetage aéroterrestre dit « SATER »).
La FNRASEC regroupe des Associations départementales des radio-amateurs au service de la sécurité civile (ADRASEC). La FNRASEC est rattachée à la Fédération Nationale de Protection Civile (FNPC), une association de secouristes bénévoles.
Autres amateurs de radiocommunication
- À la fin des années 1970 et dans le début des années 1980, les vendeurs de matériel électronique ont commencé à proposer des appareils émetteurs/récepteurs radio simples d'emploi, utilisant une bande de fréquence interdite en Europe : le 27 MHz. Les Européens imitant les routiers américains ont commencé à les utiliser pour leurs loisirs et parfois leur travail.
- La réglementation étant particulièrement floue, ces appareils étaient en vente libre mais interdits d'utilisation par leur propriétaire, sauf autorisation spéciale.
- Ces appareils, principalement fabriqués pour les Américains et vendus au grand jour, furent adoptés par un grand nombre de pirates des ondes, amateurs de radio agissant dans l'illégalité.
- Dans le début des années 1980, la bande des 27 Méga' fut libérée et utilisée par le grand public pour des communications de loisir, familiales ou à grande distance, à l'instar des radioamateurs. Très vite, elle devint un lieu de défoulement pour certains et siège d'une certaine pagaille.
- Dans les années qui suivirent, le législateur a tenté d'encadrer la vente et l'utilisation du matériel Cibi, devenue un phénomène de société avec ses clubs et ses groupes de pressions.
- Les cibistes les plus passionnés de communication ont été grossir les rangs des radio-amateurs après avoir obtenu une licence d'émission.
- Avec l'explosion du téléphone portable GSM, la bande CB s'est quelque peu désertifiée
- Les cibistes ne bénéficient d'aucun des privilèges accordés aux radioamateurs mais, il est vrai, sans payer de taxe annuelle comme le font ces derniers.
- Les wifistes - Wifi - peuvent être aussi considérés comme amateurs de radiocommunications, ils utilisent par ailleurs une bande de fréquence -ISM- partiellement partagée avec les radio-amateurs
SWL
Short Wave Listener : un amateur écouteur ou radio écouteur.
(aussi appelé BCL : BroadCast Listener, pour les écouteurs de stations de radiodiffusion)
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
- Le réseau des Emetteurs Français : http://www.ref-union.org/
- La FNRASEC Fédération Nationnale des RAdio transmetteur au service de la SEcurité Cicile : http://www.fnrasec.org/
- Forum radioamateur francophone : http://www.radioamateur.org/
- L'Union Belge des Amateurs Emetteurs : http://www.uba.be/
- Union des Amateurs Suisses d'Ondes-Courtes : http://www.uska.ch/
- Les radioamateurs suisses: http://www.radioamateur.ch/
- Les Radio Amateurs du Canada : http://www.rac.ca/
- Radio Amateur du Québec inc : http://www.raqi.qc.ca/
- Réseau Luxembourgeois des Amateurs d'Ondes Courtes : http://www.rlx.lu/
- American Radio Relay League : http://www.arrl.org/
- radioamateur.ca : http://www.radioamateur.ca
- Forum radioécouteurs Ondes Courtes : http://fr.groups.yahoo.com/group/ondescourtes/
- !!! Le PLC, Power Line Communication et ses dangers pour les ondes courtes !!!: http://plc.radioamateur.ch/
