Réarmement de l'Allemagne nazie
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En décembre 1932 l'Allemagne avait obtenu de la SDN, le principe d'égalité des droits en matière d'armement. Dès sa nomination au poste de chancelier, Hitler, réclame l'application immédiate de ce principe, mais devant l'opposition de la France, il décide de se retirer de la SDN, et d'entamer une reconstitution progressive et clandestine d'un potentiel militaire, ceci en violation des dispositions du Traité de Versailles, avec :
- la construction de croiseurs de 26 000 tonnes et de sous-marins est lancée ;
- des usines lancent la fabrication de tourelles de chars et de pièces d'artillerie d'un modèle plus perfectionné ou de chars Panzer, dès 1933, une partie de l'industrie allemande se reconvertie dans l'armement et tourne à plein régime ;
- le service militaire obligatoire est rétabli, le 16 mars 1935, en prenant prétexte de l'allongement de la durée de conscription en France ;
- une armée de près de 500 000 soldats, divisée en 12 corps d'armée et 36 divisions, est mise sur pied.
- la Luftwaffe (armée de l'air) est recréée officiellement à partir du 11 juin 1935 ;
- lancement du premier sous-marin allemand depuis le Première Guerre mondiale, le 18 juin 1935 ;
| Sommaire |
L'accord de Stresa
Au lieu d'exiger le respect du Traité de Versailles, au besoin par la force, les Alliés, déjà travaillés par les mouvements pacifistes, préfèrent intensifier leur action diplomatique afin d'isoler l'Allemagne :
- la France et l'Angleterre initient, à Stresa, un rapprochement avec l'Italie fasciste de Benito Mussolini, dans le but de sécuriser les dispositions frontalières établies lors du traité de Locarno.
- De son côté, le français Pierre Laval part en visite auprès du gouvernement soviétique à Moscou pour signer un pacte d'assistance mutuelle avec les Soviétiques.
Mais cette alliance franco-russe déplaît aux Anglais, qui préfèrent engager une stratégie pour limiter l'influence française en Europe — le viel antagonisme — et plutôt renforcer leurs relations économiques avec l'Allemagne, qu'ils considéraient comme un partenaire économique traditionnel et le meilleur barrage naturel contre une possible poussée des forces et de l'influence soviétiques.
Finalement, les Anglais, mènent un double-jeu dangereux sur le problème du réarmement allemand, mettant en exergue les conflits d'intérêts avec la France et vont servir le jeu d'Hitler :
- en mars 1934, ils dénoncent dans un livre blanc ce réarmement allemand ;
- mais le 18 juin 1935, ils signent avec Hitler un accord naval bilatéral, reconnaissant à l'Allemagne un droit à un réarmement naval limité.
De ce fait la politique d'encerclement diplomatique est un échec complet, car :
- Le 13 janvier 1935 : La France favorise la récupération de la Sarre par l'Allemagne, en acceptant le résultat du référendum en Sarre, lors duquel 90,8% des Sarrois se déclarent favorables au rattachement à l'Allemagne. Récupérée le 1er mars, la Sarre était sous tutelle de la SDN depuis 1919.
- Mussolini, s'appuyant sur sa nouvelle position diplomatique, renforcée par l'accord de Stresa, déclenche une guerre de colonisation contre l'Éthiopie, pendant l'été 1935. Les troupes italiennes envahissent l'Éthiopie le 3 octobre.
- Dès la ratification du pacte franco-soviétique par le parlement français, Hitler, déclare caduc le Traité de Locarno qui fixait les frontières occidentales.
- De plus, ce pacte franco-soviétique sera utilisé comme prétexte par Hitler pour tenter son premier coup de poker militaire, le 7 mars 1936, lorsque trois bataillons allemands pénètrent dans la zone démilitarisée de Rhénanie.
Le 11 juin 1935, Hitler annonce la renaissance officielle de l'armée de l'air, la Luftwaffe.
La réoccupation de la Rhénanie
La date de réoccupation surprise — le 7 mars 1936 — de la Rhénanie démilitarisée est très judicieusement choisie par Hitler car :
- L'occupation est faite un week-end ;
- des élections générales en France sont prévues dans six semaines ;
- le gouvernement français intérimaire Sarraut-Flandin n'est pas à même d'engager une risposte militaire.
De ce fait, la réaction française n'est pas à la hauteur du défi, car au final seuls quelques mouvements de troupes aux frontières peuvent être décidés dans l'urgence, alors que l'État-major ne veut pas s'engager plus loin sans obtenir de véritables moyens d'actions, et préconise la mobilisation générale et l'obtention de l'appui politique et militaire des britanniques.
Comme espéré par Hitler, le gouvernement intérimaire Sarraut-Flandin, recule devant les sentiments pacifistes de la population et refuse de se lancer dans une mobilistaion générale et dans la guerre, à six semaines des élections, alors même que le Premier ministre britannique Anthony Eden n'est « pas convaincu du caractère hostile » de la manœuvre de l'armée allemande. Au final, les seules réactions, se résumeront à des protestations et à de savants débats à la SDN.
Ayant réussi de main de maître son coup de force, l'armée allemande, fait affluer de nouvelles troupes en Rhénanie et entame la construction d'un axe de fortification, la ligne Siedfried, destiné à entraver une possible future intervention de l'armée française vers l'Europe centrale, région pour laquelle Hitler a des projets.
La guerre en Espagne
L'année 1936, c'est aussi le début de la guerre en Espagne, l'assassinat du leader monarchiste Calvo Sotelo, le 13 juillet, déclenche le soulèvement dans les garnisons du Maroc espagnol, à la tête duquel se place le général Franco. C'est une guerre européenne entre les forces socialo-communistes et les nationaux-fascistes.
Dès l'été, le gouvernement français du Front Populaire de Léon Blum prend rapidement position et annonce que la France n'interviendra pas dans ce conflit. Cependant des brigades internationales socialo-communistes se forment et 50 000 volontaires internationaux s'engagent aux côté de l'armée républicaine du Fronte Popular contre les forces armées du général Franco.
De leur côté Hitler et Mussolini, organisent une aide massive militaire en faveur du général Franco et signent en octobre 1936 un pacte d'amitié, créant un axe fasciste en Europe. L'aide porte sur du matériel de guerre italien et allemand et des renforts en troupes (80 000 Italiens et 10 000 Allemands de la légion Condor). L'armée allemande va pouvoir rôder son matériel de guerre, avec en particulier les avions-bombardiers Stukas qui anéantiront la ville espagnole de Guernica, et mettre au point des nouvelles stratégies de combats, combinant l'aviation et les blindés.
Ainsi, la guerre d'Espagne aboutit à la création au sud de la France et dans son dos, d'un allié objectif de l'allemagne hitlérienne, et la France, acquiert l'image d'un pays, peu enthousiaste à l'idée de partir en guerre. Une armée prête et aguerrie, son principal ennemi démobilisé, pour Hitler les conditions sont réunies pour sa grande œuvre : l'Anschluss.
Voir aussi :
Course à l'armement (années 1930)
