Réchauffement global
On parle de réchauffement global lorsque la température moyenne sur plusieurs années des océans et de l'atmosphère augmente à l'échelle de notre planète.
Dans son acception commune, ce terme est appliqué au changement climatique observé depuis la fin du XXe siècle. Il est admis par la majorité des scientifiques (2003) qu'il existe actuellement un phénomène de réchauffement global, perçu depuis les années 1990. Cependant, les hypothèses expliquant ce réchauffement sont controversées. Certains soutiennent que le réchauffement observé n'est que la conséquence de phénomènes naturels (telles que fluctuations de l'activité solaire), alors que d'autres soutiennent le rôle important des activités humaines (forçage anthropique) (par exemple, l'influence de l'augmentation des gaz à effet de serre d'origine anthropique dans l'atmosphère). Les perspectives en terme d'amplitude thermique sont également controversés, la plupart des hypothèses faisant état d'une augmentation entre 2 et 6°C d'ici à 50 ans.
Certains préfèrent utiliser le terme de variation climatique, qui insiste sur la périodicité des fluctuations climatiques de grande amplitude et de longue durée.
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Evolution historique des températures
Les climatologues s'accordent sur le fait que la Terre a traversé plusieurs cycles de réchauffement et de refroidissement global durant le dernier million d'années au moins (les plus anciennes carottes polaires remontent plus de 800 000 ans en arrière). Les cycles observés sont de la forme "100 000 ans de période glaciaire, suivis d'environ 10 à 20 000 ans de période chaude". Cela fait environ 10 000 ans que nous sommes dans une période chaude, mais celle-ci, sans forçage anthropique, devait durer encore plusieurs milliers d'années sur le même rythme.
Venant s'ajouter à la controverse actuelle, des observations faites durant les 15 dernières années indiquent que le système climatique terrestre est intrinsèquement non-linéaire et instable.
Actuellement, les Paramètres de Milanković semblent ceux qui répondent le mieux à ces changements climatiques naturels.
Evolution actuelle et prédictions
Le GIEC, l'autorité la plus reconnue sur le sujet, a estimé que la température de surface moyenne s'est accrue de 0,6°C depuis le XIXe siècle. LE GIEC, (IPCC en anglais), a été créé en 1988 par le G7. Il est désormais un organisme de l'ONU et rassemble plus de 3000 chercheurs agréés par plus de 140 états. Ce n'est pas un laboratoire de recherche. Il expertise et synthétise toutes les données sur le réchauffement global.
Des incertitudes considérables existent à propos de l'importance du réchauffement.
Le GIEC (GIEC/IPCC, voir ci-dessous), prédit une augmentation probable de 1,5°C à 7°C durant le XXIe siècle.
Attention ! Il faut bien distinguer deux sources d'incertitudes : les incertitudes liés aux modélisations (de nature mathématiques, informatiques, physique - modèles trop simplistes, etc..) et les incertitudes sur le comportement de l'humanité au cours du XXIème siècle. Les premières sont à l'origine d'un éparpillement des prévisions de l'ordre du degré ou moins, pour un scénario (démographique, de croissance, de "mix énergétique mondial", etc) donné. En revanche, la fourchette de réchauffement est largement ouverte à cause des incertitudes évidentes qui plannent sur la prise de conscience mondiale du phénomène, sur les réserves d'hydrocarbures, les volontés de lutter contre le réchauffement climatique, etcetera... Il ne faut pas confondre les deux sources d'erreurs : la première doit nous inciter à la prudence en ce qui concerne les prévisions trop pointilleuses... tandis que la seconde fait porter une très lourde responsabilité aux humains du XXIème siècle vis à vis de leur descendants.
Cette conclusion dépend de la précision des modèles utilisés et de l'estimation correcte des facteurs externes. La majorité des scientifiques s'accordent sur le fait que certaines données climatiques d'importance ne sont pas estimées correctement par les modèles numériques climatiques. Néanmoins, ils pensent aussi que des modèles plus réalistes sont peu susceptibles de modifier leurs conclusions (voir graphique). (Source: IPCC)
À contrario, les voix critiques insistent sur les défauts des modèles et affirment que des facteurs externes non pris en considération pourraient modifier ces conclusions. Dans l'ouvrage The Skeptical Environmentalist, il est rapporté que certains critiques indiquent que les simulations climatiques sont incapables de modéliser l'effet de refroidissement par évaporation des océans, ou même de modéliser les nuages. Ils affirment aussi que les effets du rayonnement solaire sont sous-estimés par la plus grande partie de la communauté scientifique et par les modèles numériques.
Les modèles d'étude du climat nécessitent la collecte de données sur les émissions de gaz à effet de serre et d'aérosols d'origine humaine. Ces données sont elles-mêmes prédites par des modèles économiques basés sur 35 scénarios différents. Ces scénarios vont du pessimisme à l'optimisme, et les prédictions du réchauffement global dépendent du type de scénario considéré. Aucun de ces scénarios ne tient compte d'éventuelles mesures destinées à éviter le réchauffement global.
Les modèles utilisés sont basés sur les mesures de température de surface, mais essayent de prédire la température de la troposphère entière, pas seulement les températures de surface.
Toutefois, un rapport de la NASA de 1998, l'agence spatiale américaine, se basant sur des mesures effectuées par satellite et par ballons, met en doute la validité des modèles en haute atmosphère. Malgré cela, les experts du GIEC considèrent que les modèles actuels sont suffisants pour prédire les températures de surface et que celles-ci sont significatives, du fait que ce sont les températures de surface qui ont l'effet le plus important et le plus direct sur l'environnement, l'agriculture et la stabilité des calottes polaires.
Les prédictions du GIEC sont basées sur les mêmes modèles que ceux qui sont utilisés pour établir l'importance des différents facteurs du réchauffement global.
Dans son dernier rapport, le GIEC prévoit un réchauffement de 1,4 à 5,8°C sur la période 1990-2100, et une montée moyenne des océans de 0,1 à 0,9 mètre sur la même période. Ces prédictions sont considérées comme les meilleures prédictions actuelles, mais sont toujours sujettes à des réajustements ou à des remises en cause au fur et à mesure des avancées scientifiques. L'IPCC admet qu'il est nécessaire d'obtenir des modèles plus réalistes et une meilleure compréhension des phénomènes climatiques, ainsi que des incertitudes associées.
La controverse : les principales causes
Les modèles peuvent aussi être utilisés pour estimer l'importance relative des divers facteurs naturels et humains.
Les causes du réchauffement global ne sont généralement pas sujettes à controverses. Ce qui est plus discuté est la contribution relative de chacune des causes possibles. Parmi celles-ci on peut citer :
- la rétention de la chaleur par l'atmosphère, amplifiée par les gaz à effet de serre ;
- les fluctuations de l'activité solaire ;
- la réflectivité de la surface terrestre qui est modifiée par la déforestation ;
- ...
Certaines de ces causes sont d'origine humaine, comme la déforestation. D'autres sont naturelles, comme l'activité solaire. Enfin, l'effet de serre inclut à la fois des causes humaines, comme la combustion de sources d'énergie fossiles, et des causes naturelles, comme les émissions volcaniques.
Des simulations climatiques montrent que le réchauffement qui a eu lieu de 1910 à 1945 peut être expliqué par les seules variations du rayonnement solaire (voir changement climatique).
La plupart des modèles montrent qu'il faut tenir compte de l'émission de gaz à effet de serre d'origine humaine, qui pourrait partiellement expliquer le réchauffement observé entre 1976 et 2000. Dans son rapport de 2001, le GIEC, l'organisation scientifique sur le changement de climat de l'ONU, conclut que les gaz à effet de serre anthropogéniques « jouent un rôle important dans le réchauffement global ».
Selon The Skeptical Environmentalist, la part du réchauffement global due au forçage anthropique pourrait s'avérer plus faible que prévu.
L'effet de serre
L'effet de serre est le piégeage d'une fraction du rayonnement infrarouge émis par la terre vers l'atmosphère terrestre. Ce piégeage est réalisé en particulier par les gaz à effet de serre, accroissant la température en surface ou à faible altitude. L'effet de serre est un phénomène naturel. On estime que sans cet effet, la température de surface serait en moyenne entre 14 et 36°C plus froide que la température moyenne actuelle qui est de 15°C.
Mais ce phénomène naturel a été renforcé car la quantité de gaz à effet de serre a augmenté ces dernières années, ce qui a pour conséquence de déséquilibrer le bilan radiatif de la Terre. Si bien que nombre de scientifiques pensent que l'effet de serre est la cause principale du réchauffement global actuel.
Les fluctuations de l'activité solaire
En 1991, Knud Lassen de l'Institut Danois de Météorologie de Copenhague et son collègue Eigil Friis-Christensen ont trouvé une forte corrélation entre la longueur du cycle solaire et les changements de température dans l'hémisphère Nord. Au départ, ils avaient inclus les taches solaires et les mesures de températures relevées entre 1861 et 1989, mais s'aperçurent plus tard que des enregistrements datant de quatre siècles supportaient leur découverte. Cette corrélation permettait d'expliquer 80% des variations de température durant la période considérée (voir graphique). Sallie Baliunas, une astronome du centre d'astrophysique de la Harvard-Smithsonian Institution, fut l'une des plus ardentes supportrices de la théorie que l'activité solaire « peut expliquer les changements majeurs du climat dans les 300 dernières années, en particulier le réchauffement global actuel ».
Cependant, dans l'édition du 6 mai 2000 du magazine américain « New Scientist », Lassen et l'astrophysicien Peter Thejll, complétant l'étude de 1991 avec de nouvelles données, conclurent que bien que le cycle solaire puisse expliquer environ la moitié de l'accroissement en température observé depuis 1900, il ne pouvait en aucune manière expliquer l'accroissement de 0,4°C depuis 1980.
Plus tard dans la même année, Peter Stott et d'autres chercheurs du centre Hadley du Royaume-uni ont publié un article portant sur le modèle de simulation numérique le plus complet jamais réalisé sur le XXe siècle. Leur étude comprenait à la fois les agents de forçage naturels (variations solaires et émissions volcaniques) et le forçage anthropique (gaz à effet de serre et sulfates sous formes d'aérosols). À l'instar de Lassen et de Thejll, ils trouvèrent que les facteurs naturels expliquaient un réchauffement graduel jusqu'en 1960, suivi d'un retour à des températures proches de celles de la fin du XIXe siècle, en accord avec le changement graduel du forçage solaire au cours du XXe siècle et de l'activité volcanique des dernières décennies. Ces facteurs seuls étaient incapables d'expliquer le réchauffement des dernières décennies. De façon similaire, le forçage anthropique seul ne pouvait expliquer le réchauffement de la période 1910-1945, mais se révélait nécessaire pour simuler le réchauffement depuis 1976. Cependant, en combinant tous ces facteurs intervenants, l'équipe de Stott fut en mesure de simuler précisément les changements de températures globaux au cours du XXe siècle. Ils prédirent que l'émission continue de gaz à effets de serre causerait des montées de température futures « à un rythme similaire à celui qu'on a pu observer durant les dernières décennies.» [1] Un graphique de la relation entre les facteurs naturels et anthropiques contribuant au changement de climat est reproduite sur le rapport Climate Change 2001: The Scientific Basis du GIEC.
Conséquences du réchauffement global
Des observations faites ces dernières années indiquent que le réchauffement global pourrait provoquer des changements climatiques importants. La circulation des océans, phénomène qui semble être la clé de telles variations, subit une phase de ralentissement que les océanographes estiment inquiétante, liée à une diminution de la salinité des eaux de l'Atlantique Nord. L'Académie des Sciences américaine note, dans un rapport de 2002 : « il est important de ne pas adopter d'attitude fataliste en face des menaces posées par le changement de climat. (...) Les sociétés ont dû faire face à des changements du climat graduels ou abrupts durant des millénaires et ont su s'adapter grâce à des réactions diverses, telles que s'abriter, développer l'irrigation ou migrer vers des régions plus hospitalières. Néanmoins, parce que le changement du climat est destiné à continuer dans les prochaines décennies, dénier la possibilité d'événements climatiques abrupts ou minimiser leur impact dans le passé pourrait s'avérer coûteux. ».
Nombre de chercheurs prédisent des conséquences désastreuses en cas d'un réchauffement de 1,5 à 7°C.
Pour mesurer un tant soit peu l'ampleur que peut prendre ce problème pour la Terre et surtout l'humanité, voici un petit retour en arrière éclairant. Le climat d'il y a un peu plus de 10 000 ans était un climat glaciaire : des km d'épaisseur de glace recouvraient la Scandinavie, le niveau des océans étaient 100 mètres plus bas (des hommes ont pu s'abriter dans la grotte Cosquer - aujourd'hui réservée aux plongeurs chevronnés - pour y peindre de belles fresques) et les deux tiers du sol français étaient impropres à la culture car gelés en permanence. Depuis, la température moyenne s'est élevée de ... 4,5°C ! Et encore, cela s'est-il fait plus ou moins progressivement. Ce point a une importance capitale : il suffit d'imaginer la différence entre rentrer dans un mur à 2km/h (en marchant très lentement) ou à 200km/h (où, même avec un double airbag, le crash est fatal).
L'environnement
Si le réchauffement continue au rythme actuel, il peut en résulter des modifications de la circulation des océans, un changement du climat catastrophique, une perte de biodiversité et des dommages irréversibles sur l'agriculture dans les écorégions les plus affectées. Dans certaines régions, comme l'Europe de l'Ouest et le Bangladesh, les dommages pourraient se révéler extrêmes, à cause de la perte du réchauffement par le Gulf-stream et la montée des océans au niveau mondial respectivement. On redoute aussi des apparitions plus fréquentes de phénomènes climatiques destructifs, et les experts en risque des compagnies d'assurance ont exprimé leurs craintes, demandant que soit appliqué à ce sujet le principe de précaution. Des estimations reconnues par le GIEC et par certains groupements d'assurance élèvent à 3,5 milliards le nombre de personnes qui pourraient être touchées par des pandémies, la disparition de sources d'eau potable et d'autres impacts possibles.
D'autre part, de nombreuses organisations publiques et gouvernementales craignent des effets potentiels négatifs sur l'environnement et l'agriculture.
Ces problèmes sont eux-mêmes matière à des controverses considérables. D'un coté, les groupes environnementalistes mettent l'accent sur les dangers possibles du réchauffement global, tandis que de l'autre, les groupes de pression industriels mettent en doute les modèles climatiques et les conséquences du réchauffement global - et rémunèrent certains scientifiques (tels que Sallie Baliunas) dans ce but.
À cause des effets potentiels sur la santé publique et sur l'économie, le réchauffement global provoque l'inquiétude. Des changements environnementaux importants ont pu être reliés au phénomène du réchauffement global. Les conséquences constatées (régression du manteau neigeux, montée des océans, changements météorologiques) peuvent influencer non seulement l'activité humaine, mais aussi l'écosystème. Dans un scénario où le réchauffement continuerait, certaines espèces seraient contraintes de migrer vers d'autres habitats (avec une possible extinction), tandis que d'autres pourraient s'étendre au-delà de leur habitat d'origine. Peu d'écorégions terrestres resteraient indemnes.
La montée des eaux
Une autre source d'inquiétude est la montée du niveau océanique. L'accroissement observé est de 1 à 2 centimètres par décennie, et certaines îles de l'Océan Pacifique ou de l'Océan Indien s'inquiètent d'une montée continuelle des eaux, qui pourrait à terme les submerger complètement. Le niveau monte actuellement essentiellement à cause de l'expansion volumique de l'eau avec la chaleur, mais certains scientifiques craignent la fonte des calottes polaires et des glaciers. Dans une telle éventualité, le niveau moyen des océans s'éléverait de plusieurs mètres. Cependant, pour tempérer ces craintes, la communauté des scientifiques ne s'attend pas à une fonte majeure des neiges dans les 100 prochaines années. (Données : GIEC) Certaines recherches tendraient à montrer une corrélation négative entre le niveau des eaux et la température globale : l'eau s'évaporerait plus vite qu'elle ne prendrait du volume par expansion calorifique. (Source: Science and Environmental Policy Project)
L'accroissement de l'évaporation devrait augmenter la pluviosité et l'érosion des sols. De plus, nombreux sont ceux qui redoutent des phénomènes climatiques plus extrêmes au fur et à mesure que le réchauffement progresse.
D'autres effets moins évidents doivent aussi être pris en compte. Le courant sous-marin de l'Atlantique Nord semble s'atténuer au fur et à mesure de la montée de la température. À terme, cela signifie que des régions comme la Scandinavie et la Grande-Bretagne devraient faire face à un climat plus froid en dépit du réchauffement moyen global.
Les variations climatiques
En cas de réchauffement climatique, le moteur qui anime les courants marins serait menacé. Effectivement, les courants acquièrent leur énergie cinétique lors de la plongée des eaux froides et salées, et donc denses, dans les profondeurs de l’océan Arctique. Or, l'augmentation de la température devrait accroître l’évaporation dans les régions tropicales et les précipitations dans les régions de plus haute latitude. L’océan Atlantique, en se réchauffant, recevrait alors plus de pluies, et en parallèle la calotte glaciaire pourrait partiellement fondre.
Dans de telles circonstances, une des conséquences directes serait un l'apport massif d’eau douce aux abords des pôles, entraînant une diminution de la salinité marine et donc de la densité des eaux de surface. Cela peut empêcher leur plongée dans les abysses océaniques. Ainsi, les courants tels que le Gulf Stream pourraient ralentir ou s'arrêter, et ne plus assurer les échanges thermiques actuels entre l'équateur et zones tempérées.
Il est réellement paradoxal de constater que ce phénomène, pourtant dû au réchauffement climatique, pourrait engendrer, par son inégale distribution de la chaleur, une ère glaciaire en Europe et dans les régions à hautes latitudes. En effet, l’Europe se situe à la même latitude que le Québec, et la seule différence de climat réside dans le fait que l'Europe profite de l'apport thermique du Gulf-Stream. L’équateur, à l'inverse, accumulerait alors une chaleur harassante stimulant de ce fait la formation continuelle d'ouragans amenant des précipitations comme l'homme n'a jamais vu (Noé peut être;).
Les effets positifs
Cependant, le réchauffement global ne pourrait pas avoir que des effets négatifs dans tous les pays, car un accroissement de la concentration de CO2 dans l'atmosphère et des températures pourrait améliorer la productivité des écosystèmes. Des données satellitaires montrent que la productivité de l'hémisphère Nord a augmenté depuis 1982. D'un autre côté, une augmentation de la biomasse produite n'est pas nécessairement bénéfique, car la biodiversité risque de diminuer même si un nombre restreint d'espèces se développe largement. D'un point de vue économique, une augmentation de la biomasse totale mais une baisse des espèces cultivées serait un net désavantage. De plus, les modèles du GIEC prédisent qu'un taux de CO2 ne bénéficierait aux plantes que jusqu'à un certains point ; au-delà, il n'y aurait plus d'effet de compensation grâce à une augmentation de la biomasse.
Les surprises
Les scientifiques nomment ainsi des emballements de la machine climatique lorsqu'un seuil est dépassé. Des "surprises" ont déjà été observées lors de précédents réchauffements climatiques, à la fin d'une ère glaciaire. Le climat peut ainsi se réchauffer en quelques années de plusieurs degrés. Un exemple concerne les hydrates de méthane. Le méthane (CH4, qui n'est autre que le gaz naturel, à qq "impuretés" près), est un gaz à effet de serre 23 fois plus réchauffant que le CO2. Il se forme lorsque la décomposition de la matière organique s'effectue avec un manque d'oxygène, et sous l'action de bactéries. Les sols humides (marais) sont très propices à la création de méthane, qui est alors libéré dans l'atmosphère (cela peut donner lieu à des inflammations spontannées et l'on peut observer... des feux follets !). Si le sol est de plus gelé, le méthane reste piégé dans la glace sous la forme d'hydrates de méthane. Le sol de Sibérie est ainsi un immense réservoir de méthane (sans doute trop diffus pour être exploité industriellement) : le département des études géologiques des USA a évalué que ce réservoir pouvait être de la même ampleur que tout le gaz, le pétrôle et le charbon réunis ! Si le sol se réchauffe, la glace fond et libère le méthane, ce qui a pour conséquence immédiate un emballement du réchauffement... Un autre type de suprises est l'arrêt (ou le ralentissement) de la circulation des océans. L'océan capte aujourd'hui la moitié du CO2 émis par les humains. Mais si les courants océaniques s'arrêtent, les couches d'eau superficielles vont se saturer en CO2 et ne vont plus en capter comme aujourd'hui. Pire : la quantité de CO2 que peut absorber un litre d'eau diminue à mesure que l'eau se réchauffe. Ainsi, du CO2 pourrait être relargué si les océans ne circulent plus comme aujourd'hui. Le moteur de la circulation des océans est de deux types : l'eau en se rapprochant des pôles se refroidit et devient donc plus dense. De plus, l'eau de mer qui gèle rejette son sel dans l'eau liquide : la glace est de l'eau douce. Ainsi, l'eau de mer au voisinage des calottes de glace se charge en sel et devient à nouveau plus dense. L'eau plonge donc et alimente la pompe : en surface, de l'eau plus chaude est aspirée. L'eau du fond remonte donc dans les zones des tropiques et/ou équatoriales. Si les calottes de glace fondent, la pompe se bloque : en effet l'eau qui plonge provient de la calotte et non plus de l'eau refroidie en provenance des tropiques ! Un effet similaire est observé si les précipitations augmentent aux hautes latitudes (ce qui est fort prévisible) : l'eau qui plongera sera l'eau de pluie...
Mesures en réponse au réchauffement global
Les gouvernements ont besoin de prédictions des tendances globales afin de pouvoir prendre des décisions politiques nécessaires à éviter des impacts indésirables.
Le réchauffement global est étudié par de nombreux experts, et en particulier au niveau mondial, par le Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC), Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) en anglais. Les rapports fournis par le GIEC/IPCC sont à la base de nombreuses discussions scientifiques et politiques.
La prédiction d'augmentation de température de 1,5°C à 7°C pour le siècle à venir, pourrait être ramenée à des valeurs inférieures à condition que des mesures environnementales sévères soient prises ou qu'un réel compétiteur aux technologies du pétrole émerge afin de permettre l'abandon de l'exploitation des ressources fossiles. La recherche en vue de trouver un remplaçant au pétrole a débuté depuis plusieurs années. En dépit des succès liés au secteur des énergies renouvelables le remplacement définitif aux carburants fossiles se fait attendre. Références: Énergie éolienne, Énergie hydroélectrique, Énergie géothermique, Énergie solaire, l'énergie hydrolienne, Pile à combustible.
Le protocole de Kyoto
La Convention sur le changement de Climat des Nations Unies (UNFCC) établit un plan de développement international en réponse au problème du réchauffement global. 181 pays ont ratifié l'UNFCC, parmi lesquels toutes les nations industrialisées. L'UNFCC n'inclut cependant pas d'objectifs de réduction des émissions.
Le protocole de Kyoto propose de limiter les gaz à effet de serre dans les pays développés. Il a été ratifié par 104 pays, qui représentent 49,3% des émissions. Les pays développés doivent limiter leurs rejets, en moyenne, à 5,2% au-dessous du niveau de 1990 : 29% au-dessous des estimations prévues pour 2010 avant les accords de Kyoto. Les limites vont d'une réduction de 8% pour l'Union européenne à une possibilité d'augmentation de 10% pour l'Islande. Malgré de sérieuses oppositions, des pays en voie de développement fortement contributeurs aux émissions comme l'Inde et la Chine sont exemptés de réductions jusqu'à ce qu'ils soient considérés comme suffisamment industrialisés.
Le protocole de Kyoto ne prendra pas effet avant d'être ratifié par les pays responsables d'au moins 55% des émissions. Cela peut se faire si la Russie décide de le ratifier. Les États-Unis d'Amérique, responsables d'un tiers des émissions de gaz à effet de serre, ont signé le protocole, mais se refusent à le ratifier.
S'opposant à toute mesure contre le réchauffement global, les partisans des énergies fossiles prétendent que réguler les industries énergétiques pour prévenir une catastrophe écologique majeure n'a pas de « économiquement insensé », et que les économies en bonne santé peuvent financer des « solutions innovantes » technologiquement. Le président américain George Walker Bush a repris cet argument pour rejeter le protocole de Kyoto. Bush n'a pas rejeté les arguments scientifiques, mais a défendu la thèse que le rejet des gaz à effets de serre devait être l'objet d'un autocontrôle volontaire de la part des industries. De nombreux états des États-Unis d'Amérique ont néanmoins pris des mesures de restriction sur les gaz à effet de serre, rejetant cet argument purement idéologique.
articles connexes
- Environnement
- Liste des articles en environnement
- changements climatiques
- gaz à effet de serre
- cycle du carbone
Le protocole de kyoto a été ratifié par la Fédération de Russie en 2004. Cela a permis son en,trée en vigueur qui est intervenue le 16/02/05.
Liens externes
- GIEC : Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (IPCC en anglais).
- GreenFacts Un résumé fidèle du Troisième rapport d'évaluation, un rapport de consensus scientifique du GIEC.
- Réchauffement climatique Futura-Sciences
- Dossier sur le changement climatique (site notre-planete.info)
- Planet-Terre, un site de l'École normale supérieure de Lyon à but éducatif.
- Encyclopédie de l'environnement atmosphérique, un autre site à but éducatif.
- Le réchauffement climatique : réponse à quelques questions élémentaires, par Jean-Marc Jancovici
- Réchauffement climatique - Photos de Greenpeace au Spitzberg
- La menace climatique Travaux de lycéens sur le réchauffement climatique et ses conséquences]
- Realclimate Blog de commentaire des résultats scientifiques récents animé par des scientifiques.
- Bouleversement climatique abrupt Traduction française d'un rapport « secret » du Pentagone (hypothèse: ne constitue pas un travail prévisionnel strict)
