Rêve
Le rêve est un processus psychique qui se produit au cours du sommeil. Les travaux de W. Dement à Chicago en 1957 ont mis en évidence l'existence de diverses phases d'activité électrique du cerveau au cours du sommeil. Comme les rêves semblaient survenir particulièrement durant les phases où l'activité cérébrale est la plus intense et l'activité musculaire totalement inhibée, à l'exception des muscles oculaires, le chercheur français Michel Jouvet a désigné cette phase comme le « sommeil paradoxal ». La communauté scientifique a longtemps pensé que les rêves ne survenaient que durant cette phase. Toutefois, les expériences menées en 1993 par D. Foulkes - psychologue cognitiviste - montrent que la fréquence de récits de rêves de sujets réveillés pendant un sommeil lent profond peut atteindre plus de 70%. Tous les stades du sommeil sont donc propices à la production de rêves. Toutefois, la faculté de mémorisation est supérieure lorsque le sujet est réveillé en période de sommeil paradoxal, ce qui permet d'ailleurs d'obtenir des récits de rêve auprès de toutes les personnes, y compris celles qui prétendent ne jamais rêver, et ces rêves sont les plus vifs et les plus riches en images. En revanche, la remémoration est très difficile après un réveil en sommeil lent. Dans tous les cas, le rêve qui survient le plus aisément à la conscience est celui qui précède immédiatement le réveil, quelle que soit la phase de sommeil concernée.
L'adjectif relatif au rêve est onirique.
Les rêves reprennent généralement des éléments issus des éléments de la journée précédant le sommeil. On fait parfois l'hypothèse qu'il s'agit d'un « malaxage » des événements destiné à mémoriser ceux-ci.
L'existence du rêve n'est confirmée que chez l'homme, cependant beaucoup pensent qu'il est aussi présent chez les animaux. Les signes physiologiques du sommeil paradoxal ont été trouvés chez la plupart des mammifères et oiseaux.
Interprétation
On s'intéressait déjà aux rêves à Sumer (-3000) et dans l'Égypte ancienne (-2500). Le rêve était considéré comme un message envoyé par les dieux. Les malades que la médecine était impuissante à guérir avaient recours à des pratiques d'incubation : ils se rendaient dans un temple dédié au dieu de la médecine (Asclépios dans la mythologie grecque) et s'étendaient sur une peau d'animal pour dormir après avoir reçu les instructions des prêtres leur recommandant d'être particulièrement attentifs à l'aspect qu'aurait le visage du dieu si celui-ci leur apparaissait en rêve. À l'époque romaine, il y avait environ 400 temples de ce genre dans le bassin méditerranéen. Le médecin grec Hippocrate (-400) a consacré un traité aux rapports entre des contenus oniriques et diverses maladies : ainsi, voir en rêve une mer agitée « pronostique l'affection du ventre », voir du rouge témoigne d'une surabondance de sang, etc. Par contre, l'onirocritique s'attachera surtout aux valeurs prémonitoires des données vues en rêve, décodées de façon symbolique à l'aide de diverses « clés des songes » (voir Artémidore).
Au fil des siècles, l'attitude à l'égard du rêve se modifie à mesure que progresse une attitude scientifique. Au XIXe siècle, une approche expérimentale du rêve se développe avec Alfred Maury [1], Hervey de Saint-Denys [2] et J.-R. Delboeuf. En 1900 Sigmund Freud publie L'interprétation des rêves (Traumdeutung), qui marque l'avènement de la psychanalyse.
En psychanalyse, le rêve est considéré comme une réalisation de désirs, ces derniers étant en fermentation dans notre Inconscient. Le rêve serait une sorte de « soupape de sécurité » permettant à l'Inconscient de s'exprimer sans perturber l'équilibre psychique de l'individu. Selon Freud, « l'interprétation du rêve est la voie royale qui mène à l'inconscient ». Ainsi, le rêve serait une fenêtre sur l'Inconscient permettant au rêveur de procéder à son interprétation : soit seul (autoanalyse), soit au sein d'une cure psychanalytique (en présence d'un psychanalyste).
Il existe un état appelé rêve lucide, défini par le fait que le rêveur se rend compte qu'il est en train de rêver. Le rêveur sait que le monde qui l'entoure n'est qu'une construction de son esprit et peut ainsi analyser et réagir de façon plus ou moins rationnelle selon son degré de « lucidité ». Cette prise de conscience, involontaire ou obtenue par certaines techniques, permet au rêveur de contrôler le contenu et le déroulement du rêve.
Liens externes
- http://membres.lycos.fr/jmcmed/reves/
- http://users.skynet.be/reves/junghome.htm
- http://www.boiteareves.com/
- Citations sur le rêve
- http://sommeil.univ-lyon1.fr/index_f.html
- [Banque de récits de rêves http://www.reves.ca/]
