Ricardo Lagos
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Ricardo Lagos né le 2 mars 1938 à Santiago. Son père meurt lorsqu’il a 8 ans (celui-ci s’était marié avec sa mère à l’âge de 62 ans et l’a eu bien après).
Il suit les cours à l’Instituto Nacional. Il y est élu président de l'Académie des lettres castillanes. C’est dans cet institut qu’il fait la connaissance de Patricio Aylwin qui deviendra le premier président de la nouvelle démocratie chilienne en 1990.
A l’âge de 16 ans, il intègre l’Universidad de Chile en faculté de droit. Il fait ses premiers pas en politique entre 1955 et 1959 en tant que président du centre des élèves. En 1960, à 22 ans son mémoire « La concentration du pouvoir économique » reçoit la plus haute distinction et est édité à 5 reprises. Avocat et disposant d’une bourse de l’Université de Duke, il se marie avec Carmen Weber et partent ensemblent aux USA pour deux ans.
En 1964, père de deux enfants, Ricardo et Ximena sont de retour au Chili où il divorce. Il intègre la faculté d’Économie de l’Universidad de Chile puis en 1967, il devient directeur de l’École des sciences politiques et administratives. Il en devient le secrétaire général en 1967. En 1969, il fait la connaissance de Luisa Durán et se marie avec elle en 1971. En 1975, née Francisca. Durant les années 70, il est directeur du conseil latino-américain des sciences sociales et professeurs à l’institut des études latino-américaines de l’université de Caroline du Nord aux USA.
D’un point de vue politique, il ne se considère pas comme socialiste, mais comme un indépendant de gauche. En 1972, le président Salvador Allende le nomme ambassadeur à Moscou, mais sa nomination n’est pas approuvée par le congrès national. Il est néanmoins ambassadeur lors de la XXVI assemblée générale de l’ONU.
Après le coup d'état de 1973, il s'exile mais revient au pays en 1978. Pendant les années de la dictature de Augusto Pinochet, il œuvre pour le retour de la démocratie. Il devient président de l’Alliance démocratique, alliance qui regroupe la majeure partie des parties démocratiques opposés à la dictature.
Inquiet par la crise économique que vit le Chili et les divisions internes, préoccupé par son pays, il quitte ses fonctions auprès des Nations-Unis. C’est ainsi qu’en décembre 1983, il devient le président de l’Alliance démocratique. Il lance l’idée de construire un mouvement qui puisse réunir à tous les démocrates. C’est dans le sillon de son discours que naissent le PPD (parti pour la démocratie) et le Regroupement des Partis pour la Démocratie. Le 7 septembre 1986, à la suite de l’attentat perpétré contre Pinochet, il doit subir plusieurs interrogatoires des services secrets. Grâce à une forte pression internationale, il est libéré après 19 jours de détention.
À la veille du plébiscite d’octobre 1988, il sillonne le pays pour inviter la population à voter ‘’NO’’ (non). Ce plébiscite, en cas de victoire du Oui aurait permit à Augusto Pinochet de rester au pouvoir pour une nouvelle période de 8 ans, totalisant ainsi 25 ans de pouvoir dictatorial, mais dans ce cas avec l’ « aval » du peuple (des élections étaient prévues d’après la constitution en 1989).
Lors d’une émission télévisée en direct, il lève l’index et face aux caméras lance le message suivant à l’attention de Pinochet : « Le général Pinochet n’a pas été clair avec le pays. En premier lieu vous avez dit, général Pinochet, qu’il y avait ici des buts et non des délais. Après cela, général Pinochet, vous avez eu les délais et vous avez instauré la constitution de 1980. Je vais vous rappeler, général Pinochet, que le jour du plébiscite de 1980 vous avez dit que le président Pinochet ne serait pas candidat en 1989. La caméra me filme, je l’espère. Et à présent, vous promettez au pays 8 autres années de tortures, d’assassinats, de violations des droits de l’homme. Il me semble inadmissible une aussi grande ambition du pouvoir. Prétendre rester 25 ans au pouvoir… »
Le 5 octobre 1988, le non l’emporte par 57,8% des voix exprimées. Le triomphe du non semble lui ouvrir les portes pour une possible candidature présidentielle, mais il appuie la candidature de Patricio Aylwin et convint la gauche de voter pour lui. Sous sa présidence, il devient Ministre de l’éducation et lance une réforme de décentralisation de l’éducation. Il lance ainsi plusieurs projets pour aider les écoles les plus défavorisées du pays avec l’aide de la Banque mondiale.
Il ne peut se lancer dans la course à la présidence en 1993, la coalition ayant choisi Eduardo Frei Ruiz-Tagle (qui deviendra président en 1994). Ce dernier, le nomme malgré tout ministre des Travaux publics. Ricardo Lagos lance alors un système de concessions permettant la construction d’œuvres de génie civil à travers tout le pays avec la participation du secteur privé.
En 1999 est lancé la campagne présidentielle. Celle-ci l’oppose à Joaquín Lavín, lieder de la UDI, le parti pro-pinochetiste. Le premier tour des élections présentent une situation inattendue, aucun candidat n’atteint la majorité absolue. Le 16 janvier 2000, a lieu le second tour des élections (chose qui n’avait jamais eu lieu au Chili). Avec 51,31%, Ricardo Lagos est élu Président du Chili.
Son discours d’alors et qui n’a pas changé à ce jour est : « Je serai le président de tous les chiliens ». Le 11 mars 2000, à Valparaíso, entre les murs du congrès a lieu l’investiture ; Ricardo Lagos devient président.
