Saint Guénolé
Saint Guénolé ou mieux saint Gwénolé est un personnage religieux qui aurait vécu au Ve siècle qui est réputé avoir fondé l'abbaye de Landévennec. Son père, saint Fracan et sa mère, sainte Gwenn auraient débarqué venant probablement du Pays de Galles dans la baie de Saint-Brieuc pour se fixer à Ploufragan (Côtes d'Armor). Guénolé est le troisième fils d'une famille dont les autres enfants sont sainte Clervie, saint Jagu et saint Guéthénoc.
Il serait né, soit à Ploufragan, soit à Plouguin où est encore montré le lieu supposé de sa naissance (uet ne motte féodale). Vers 470, il est confié encore enfant à saint Budoc pour être formé dans l'ermitage de celui-ci situé dans l'île Lavret, dans l'archipel de Bréhat. Vers 485, il désire aller pour vénérer les restes desaint Patrick qui vient de mourir, mais l'apôtre de l'Irlande lui apparaît en songe pour lui indiquer qu'il est préférable qu'il reste en Armorique pour y fonder une abbaye. Avec 11 autres disciples de saint Budoc, il s'établit dans une autre île appelée Tibidy qu'on a tenté d'interpréter comme l'île de la maison de prières, à Logonna-Daoulas, dans la Rivière du Faou. Au bout de 3 ans, en 490, Guénolé , nouveau Moïse, ouvre miraculeusement un passage dans la mer pour aller fonder une nouvelle abbaye sur la rive opposée de l'estuaire à Landévennec. En ayant fait le centre religieux de la Bretagne de l'Ouest, il y meurt en 532.
Les sources historiques sont constituées par les Vies rédigées par l'abbé Gurdisten (Uurdisten) et le moine Clément. La première, la Vita Sancti Winwaloei Cornugallensis fait partie, avec d'autres documents sur l'abbé fondateur, du cartulaire de Landévennec qui est parvenu jusquà nous. Elle est datée par recoupement de la fin du IXe siècle. Mais la seconde, qualifiée de Vie brève et enchâssée dns le texte de Gurdisten, est l'œuvre de Clément, un moine qu'a connu Gurdisten et qui est mort avant lui. Un texte antérieur, retrouvé au British Museum, permet de distinguer l'une de l'autre Les textes suivent les règles de l'hagiographie médiévale et s'attardent sur les nombreux miracles attribués à Guénolé (il ressuscite, guérit, convertit, console, fait jaillir une source, etc.). Gurdisten a placé de nombreuses digressions pour l'édification de ses moines et de ses lecteurs. finalement, un ange apparaît au saint pour lui dire que «les habitants du ciel réclament sa présence» et Guénolé meurt, comme saint Benoît (et à son exemple) au milieu de ses moines en prières. Justement, Gurdisten trouve le moyen d'insérer le diplôme que l'empereur Louis le Pieux a fait remettre en 818 à un des lointains successeurs du fondateur, l'abbé Matmonoc, pour lui donner l'ordre d'abandonner les usages monastiques celtiques au profit de la règle de saint Benoït.
Il est honoré dans les paroisses où étaient situés des dépendances (souvent des prieurés) de l'abbaye de Landévennec : Concarneau, l'Île-de-Sein, Landrévarzec, Locunolé, Locquénolé, Saint-Guénolé (en Penmarc'h), les trois derniers noms étant présents dans de nombreux lieux en Bretagne.
