Sculpture grecque


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La sculpture grecque est probablement l'aspect le plus connu de l'art grec, celui qui pour un contemporain exprime le mieux le beau idéal et la perfection plastique. C'est le premier des arts de l'Antiquité à chercher à s'affranchir de la contrainte mimétique, de la représentation fidèle de la nature.

Seule une faible partie de la production sculpturale grecque nous est parvenue. Beaucoup de chef-d'œuvres décrits par la littérature antique sont désormais perdus ou extrêmement mutilés, et une grande partie ne nous en est connue que par des copies, plus ou moins habiles et fidèles, de l'époque romaine. Beaucoup ont été restaurés par des sculpteurs occidentaux, de la Renaissance à nos jours, parfois dans un sens bien différent de l'œuvre d'origine : un discobole se transforme ainsi en gladiateur mourant, tel dieu reçoit les attributs de tel autre, les jambes de telle statue se trouvent greffées au torse de telle autre.

Traditionnellement, on distingue quatre périodes dans la sculpture grecque :

Ces quatre périodes correspondent à des styles différents plus qu'à des espaces géographiques.

En effet, bien que réalisées le plus souvent en Grèce continentale, les œuvres archaïques et surtout classiques ont été largement répandues par le commerce maritime et les colonies de Grande Grèce, friandes des œuvres de leur terre d'origine. Comme on peut le constater par exemple à Pompéi, la catastrophe de l'an 79 a permis de retrouver dès le XVIIIe siècle des œuvres de l'époque classique importées de Grèce, qui ont contribué aux collections des Borghèse (par exemple le gladiateur, voire Galerie Borghèse)) et du musée de Naples (Appollon citharède, Adonis), mais qui faisaient de la Campanie un espace grec classique encore au Ier siècle de notre ère.

En revanche, les œuvres hellénistiques sont plus souvent produites localement, notamment en Asie mineure (Pergame) ou en Afrique du nord (Alexandrie, Carthage).

Sommaire

Période archaïque

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Kouros (v. -540)

La période archaïque est caractérisée par une grande simplicité des formes et des postures, souvent symboliques, dont l'expression la plus typique se retrouve dans les kouroï (κοῦροι, « jeune garçon ») et koré (κόρη, « jeune fille »). Il s'agit de figures humaines en pied, masculines ou féminines, souvent de tailles quasi-réelles, dont l'allure n'est pas sans rappeler l'art égyptien, du fait de la posture hiératique avec la jambe gauche avancée, ne tenant aucun compte de la bascule physiologique du bassin. Les visages sont anonymes, et n'expriment pas non plus de sentiments particuliers, mettant seulement en scène une esthétique idéale et des attributs symboliques.

Cette période comporte des œuvres essentiellement sculptées dans le marbre ou la pierre, la terre cuite, la technologie de fonte du bronze ne permettant pas encore de fonderies de grande taille. Ces œuvres sont parfois polychromes, et il semble que l'usage de peindre les statues était assez général et durable en Grèce.


Période classique

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Satyre au repos de Praxitèle

La période classique voit apparaître des sculptures qui maîtrisent l'anatomie et la pose, dont les auteurs sont identifiés, notamment du fait de la définition de canons esthétiques de proportions qui leur étaient propres. Le répertoire de la période classique embrasse aussi bien la mythologie que les héros, représentés dans le naturel supposé du quotidien, avec l'apparition du contrapento ou déhanchement de la jambe d'appui. La maîtrise de l'exécution fait de la sculpture du Ve siècle av. J.-C. le sommet de l'esthétique classique, qui inspirera encore la Renaissance et le néo-classicisme des XVIIIe et XIXe siècles européens.

La période classique est aussi l'époque de sculptures monumentales, parfois en bronze (aurige de Delphes), parfois dans des matériaux moins usités, comme les sculptures chryséléphantides (placage d'or et d'ivoire) de Zeus ou d'Athéna, que Phidias a réalisées pour leurs temples respectifs, à Olympie (une des sept merveilles du monde) ou à Athènes.

le second classicisme se distingue du premier par un affinement des canons de proportion, mais surtout par une interprétation plus légère, moins raide, que la période précédente, ainsi que des sujets plus quotidiens. L'Hermès de Praxitèle est le meilleur exemple de cette période.

Le marbre blanc est la matière la plus usitée par les sculpteurs, le plus souvent ceux de Paros ou du Pentélique, qui donnent à la lumière une lisibilité douce des courbes et des volumes. Les copies romaines en marbre polychrome rouge ou vert détruisent cette lisibilité et n'ont guère que l'intérêt de « faire riche», comme le disait Gustave Moreau. En ce qui concerne les bronzes, ils faisaient couramment l'objet de rehauts rapportés comme des yeux en émail, des lèvres et des seins en cuivre, des cils en bronze.


Période hellénistique

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Groupe du Laocoon

La période hellénistique voit apparaître des poses tourmentées et complexes, comme le Laocoon rhodien, qui annonce déjà la sculpture baroque de Jean Bologne ou Adrien de Vries. Elle voit également apparaître le portrait, avec un vérisme qui peut exprimer tous les sentiments, et une virtuosité technique qui se joue des difficultés de la matière.

L'idéal esthétique fait clairement place à la réalité, on voit apparaître des portraits de vieillards qui ne sont plus des Chronos, des écuyers de course, des scènes de la vie quotidienne, un art consommé du drapé. Les portraits d'Alexandre se reconnaissent généralement à la déformation de son cou, car il souffrait d'une rétraction sterno-cléido-mastoïdien; cette infirmité n'aurait jamais été retenue à l'époque classique.

Durant toutes ces époques, la sculpture reste profondément intriquée avec l'architecture. On ne peut en effet séparer les œuvres des frontons des temples, les cariatides et les atlantes, de leur support. L'organisation de l'animation de l'espace, la lisibilité de la scène, la prise en compte de la vue en contre-plongée du spectateur, ont dès le début (temple d'Égine) fait l'objet d'un traitement soigneux.

À l'époque hellénistique, la sculpture pénètre aussi largement dans les demeures privées. Elle fait partie des signes extérieurs de culture et d'influence, ouvrant la route à une démarche muséographique comme celle de l'empereur Hadrien à Tivoli (voir villa Hadriana).

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Articles consacrés à des sculptures grecques :

See also: Sculpture grecque, -323, -540