Sémiotique
La sémiotique est l'étude des signes et de leur signification.
La sémiotique s'intéresse à comment le cerveau produit, communique et codifie la signification. Elle s'applique à tout type de signes ou de symbole et pas seulement aux mots comme la sémantique; un geste ou un son est considéré comme un signe. Même des concepts, des idées ou des pensées peuvent être des symboles pour quelque chose d'autre. La sémiotique fournit les outils pour examiner de façon critique les symboles et les informations dans divers domaines.
La faculté de manipuler des symboles est une caractéristique de l'être humain qui lui permet d'explorer les relations entre idées, choses, concepts et qualités de façon bien plus approfondie que les autres espèces vivantes.
Actuellement, on distingue plusieurs sous-domaines de la sémiotique, dont :
- la syntaxe ;
- la sémantique ;
- la pragmatique.
La sémiotique, qui a ses racines dans l'épistémologie, la philosophie des sciences et la logique formelle, est d'une importance croissante en sciences et en technologie.
Histoire
En 1690, le philosophe John Locke dans son An essay concerning human understanding, fut le premier à utiliser le terme semeiotike à partir du mot grec σεμα (sema) qui signifie signe.
Charles Sanders Peirce (1839-1914), Les apports de la pensée de l’Américain Charles Sanders Peirce à la philosophie, en logique des mathématiques et en sémiotique ont longtemps été méconnus en France. Ils n’en sont pas moins considérables, même si son influence ne fut en rien directe : il publia peu (un livre et des articles), et ses écrits ne furent rassemblés que bien après sa mort. Parallèlement à Frege, Peirce invente une « logique des propositions » qui joue un rôle capital dans la formulation de la logique moderne. Véritable fondateur de la sémiotique (science des signes), bien avant la linguistique moderne issue des travaux de Ferdinand de Saussure, il jette les bases du pragmatisme dans sa « rhétorique spéculative » (1905). La trilogie, « indice, icône, symbole », sera appelée à jouer un grand rôle dans toutes les recherches en sciences humaines au XXe siècle. Esprit paradoxal, créateur d’une terminologie aussi déroutante qu’inventive, il marquera profondément les philosophes de langue anglo-saxonne.
Ferdinand de Saussure (1857-1913), la père de la linguistique moderne, vers la même époque, inventa un sujet qu'il appela sémiologie. Selon de Saussure, les signes étaient la relation entre le signifiant et le signifié.
Charles W. Morris (1901-1979) fut reconnu pour sa Foundations of the Theory of Signs.
Umberto Eco fit connaître la sémiotique à une audience plus large grâce à plusieurs publications, notamment Il signo, (Le signe) 1971 et Trattato di semiotica generale (Traité de sémiotique générale), 1975. Eco reconnaît explicitement l'importance des travaux de Peirce.
Principes
La sémiotique est fondée sur le concept de signe, établi sur une relation entre un élément perceptible le signifiant et le sens donné à ce signifiant à l'intérieur d'un code, plus ou moins construit, sens auquel on donne le nom de signifié. Cette relation s'écrit le plus souvent: Si=Sa/Sé Exemple : dans un code comme le code de la route, les couleurs rouge, orange, verte des feux de circulation sont autant de signifiants renvoyant à des signifiés différents (on notera ici que la relation s'établit à l'intérieur d'un système, jouant dans notre exemple sur l'alternance des couleurs) Il est important de noter la différence entre signe et indice. Ainsi la fumée est indice du feu, et non signe. Elle n'est que la conséquence naturelle du feu, ne s'inscrit donc dans aucun code, ne répond à aucune volonté établie de signifier.
Mis à à part l'indice (ou INDEX), C.S Peirce définissait deux types signes: l'ICÔNE qui renvoie à l'objet signifié à travers une ressemblance avec celui-ci. Ainsi pour la photographie, le portrait. Evoquer une couleur à travers un objet (rubis, émeraude, saphir) est également un processus icônique
le SYMBOLE qui renvoie à l'objet à travers une convention d'ordre culturel, reposant sur une association d'idées ou de valeurs. La balance et le glaive sont ainsi deux symboles différents de la justice, chargés l'un et l'autre de références culturelles très fortes.
La sémiotique a connu une gloire quasiment publique avec Roland Barthes, qui fut en quête du langage des signes dans la publicité, la mode, l'écriture romanesque et poétique. Cela étant, peut-être faut-il considérer que tout n'est pas nécessairement signification. Si tel élément architectural peut être considéré comme un signe, on peut cependant être tenté de penser avec le linguiste Frédéric François que « la construction des maisons n'est pas d'abord une pratique signifiante ». PM F
