Siège de Nicée
Prémice
Nicée était une ville de l'empire byzantin qui avait été prises par les Turcs seljoukides en 1078 et qui en 1081 en firent la capitale d'un royaume.
Avec l'arrivée des croisés depuis le mois de décembre 1096, les Byzantins organisèrent une attaque conjointe sur la ville de Nicée.
Le 21 octobre précédent, la croisade populaire de Pierre l'Ermite et Gauthier-sans-Avoir avaient également fait mouvement vers Nicée. Cette masse mal entraînée avait été facilement vaincue par Kilij Arslan, sultan de Nicée.
Kilij Arslan reprend alors un conflit contre un voisin oriental, Danishmend, qu'il affronte lors du siège de Malatya. Il reçoit alors des nouvelles lui annonçant l'arrivée de la Croisade des barons mais il ne s'en soucie d'abord assez peu. Lorsque la gravité de la situation se confirme, il convient d'une trêve avec son adversaire pour repousser les occidentaux, les Franj.
La cité bénéficie de solides défenses, six kilomètres de remparts avec 240 tours et, au sud-ouest, le lac Ascanios qui empêche l'accès de ce côté en assurant un approvisionnement en eau.
Après une étape à Nicomédie du 1er au 3 mai 1097, le 4 mai les croisés renforcés par les survivants de la croisade populaire, autour de Pierre l'Ermite, s'avancent vers Nicée. La ville est atteinte le 6 mai. Les Lorrains s'installèrent au nord, les Normands d'Italie à l'est, et les troupes de Raymond de Saint-Gilles, arrivées le 16 mai, au sud. Entre temps un premier assaut eut lieu le 14 mai.
Du côté turc, si Kilij Arslan avait expédié quelques renforts symboliques aux premières alertes, il est trop tard lorsqu'il arrive en vue de la ville, elle est investie. Le 21 mai, il tente de percer les lignes adverses, mais la bataille qui dure toute la journée est sanglante et il doit renoncer.
Kilij Arslan se replie sur Konya, désormais nouvelle capitale du sultanat. Il aurait transmis aux assiégés un message sybillin suggérant de se rendre aux Byzantins plutôt qu'aux Francs qui l'année précédente avaient fait de terribles ravages. Preuve de leur cruauté, les Francs s'« amusent » à catapulter les têtes de soldats turcs morts dans les précédents combats.
Le 3 juin, le dernier contingent croisé, mené par Robert Courteheuse et Étienne II de Blois complète le dispositif franc.
Dans la nuit du 18 au 19 juin des membres turcs de l'armée byzantine pénètrent dans la ville par le lac, et au petit matin, alors que les francs préparent l'assaut décisif, ils ont la surprise de voir l'étendard impérial flotter sur les remparts.
Parmi les pertes franques de ce siège, Robert comte de Gand - au combat du 21 mai -, Baudouin de Mons, Baudouin Cauderons, Guillaume IV de Lyon, comte de Forez et Gui de Porsenne.
Sources et bibliographie :
- Amin Maalouf, Les croisades vues par les Arabes, éd. J'ai Lu, 1983, ISBN 2-290-01916-X
- Le première croisade sur le site de l'Université de Sherbrooke]
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