Sud-PTT


Fédération de syndicats locaux français aux PTT, service public devenu La Poste et France Télécom; son champ d'action syndical couvre ces deux entreprises et s'est étendu aux autres entreprises du secteur (filiales, centres d'appels, etc.). Ses statuts de la fédération ont été déposés le 28 décembre 1988.

Acronyme de Solidaires unitaires démocratiques - Postes telégrammes et télécommunications.

SUD PTT est devenu en quelques années la seconde organisation syndicale à La Poste et à France Télécom, les deux sociétés issues des PTT. En dépit de son nom, le syndicat s'est ouvert à la syndicalisation dans les entreprises concurrentes, notamment dans le secteur des télécommunications.

Sommaire

Histoire

SUD PTT a été fondé en 1988 par des militants CFDT démis de leurs mandats, durant la grève, victorieuse, dite « des camions jaunes ». Celle-ci avait démarrée à Lille, mais sans le soutien de la fédération CFDT. Début novembre, des sections à Lille et en Île-de-France, dont l'union régionale dirigée par Annick Coupé, sont mises sous tutelle et les délégués destitués. 300 personnes seront exclues nominativement. Ils créent Sud-Ptt dans les semaines qui suivent. Le nom, acronyme de « Solidaires Unitaires Démocratiques » est l'idée d'un militant toulousain.

Lors des élections professionnelles ( désignation des commissions administratives paritaires) du 15 mars 1989, Sud obtient presque 5% des voix bien qu'absent de nombreux centres en provinces avec des pointes à 45% aux centres de tri de Créteil et d'Issy-les-Moulineaux. C'est un succès et plusieurs équipes en délicatesse avec leur fédération nationale, incrédules devant cette nouvelle organisation, la rejoindront. Sud-Ptt rejoint par ailleurs le Groupe des Dix.

Le premier congrès de SUD-PTT a eu lieu du 19 au 22 septembre 1989. Il se donne des orientations originales par rapport aux autres syndicats: « Le syndicat n'a pas le monopole de l'impulsion de l'action ni de sa représentation. Il n'est qu'un des éléments d'un collectif dont les décisions reposent avant tout les travailleurs ». Sud affirme son soutien aux coordinations de grève, popularisés par les mouvements des 1986 (étudiants, cheminots), puis des infirmières et donc aux PTT. Ils reçoivent le soutien d'Eugène Descamps, l'un des pères de la CFDT:"Vous avez dérangé l'ordre des choses.. on le pardonne difficilement.".

Sud-PTT combat le projet de Quilès, finalement voté le 2 juillet 1990 qui scinde les PTT en deux entités. Entravé dans son développement par des obstacles juridiques contre les nouveaux venus, Sud obtiendra finalement gain de cause en Conseil d'état le 2 juillet 1993, qui leur ouvrira un meilleur accès au droit syndical (qui depuis 1974 est trois plus avantageux que le standard de la fonction publique).

Le 12 octobre 1993, en 1994, de nombreux mouvements ont lieu contre la gestion du personnel impliquée par la loi Quilès. Aux élections professionnelles, SUD rassemble 12% des voix à La Poste et 22% à France Télécom.

En décembre 1995, Sud est en première ligne dans le combat contre la réforme d'Alain Juppé. L'étiquette Sud est adoptée par des militants d'autres secteurs.

En 1996, Sud soutient le mouvement des sans-papiers, en hébergeeant même dans leurs locaux, ce qui fera débat au sein même de leur 4e congrès, en décembre, à Forges-les-Eaux. Malgré Sud, le changement de statut de France Télécom est voté en 1996; l'ouverture du capital prévue en juin 1997 est reportée pour cause d'élections, mais malgré l'engagement de Lionel Jospin, la gauche commence la privatisation en octobre 1997. Aux élections professionnelles de 1997, SUD rassemble 16% des voix à La Poste et 26% à France Télécom.

L'esprit SUD

SUD PTT a eu un positionnement original, qui l'a amené à être à la création d'AC ! (Agir ensemble contre le chômage !), puis a être membre fondateur de l'association altermondialiste Attac (Association pour la taxation des transactions financières et l'aide aux citoyens). SUD PTT est membre de l'Union syndicale Solidaires.

Leur exemple inspirera leurs collègues cheminots de la CFDT suite aux grèves de 1995, qui développeront Sud-Rail. L'Union syndicale Solidaires prendra son envol.

En juin 2001, la fédération comptait environ 15 000 adhérents (contre 1843 au 1er janvier 1990, 5847 au 1er janvier 1996, 10946 au 1er janvier 1998). En 2005, elle est la deuxième organisation à La Poste et à France Télécom (27% des voix).

Voir aussi

Liens internes

Liens externes

See also: Sud-PTT, 12 octobre, 15 mars, 1988, 1989, 1990, 1993, 1994, 1996, 1997