Surdité
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Une personne est sourde quand elle n'est pas capable d'entendre. On parle aussi souvent de personnes malentendantes pour qualifier une surdité partielle.
| Sommaire |
Définition
La classification des surdités
Surdité de transmission
La surdité est qualifiée de transmission quand l'oreille externe ou l'oreille moyenne est touchée, et que l'oreille interne est intacte. Parmi les principaux problèmes qui entraînent fréquemment des surdités de transmission, notons :
- le manque de mobilité du tympan (les causes sont multiples : otite séreuse ou séro-muqueuse, calcification, perforation, cholestéatome ...)
- un problème sur la chaîne ossiculaire (ankylose de l'étrier ou otospongiose, luxation d'un osselet, lyse ...)
Surdité de perception
Cette surdité atteint la cochlée ou les voies nerveuses post-cochléaires. L'oreille moyenne et externe est valide. La surdité de perception se rencontre dans les cas :
- de presbyacousie
- de prise de médicaments ototoxiques (certains antibiotiques, aspirine à forte dose , quinine ...)
- de traumatismes sonores aigus (type explosion) ou chronique (exposition professionelle au bruit sur de longues durées sans protection)
- de tumeur des voies nerveuses ( neurinome le plus souvent)...
Surdité mixte
La surdité est appelée mixte si elle relève d'un problème de transmission et de perception.
Surdité centrale
La surdité centrale se manifeste si les aires auditives du cerveau sont lésées.
Diagnostic
Positif
Sévérité de la surdité
La perception auditive est mesurée en décibels.
Étiologie de la surdité
Surdité congénitale
- La surdité d'origine génétique atteint environ 1 sur 2000 à 1 enfant sur 1000. Beaucoup de ces surdités n'apparaitront qu'au bout de plusieurs années voire plusieurs dizaines d'années.
- Les infections virales ou parasitaires au cours de la grossesse comme la toxoplasmose, la rubéole et la maladie des inclusions cytomégaliques. Cette dernière maladie est l'infection la plus fréquente chez la femme enceinte en Europe. Elle atteindrait jusqu'à 2 pour cent des femmes enceintes. La moitié des fœtus de ces femmes seront atteints par le virus et 10 % des fœtus développeront au bout de quelques années une surdité.
Surdité d'origine postnatale
- Les maladies comme la méningite peuvent causer la surdité.
- La surdité peut être causée par accident : blessure importante à l'oreille ou dégâts dus au souffle d'une explosion. Elle peut également être causée par une exposition à des sons trop intenses sans protections adéquates.
- Certaines personnes ne sont pas nées sourdes mais le deviennent petit à petit en vieillissant ; c'est ce qu'on appelle la presbyacousie.
Communication
Normalement, un sourd a sa propre langue, toutefois afin de communiquer avec des personnes ne connaissant pas cette langue spécifique, il est nécessaire d'opter pour d'autres possibilités. Ces possibilités ne sont pas exclusives. Un sourd peut s’exprimer par la langue des signes et/ou l’oral, savoir lire sur les lèvres et être équipé d’un appareil auditif en même temps.
Langue / Méthode de communication
- Les langues des signes sont des langues visuelles et gestuelles, et non sonores comme les autres langues. Ce ne sont pas des pantomimes ; elles emploient des signes et ont une grammaire élaborée qui leur est propre. Il est nécessaire que l’interlocuteur comprenne aussi la langue des signes pour que le Sourd puisse communiquer avec lui. Certaines familles improvisent aussi des signes, mais ils ne font pas partie de la langue des signes. Contrairement à une idée très répandue, celle-ci n’est pas universelle : chaque pays possède sa propre langue des signes et certaines régions possèdent même leur patois. Toutefois, certains signes sont communs à plusieurs pays, et cela peut permettre à des Sourds, pourtant originaires de pays très différents, de communiquer rapidement entre eux grâce des signes très iconisés. La langue des signes existe en France depuis plus de deux siècles. Il existe des interprètes en langue des signes. Elle est considérée comme langue naturelle des Sourds.
- Le français signé utilise les signes de la langue des signes française (qui a sa propre syntaxe) tout en conservant la syntaxe de la langue française. Ce sont surtout les sourds oralisés qui ont le français comme langue maternelle qui l’utilisent sans se référer à la culture sourde.
- La lecture labiale permet au sourd de comprendre un interlocuteur oralisant, mais ne lui permet pas de percevoir l’intégralité du message. On estime que 30 % seulement du message est « lu » sur les lèvres, le reste étant interprété par la personne sourde suivant le contexte, ce qui donne souvent lieu à des malentendus. Par exemple, certains sons se ressemblent énormément sur les lèvres comme baba, papa et mama. Des phonèmes sont invisibles sur les lèvres comme le /r/ et le /k/ et sont donc difficiles à percevoir. Il existe même des blagues sourdes tirant parti de ces confusions comme meilleurs veaux pour « meilleurs vœux »…
- Code complétant la lecture labiale : La Langue parlée complétée (ou LPC, issue du Cued Speech américain, soit littéralement « parole codée ») essaie de remplir les trous de compréhension dans la lecture labiale en explicitant les sons cachés avec des gestes de la main autour du visage. Ainsi, de 30 % de compréhension seulement en lecture labiale seule, on passe à 95 % avec la LPC. Elle existe en France depuis près d’une trentaine d’années et permet aux parents entendants de communiquer plus facilement avec leurs enfants sourds et à ceux-ci d’acquérir plus facilement la langue française que par l’oral seul. Il existe des codeurs en Langue française Parlée Complétée.
Technologie
- L’appareillage permet aux malentendants de mieux entendre et aux sourds profonds d’avoir des repères sonores. Il est plus utilisé par les personnes qui deviennent sourdes en vieillissant. Beaucoup de parents entendants d’enfants sourds choisissent aussi cette option. Tous les sourds ne portent pas d’appareils, soit parce qu’ils ont une surdité trop profonde pour s’en servir efficacement, soit par choix personnel.
- L’implant cochléaire est un appareil électronique composé d’un implant interne (une plaque métallique placée derrière l’oreille et des électrodes insérées dans la cochlée lors d’une opération chirurgicale) et d’un implant externe (un aimant qui est collé derrière l’oreille et un boîtier externe ou un contour d’oreille qui captent le son et le transmettent à l’implant interne). Il est utilisé pour les sourds profonds et les devenus-sourds adultes sous certaines conditions (ancienneté de la surdité, état de la cochlée, appareils classiques non efficaces, etc.). L’implant cochléaire permet ainsi aux sourds profonds de retrouver une perception auditive, mais il ne remplace pas l’ouïe et nécessite une rééducation auditive.
Éducation/Enseignement
Dans l’ensemble, on distingue deux grandes méthodes dans l’éducation des sourds :
- Le bilinguisme qui consiste en un apprentissage de la LSF (la langue des signes) et du français écrit, afin de permettre à l’enfant sourd d’accéder à la culture de son pays tout en faisant de la langue des signes sa langue maternelle.
- L’oralisme qui consiste à donner à l’enfant sourd la langue et la culture de ses parents entendants et de son pays, et donc à lui permettre de s’exprimer à l’oral, avec ou sans l’aide du langage parlé complété. Elle permet à l’enfant sourd de mieux s’intégrer dans la société.
Toutefois, il est important de préciser que ces deux méthodes d’éducation ne sont pas forcément contradictoires, même si elles sont l’objet de conflits et de discussions interminables entre les partisans de chaque méthode pour savoir laquelle est la meilleure.
- Normalement, les parents confrontés à ce choix peuvent choisir d’opter pour l’une ou l’autre des éducations dispensées aux enfants sourds bien que les moyens ne soient pas également répartis sur l’ensemble du territoire : on voit des familles déménager ou bien des transports assez conséquents pour les enfants sourds. Le choix se fait donc entre l’enseignement de la langue des signes et l’oral avec appareillage, ou la Langue française Parlée complétée et l’oral avec appareillage, il est possible d’utiliser les trois, et retenir ensuite la formule qui réussit le mieux à l’enfant sourd.
Histoire de la surdité
Moyen Âge, une période où les sourds et leurs signes semblent bien acceptés
- Aude de Saint-Loup a retrouvé la trace de cent vingt sourds de l'époque médiévale. Seuls quatre étaient mendiants, tous les autres travaillent : ils sont ouvrier, drapier, boucher, laboureur, servante, portier et même religieux. Au Moyen Âge les sourds ont vraisemblablement été mieux intégrés au monde entendant que ce ne fut le cas au XXe siècle. Le contexte culturel était favorable à l'expression gestuelle au point que parfois on parle du Moyen Âge comme civilisation de geste, même si elle reste dominée par le primat de la parole. De plus il faut savoir que le monastère de l'ordre cistercien, fondé en 1098, oblige ses moines à la règle du silence. Ils communiquent donc entre eux par signes. Leur langue des signes monastique n'a pas de signes en commun avec la LSF.
- Des communautés religieuses accueillent des enfants sourds. Les sourds sont autorisés à utiliser leurs signes pour le baptême, pour se marier et pour prononcer les vœux monastiques. Après qu'au Ve siècle Saint Jérôme eut reconnu que « par les signes et par la conversation quotidienne, par les gestes éloquents de tout le corps, les sourds peuvent comprendre l'Évangile », au XIIIe siècle Thomas d'Aquin dans la Somme théologique, les invite à se confesser par signes.
Au XVIe siècle
Dans son Traité de la peinture, Léonard de Vinci écrit que ceux là seraient bien enseignés qui imiteraient les mouvements des muets qui parlent avec des mains et des yeux et des sourcils et de toute personne, dans leur volonté d'exprimer le concept de leur âme. Montaigne dit que « nos muets discutent, argumentent, et content des histoire par signes ».
Au XVIIe siècle
René Descartes écrit dans une de ses lettres : « je dis parole ou autres signes car les muets se servent de signes en même façon que nous de la voix ». La langue gestuelle utilisée alors par les sourds apparaît donc comme ayant les mêmes qualités que les langues vocales.
Au XVIIIe siècle
- Condillac voit dans les langues gestuelles les langues premières de l'humanité. Le premier chapitre de sa Grammaire est tout entier consacré au langage d'action, terme qui sera réutilisé pendant tout le XIXe siècle pour désigner la langue des signes.
- Dans sa Lettre sur les sourds et muets, Denis Diderot dit que pour obtenir « les véritables notions de la formation du langage », il faut aller voir « celui que la nature a privé des facultés d'entendre et de parler ».
- Jean-Jacques Rousseau fait une analyse d'une étonnante modernité de la langue des signes dans son Essai sur l'origine des langues.
Au XIXe siècle
C'est dans ce climat intellectuel que s'inscrit l'entreprise de Abbé de l'Épée. Voir à ce propos la partie qui lui est consacrée dans l'article LSF.
Liens externes
- La surdité en Belgique sur Wikinations.be
