Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

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Talleyrand

Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, communément appelé Talleyrand, est un homme politique et diplomate français, né le 2 février 1754 à Paris, mort à Paris 17 mai 1838.

Sommaire

Origine et Jeunesse

Sa famille affirmait descendre d'Adalbert, comte de Périgord et vassal d'Hugues Capet en 990. Dans tous les cas, il est issu d'une famille de la haute noblesse, ce qui est attesté par lettres patentes royales de 1613 et 1735. Ses parents occupent des charges importantes durant le règne de Louis XV. Il est le neveu d'Alexandre Angélique de Talleyrand-Périgord (1736 - 1821), successivement archevêque de Reims, cardinal et archevêque de Paris.

Selon les biographes, il serait atteint du syndrome de Marfan (maladie génétique) ou victime d'une chute à l'âge de quatre ans (la version de ses mémoires) : Talleyrand possède un pied-bot. Cette infirmité lui vaut de ne pas pouvoir accéder aux fonctions militaires et d'être destitué de son droit d'aînesse par ses parents qui le destinent à une carrière ecclésiastique.

Ceci explique le choix du discours de Mirabeau sur l'égalité de répartition des patrimoines et donc la suppression du droit d'aînesse, lors d'un hommage que Talleyrand lui rendra le jour de sa mort, à la tribune de l'assemblée.

Carrière ecclésiastique

En 1769, à l'âge de quinze ans, il entre au séminaire Saint-Sulpice. Malgré cela, durant cette période, il fréquente de façon ostentatoire une actrice de la Comédie française.

Le 28 mai 1774, il reçoit les ordres mineurs. Le 22 septembre 1774, il obtient un baccalauréat en théologie à la Sorbonne, acquise grâce à sa naissance plutôt qu'à son travail : son directeur de thèse de la Sorbonne, M. Mannay, rédige sa thèse, au moins en partie. À 25 ans, le 1er avril 1775, il prononce ses vœux. Le 11 juin 1775, il assiste au sacre de Louis XVI, dont le coadjuteur de l'évêque n'est autre que son oncle. Au printemps 1778, il rend visite à Voltaire. Le 18 décembre 1179, au matin de son ordination, son ami le duc de Choiseul le découvre prostré et en pleurs. Ce dernier insiste pour qu'il renonce mais il lui répond : « non, il est trop tard, il n'y a plus à reculer. » Aucun membre de sa famille n'est présent pour l'ordination, mais ses parents viennent à sa première messe. Il a 26 ans.

En 1780, il devient agent général du clergé de France et est chargé de défendre les biens de l'Église face aux besoins d'argent de Louis XVI (particulièrement en 1785). À cette occasion, il prend connaissance de l'étendue exacte de la richesse du clergé.

À cause de sa vie dissolue et libertine (au grand jour, il joue, a de nombreuses maîtresses, etc.), il est déçu dans ses espoirs d'obtenir un évêché, du fait des opinions morales du roi et de la reine. Ses goûts du luxe et du jeu lui demandent beaucoup d'argent. De 1783 à 1792, Talleyrand a, entre autres, pour maîtresse la comtesse Adélaïde de Flahaut, qui, au grand jour, lui donne un enfant en 1785, le fameux Charles de Flahaut. Il fréquente et anime les salons libéraux proches des Orléans. En 1788, il est nommé évêque d'Autun par le roi, grâce à la requête que son père mourant avait adressée à Louis XVI (« cela le corrigera », aura déclaré ce dernier en signant). Trois semaines plus tard, il est élu député du clergé aux États généraux et quitte aussitôt et définitivement la ville d'Autun.

Révolution

Le 14 juillet 1789, Talleyrand est nommé membre du comité de constitution de l'Assemblée Nationale où il joue un rôle très important. Il est d'ailleurs signataire de la constitution présentée au roi et acceptée par celui-ci le 14 septembre 1791 ; il est l'auteur de l'article VI de la déclaration des droits de l'Homme qui lui sert de préambule : « La loi est l'expression de la volonté générale. [...] Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse [...] ».

Le 14 juillet 1790, il célèbre la messe qui a lieu sur le Champ de Mars lors de la Fête de la Fédération. Il suggère et participe activement à la confiscation des biens de l'Église par la Révolution en 1790. C'est la principale accusation de trahison qui lui est portée. En 1791, il prête serment à la constitution civile du clergé bien qu'ayant démissionné de son poste d'évêque, le 13 janvier de la même année. Il est chargé de sacrer les deux premiers évêques constitutionnels, aussi appelés « talleyrandistes ».

En 1792, Talleyrand est envoyé en mission diplomatique à Londres afin de rassurer la monarchie anglaise sur la politique française. En dépit de l'atmosphère hostile, il obtient la neutralité des Anglais. Il revient en juillet, et, anticipant la Terreur, repart rapidement muni d'un ordre de mission arraché à Danton, ce qui lui permet de prétendre qu'il n'a pas émigré. Il est cependant porté sur la liste des émigrés.

Expulsé d'Angleterre en 1794, il part aux États-Unis, où il exerce le métier de prospecteur immobilier dans les forêts du Massachusetts, puis celui de courtier en marchandises. Il rentre en l'an IV (1796) à la suite de la levée du décret d'accusation de la Convention à son encontre, Benjamin Constant ayant fait un discours en ce sens. Il est rayé de la liste des émigrés.

Suite à son exil il publie deux essais intitulés respectivement :

Directoire

En l'an V (1797), Madame de Staël intercède en sa faveur auprès de Barras et lui obtient le ministère des relations extérieures, en remplacement de Charles Delacroix.

Il y a un doute sur la paternité d'Eugène Delacroix qui, selon ses contemporains et certains historiens, aurait pour père Talleyrand, qui est alors l'amant de madame Delacroix. Il est à noter qu'Eugène Delacroix avait une certaine ressemblance, semble-t-il, avec Talleyrand. D'autre part Charles Delacroix souffrait d'une tumeur aux testicules.

Talleyrand rencontre, peu après sa nomination, le jeune général Napoléon Bonaparte revenant couvert de gloire d'Italie et avec qui il entretient une correspondance active en raison de son poste. Il donne une fête somptueuse en son honneur en l'Hôtel de Gallifet, où est installé le ministère. En l'an VIII (1799), il démissionne du ministère, se consacrant à la préparation du coup d'État du 18 Brumaire.

Période napoléonienne

Après ce coup d'État, et avoir récupéré au passage environ trois millions de francs destinés à faciliter la démission de Barras, il retrouve son rôle de ministre et conclut les importants traités couronnant la politique conquérante de Bonaparte.

Les traités de Mortefontaine et de Lunéville sont conclus quasiment sans son intervention, le jeune Premier Consul ne laissant guère de place à d'autres pour mener la politique extérieure. Talleyrand ne s'en offusque pas et approuve même, dans leur ensemble, ces deux traités.

En l'an X (1801), suite à l'injonction d'épouser ou de quitter l'une de ses maîtresses, Talleyrand se marie avec Catherine Grand, qu'il connaît depuis trois ans, une jeune française native des Indes. Ses contemporains disent d'elle que « c'était la Belle et la Bête réunies en une seule personne ». Il en a certainement une fille qu'il adopte en 1803 et qui serait née de père inconnu.

La même année, il achète le château de Valençay, encore sur injonction de Bonaparte mais avec son aide financière, où il héberge plus tard les infants d'Espagne, prisonniers de l'empereur. Le domaine du château est d'environ 12 000 hectares, ce qui en fait l'un des plus grands domaines privés de l'époque. Talleyrand y séjourne régulièrement, en particulier avant et après ses cures thermales à Bourbon-l'Archambault.

En 1804, face à l'augmentation du nombre d'attentats perpétrés par des royalistes contre Bonaparte, Talleyrand joue un rôle (l'importance de l'implication des uns et des autres restant obscure) dans l'assassinat du Duc d'Enghien. Il est nommé grand chambellan le 11 juillet 1804 et assiste le 2 décembre 1804 au sacre de Napoléon.

En 1805, après la brillante campagne d'Autriche et l'écrasante défaite de Trafalgar, Talleyrand signe à contrecœur le traité de Presbourg, qu'il n'a pas rédigé.

En 1806, il est nommé prince de Bénévent, petite principauté confisquée au Pape. Le 12 juillet de cette même année il signe le traité créant la confédération du Rhin, toujours sur ordre de Napoléon. Amorçant la critique de la politique guerrière de celui-ci, il commence à communiquer des informations au tsar Alexandre Ier via son ami Dalberg. En 1807 il négocie et signe le traité de Tilsit et prend certainement la décision de démissionner de son poste de ministre au retour de Varsovie.

Talleyrand se détache peu à peu de l'empereur pour arriver à la rupture en 1809 où celui-ci l'accuse de trahison, suite à des rumeurs de complots avec Joseph Fouché. En 1813, il refuse le poste de ministre des relations extérieures que lui propose à nouveau l'empereur.

En 1814, profitant de la chute de l'Empire, il manœuvre habilement pour livrer Paris aux alliés et à Louis XVIII.

Sous la première Restauration

En mars, les alliés entrent à Paris. Le 1er avril 1814, il est élu par le Sénat président du gouvernement provisoire. Il signe la convention d'armistice avec les alliés et installe Louis XVIII sur le trône, lequel le nomme au ministère des Affaires Étrangères.

Le 16 septembre 1814 a lieu le congrès de Vienne, et, bien que la France ne soit pas admise à la table des négociations, Talleyrand réussit à y participer. Il en signe l'acte final le 9 juin 1815 et réussit, en faisant jouer les nombreuses divisions alliées, à limiter les sanctions à l'encontre de la France et même à fortement influencer des décisions ayant plus trait à l'équilibre européen qu'à la France.

Poussé par les Ultras, Louis XVIII force Talleyrand à démissionner et le nomme grand chambellan le 24 septembre 1815.

Pendant la monarchie de Juillet

En juillet 1830, Louis-Philippe devient roi après la révolution des 27, 28 et 29 juillet qui chasse Charles X. Il nomme alors Talleyrand ambassadeur à Londres, afin de rassurer les autres pays européens. Il travaille à rapprocher le Royaume-Uni de la France, jusqu'en août 1834. Il quitte alors la scène publique et se retire dans son château de Valençay.

En 1837, il quitte Valençay et réussit à se réconcilier avec l'Église avant sa mort, le 17 mai 1838. Des funérailles officielles et religieuses lui sont rendues le 22 mai. Il est enterré dans une chapelle proche du château de Valençay, où son corps a été ramené le 5 septembre.

Description

Cette araignée industrieuse, qui mettait un point d'honneur et d'élégance à mimer la paresse et la nonchalance, ne cessait d'ourdir des raffinements stratégiques et des complots de funambule. Sa passion la plus constante, l'occupation de toutes ses soirées, ce fut le jeu, non pas les échecs, mais le whist, ancêtre du bridge. Au whist, il s'agit de deviner les cartes de son adversaire, mais aussi de son partenaire. Il ne s'agit pas d'anticiper, de voir loin comme aux échecs, il s'agit d'évaluer constamment les forces en présence, de garder son sang froid, d'être impassible.

Bibliographie

Regards des comtemporains

Citations

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Wikiquote possède quelques citations de ou à propos de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord.
Noir comme le diable
Chaud comme l'enfer
Pur comme un ange
Doux comme l'amour.

Liens externes

See also: Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, 1179, 11 juillet, 11 juin, 12 juillet, 13 janvier, 14 juillet