Tiers état
- Sous l'Ancien Régime, la population de la France était divisée en 3 ordres : le Clergé, la Noblesse et le Tiers État. Les origines de cette division remontent au Moyen-Age et au système féodal basé sur le régime seigneurial qui s'est mis en place après la chute de l'Empire romain. Le Clergé prie, le chevalier combat et le serf travaille la terre.
- La division en 3 ordres, fut supprimée lors de la Révolution française.
| Sommaire |
Définition
Le Tiers État était composé de l'ensemble des français qui n'appartenaient ni au Clergé, ni à la Noblesse. Il représentait 98 % de la population du royaume, soit environ 25 millions de français en 1789. Les nobles étaient au nombre de trois à quatre cent mille et les membres du clergé quelque cent cinquante mille.
C'était donc la classe des roturiers laïques. Le Clergé et la Noblesse possédaient la terre et bénéficiaient de privilèges importants (exemptions d'impôts ou impôts réduits, privilèges judiciaires etc.) alors qu'un grand nombre de roturiers connaissait la misère et la faim. Cette situation inégalitaire devait favoriser la fomentation de la Révolution française.
Tiers État et Révolution
- Le Tiers État joua un rôle de premier plan dès 1788 alors que débutait la préparation des États généraux décidés par le pouvoir royal.
- Les 600 députés du Tiers, sur un total de 1200, étaient pour la plupart issus de la bourgeoisie (Mirabeau et l'abbé Sieyès faisaient exception). Ces députés n'étaient pas des républicains mais étaient au nombre de ceux qui attendaient des réformes. Le Tiers contribua à la création de l'Assemblée nationale constituante.
- L'abbé Sieyès fait paraître en janvier 1789 une brochure intitulée : Qu'est-ce que le tiers état ? qu'il avait rédigée au moment où se préparaient les États généraux. La première partie de son ouvrage expose la situation du tiers état à l'aube de la révolution :
- Qu'est-ce que le tiers état ? - Tout.
- Qu'a-t-il été jusqu'à présent dans l'ordre politique ? - Rien.
- Que demande-t-il ? - A être quelque chose.
Les composantes du Tiers État
La bourgeoisie
Le Tiers État n'était pas un ordre homogène à l'instar du clergé et de la noblesse. La situation du riche bourgeois qui avait fait fortune dans la banque ou dans le commerce colonial, n'était pas comparable à celle de l'artisan qui vivait tant bien que mal de son métier manuel, à celle du paysan qui était précaire ou bien encore à celle du mendiant.
Le Tiers État s'était vu confier des responsabilités importantes à différentes époques notamment sous le règne de Louis XIV, en effet celui-ci avait fait le choix d'écarter les nobles du pouvoir en raison des troubles de la Fronde et de renforcer l'absolutisme royal. Le règne de Louis XIV a été qualifié par le duc de Saint-Simon dans ses Mémoires de : « long règne de vile bourgeoisie ».
Les réactions nobilaires sous le règne de Louis XVI qui ralentirent l'évolution de la bourgoisie, les activités menées par les philosophes des Lumières, l'encyclopédie de Diderot qui a été une véritable machine de guerre et la crise économique que connaissait le royaume, ont entraîné une accentuation des griefs de la bourgeoisie.
Les artisans
Les petits patrons et leurs ouvriers (les maîtres et les compagnons) constituaient cette catégorie; ils représentaient un peu moins de 10% de la population. À la veille de la révolution de 1789, la condition sociale de l'artisan était souvent difficile.
Les paysans
- Le paysan, en règle générale, ne possédait pas de terres, il exploitait des surfaces trop faibles pour être rentables et était lourdement imposé. La paysannerie représentait près de 90% de la population. Elle était généralement encore plus pauvre que les artisans et vivait dans la précarité tributaire des conditions climatiques.
- Un peu moins de la moitié de la population rurale était constituée de valets, journaliers... qui vivaient de leurs gages et étaient les premiers touchés en cas de difficultés.
Les miséreux
- Tout en bas de l'échelle sociale, on trouvait de très nombreux mendiants et des prostituées. Paris a attiré les paysans des campagnes les plus pauvres dès le XIVe siècle. Ces « montées à Paris » perdurèrent pendant plusieurs siècles. Sur Paris, beaucoup de ces miséreux vivèrent aux côté des voleurs dans les cours des miracles de la capitale. Une des principales cour des miracles correspond à une partie de notre actuel deuxième arrondissement; vers la rue du Caire et la rue des Petits Carreaux. Une scène importante du Notre-Dame de Paris de Victor Hugo se déroule dans ce quartier.
- Les miséreux et les prostituées étaient devenus trop nombreux et « encombrants »; ils furent enfermés par l'institution de l'Hôpital général dans des établissements comme la Salpêtrière, la Pitié, l'Hôtel Dieu et Bicêtre. les cours des miracles dans le même temps furent détruites.
Les serfs
Les serfs ne faisaient pas partie du Tiers État . En France, à la veille de la Révolution française, le servage existait à l'état résiduel; il fut aboli par Louis XVI en 1779.
Evolution et disparition
Les charges anoblissantes
Les ordres étaient perméables. La partie la plus riche du Tiers État eut la possibilité d'entrer dans la noblesse de robe par l'acquisition de charges anoblissantes. Cette possibilité est une particularité française qui a permis un apport financier au royaume loin d'être négligeable à une époque où ses caisses étaient souvent vides.L'abolition des privilèges de la Noblesse et du Clergé
- La Grande peur qui sévit dans les campagnes après la prise de la prison de la Bastille, était une véritable jacquerie et nécessitait des concessions.
- L'Assemblée Constituante fut épouvantée. Au cours de la nuit du 4 août 1789, à la suite des interventions du vicomte de Noailles et du duc d'Aiguillon, les orateurs se succèdèrent et renoncèrent à leurs privilèges. Ils renoncèrent également à la vénalité des charges et proclamèrent l'égalité devant l'emploi. L'Ancien Régime s'écroulait, les privilèges et la division en 3 ordres disparaissaient. Une page importante de notre histoire venait d'être tournée.
voir aussi
- Noblesse
- Féodalité
- Clergé
- bourgeoisie
- artisan
- paysan
- serf
- cour des miracles
- Révolution française
- cahiers de doléances
- États généraux
- serment du jeu de paume
- Assemblée nationale constituante
