Timée de Tauroménion
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Timée de Tauroménion est un historien grec, en activité entre 350 et 250 av. J.-C.
Biographie
Originaire de la ville de Tauroménion (actuelle Taormina) en Sicile, il est le fils du tyran. Pour cette raison, il est exilé à Athènes par Agathoclès de Syracuse, où il passe la majeure partie de sa vie. Il y devient l’élève du rhéteur Isocrate, et y vit pendant quarante ans. À la fin de sa vie, sous le règne de Hiéron II, il retourne en Sicile où il meurt.
Œuvre
Il est l’auteur une volumineuse histoire (38 livres) de la Sicile et du bassin méditerranéen, des origines au jusqu’au début de la première guerre punique. Classée par olympiades, elle contenait une vie d’Agathoclès et de Pyrrhus II. Œuvre d’érudit, elle contenait également nombre de descriptions ethnographiques et géorgraphiques.
Nous n’avons conservé aucun fragment de son œuvre, qui n’a survécu que par les citations qu’en font les auteurs postérieurs, tels Polybe, qui s’en prend à lui à de nombreuses reprises dans ses Histoires, et lui consacre un chapitre entier (XII, 11) :
- « Lorsqu’il reprend les autres, il fait preuve de beaucoup d’astuce et d’effronterie, mais dans ce qu’il nous raconte lui-même, on trouve à foison rêves, prodiges, fables incroyables, bref tous les signes d’une superstition grossière et de ce goût pour les contes de fées qui est propre aux femmes. »
- (trad. Denis Roussel)
Timée affectionne visiblement les biographies, et consacre beaucoup de temps à étudier le caractère de ses personnages. Pour cette raison, il a été très populaire dans l’Antiquité, jusqu’à ce qu’il soit détrôné par Plutarque. Il recherche également les thèmes importants dans les œuvres des grands auteurs :
- « Il nous dit que les poètes et les historiens révèlent leur nature profonde en revenant avec une insistance excessive dans leurs écrits sur les mêmes thèmes. »
- (Polybe, XII, 11, 24.1, trad. Denis Roussel)
Selon Polybe, il laisse souvent ses amitiés et inimitiés personnelles prendre le dessus sur l’impartialité de l’historien : il étrille Agathoclès, responsable de son exil, et chante les louanges de Timoléon.
Diodore de Sicile, Trogue Pompée et Plutarque (dans sa Vie de Timoléon) ont utilisé son œuvre. Cicéron, dans son De l’orateur (II, 55) déclare apprécier son style.
