Tirésias
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Dans la mythologie grecque, Tirésias (en grec ancien Τειρεσίας Teiresias), fils d'Évère et de la nymphe Chariclo, était un devin célèbre. Il rapportait son origine à Udée, l'un des héros qui étaient nés des dents du serpent, semées en terre par Cadmos. C'est à Thèbes surtout qu'il rendait des oracles. Non seulement il connaissait le passé, le présent et l'avenir, mais il interprétait encore le vol et même le langage des oiseaux.
Zeus lui accorda, dit-on, une vie sept fois plus longue que celle des autres hommes. Il prédit aux Thébains et aux rois de Thèbes leur destinée ; enfin, même aux Enfers, après sa mort, Hadès, par une faveur particulière, lui laissa le pouvoir de rendre des oracles. Ainsi, chez Homère, Circé conseille à Ulysse de descendre aux Enfers consulter Tirésias ; et le héros, après avoir appris du devin ce qu'il désirait, promet de l'honorer comme un dieu, dès qu'il sera de retour à Ithaque.
Cependant Tirésias était aveugle, et les mythologues donnent plusieurs causes à cette triste infirmité. Selon les uns, les dieux l'avaient rendu aveugle, parce qu'ils lui en voulaient de révéler aux mortels des secrets qu'ils auraient voulu garder pour eux ; selon d'autres, cette cécité avait une bien plus extraordinaire origine.
Un jour Tirésias ayant rencontré, sur le mont Cyllène, deux serpents entrelacés, les sépara avec son bâton ; et aussitôt il devint femme ; au bout d'un certain temps, il rencontra les deux mêmes serpents encore entrelacés, et il reprit sa première forme. Or, comme il avait connu les deux sexes, il fut choisi pour juge d'un différend qui s'éleva plus tard entre Zeus et Héra. Il s'agissait de savoir qui, de la femme ou l'homme, prenait le plus de plaisir au sexe. Zeus affirmait que c'était la femme, Héra l'homme. Tirésias était donc, par sa double expérience, capable de répondre. Il donna cependant tort à la déesse, qui en fut si irritée qu'elle le priva de la vue ; il en fut dédommagé par le don de prophétie qu'il reçut de Zeus. Du reste, Athéna lui donna un bâton avec lequel il se conduisait aussi facilement que s'il avait eu d'excellents yeux.
Tirésias trouva la mort au pied du mont Tilphuse, en Béotie : il y avait là une fontaine dont l'eau fut mortelle pour lui. Il fut enterré près de, cette fontaine et, à Thèbes, on lui rendit des honneurs divins.
Source
- Pierre Commelin, Mythologie grecque et romaine, Éditions Garnier et Frères, Paris, 1960
Le compositeur Francis Poulenc a écrit en 1947 une œuvre lyrique, sur un texte de Guillaume Apollinaire, Les mamelles de Tirésias.
